Concerts pour tous les goûts, et un peu partout : de jeudi à dimanche, ce sera la Fête de la Musique. Parfait, elle tombe en pleine période de vaches footballistiques maigres : elle est ainsi l'occasion ou jamais d'aller nous adoucir les m£urs, et je ne saurais trop vous y inviter ! Car, rapport aux m£urs, c'est chose bien connue, la musique nous les adoucit plutôt, alors que le foot aurait plus souvent tendance à nous les ramener en barbarie. Et ce ne sont pas les douze supporters zambiens, dont cinq gosses, piétinés par mégarde voici 15 jours par une foule zambienne euphorique au sortir d'une victoire contre le Congo, qui pourraient m'amener à penser l'inverse... Hein ? Le fait divers est passé inaperçu parmi les footeux de chez nous ? Ben oui. C'est aussi pour cela qu'il y a barbarie...
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Concerts pour tous les goûts, et un peu partout : de jeudi à dimanche, ce sera la Fête de la Musique. Parfait, elle tombe en pleine période de vaches footballistiques maigres : elle est ainsi l'occasion ou jamais d'aller nous adoucir les m£urs, et je ne saurais trop vous y inviter ! Car, rapport aux m£urs, c'est chose bien connue, la musique nous les adoucit plutôt, alors que le foot aurait plus souvent tendance à nous les ramener en barbarie. Et ce ne sont pas les douze supporters zambiens, dont cinq gosses, piétinés par mégarde voici 15 jours par une foule zambienne euphorique au sortir d'une victoire contre le Congo, qui pourraient m'amener à penser l'inverse... Hein ? Le fait divers est passé inaperçu parmi les footeux de chez nous ? Ben oui. C'est aussi pour cela qu'il y a barbarie... Retour à la musique, et à ses liens éventuels avec notre sport barbare bien-aimé. Le jargon footballistique multiplie les allusions : le jeune joueur fait ses gammes, le foot compte même parfois de petits prodiges, le maestro donne le rythme ou le chef d'orchestre le tempo, le buteur offre un récital, les joueurs peuvent s'avérer solistes, métronomes, virtuoses, et certaines équipes ont le bonheur de débuter en fanfare !... A propos de fanfares, il en exista dans les gradins, mais de tels supporters musiciens sont hélas aujourd'hui plutôt rarissimes : je concède cependant que nombre de spectateurs savent entonner, en ch£ur et en tripes, de vibrantes rengaines telles You never walk alone (en tout cas le refrain) ou We are the champions (en tout cas le refrain), qu'ils savent siffler (surtout) et chanter Ouououhh (l'arbitre)... A propos de chanteurs, plus nombreux qu'hier sont aujourd'hui ceux qui aiment le foot et y font allusion dans leur production : Fred Poulet, Vincent Delerm, Miossec, Jeronimo, Mickey 3D, Zebda, La grande Sophie pour n'en citer que parmi les plus récents, sans oublier l'inénarrable Coup de boule/ Zizou il a marqué, par cet artiste inoubliable dont j'ai oublié le nom... Mention spéciale à Entre foutre et foot, morceau que je vous laisse découvrir sur le dernier opus du groupe Ange. Je citerai enfin l'immense chanteur brésilien Jorge Ben, lequel regroupa l'an dernier des chansons inspirées par le foot sur son CD Football et samba groove association. Foot-samba, c'est d'ailleurs une appellation du foot brésilien et c'est significatif : la formule rappelle que le foot, quand il est spectaculaire, est aussi voire surtout une expression corporelle, et qu'à ce titre, comme la danse, il a tout à gagner à être mis en musique. Un autre lien est cette mode naissante du footfreestyle qui se commercialise en DVD, et où de jeunes gars (qu'on les appelle footballeurs ou qu'on s'y refuse) exécutent en solistes sur fond musical des figures inouïes : à les voir, cela crève les yeux que plus la gestuelle est sophistiquée, plus le moindre papotage explicatif y gagne à s'effacer au profit d'un complément musical. C'est d'ailleurs ce sentiment qui m'incite à regarder en musique les matches à la télé, plutôt qu'avec le commentaire : celui-ci rétrécit ma perception de l'action, la musique la transcende. La transcende parfois, faut rien exagérer non plus ! Pour la petite histoire si vous l'avez loupée à l'époque, faut aussi rappeler qu'en 1999, Arte/TV s'est essayé à nous montrer Une Coupe du Monde symphonique ! A Montpellier dans une grande salle de 2.000 places, un écran géant projetait le France-Brésil de 1998, tandis qu'au pied de l'écran, deux orchestres symphoniques s'affrontaient, selon deux partitions différentes écrites préalablement, au rythme des passes, des actions et des buts ! C'était pour le moins insolite... y compris dans le public ! D'accord, y'avait pas le suspense, et je serais curieux de voir par exemple, sur base d'un direct, un match d'impro opposant Eric Clapton et sa guitare à Hélène Grimaud et son piano ! Foot Mag n'a pas les moyens de vous offrir pareille affiche, mais vous propose quand même en photos le p'tit air ci-dessous : c'est du fado, histoire de remuer dans la plaie le couteau portugais ! FA-DO, tu saisis ? ! Vive la musique aussi ! par bernard jeunejean