Il reste sur deux saisons dépourvues du moindre prix. Victime d'une chute à Paris - Roubaix, Peter Van Petegem n'est sorti de l'anonymat qu'au Mondial. Dans les rues de Madrid, il a volé à 80 km/h pour lancer TomBoonen vers le sacre. S'il avait suivi PaoloBettini et AlexanderVinokourov, il aurait peut-être eu une chance de monter sur le podium. Mais il avait donné sa parole, il l'a tenue. Ce geste n'est pas si fréquent de nos jours, d'autant que Quick-Step et Davitamon-Lotto n'entretiennent pas des rapports amicaux.
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Il reste sur deux saisons dépourvues du moindre prix. Victime d'une chute à Paris - Roubaix, Peter Van Petegem n'est sorti de l'anonymat qu'au Mondial. Dans les rues de Madrid, il a volé à 80 km/h pour lancer TomBoonen vers le sacre. S'il avait suivi PaoloBettini et AlexanderVinokourov, il aurait peut-être eu une chance de monter sur le podium. Mais il avait donné sa parole, il l'a tenue. Ce geste n'est pas si fréquent de nos jours, d'autant que Quick-Step et Davitamon-Lotto n'entretiennent pas des rapports amicaux. Le départ de Serge Baguet, son fidèle partenaire, chez Quick-Step, semble lui faire plus de peine que deux saisons ratées : " Serge a pourtant connu une année brillante, avec deux victoires d'étape dans la Route du Soleil et le titre belge. Je pensais que nous roulerions ensemble jusqu'à la fin de notre carrière ". Les tensions s'étaient multipliées chez Davitamon-Lotto ces derniers mois. La répartition des primes déplaît aux coureurs. Avant, le bonus offert par le sponsor était partagé équitablement entre les coureurs qui avaient participé à une victoire. Désormais, les directeurs cotent les coureurs et adaptent leur prime aux points : " Ce n'est pas correct. On roule en équipe et pas plus vite à cause d'une prime. Un tel système provoque des frictions. Théoriquement, les sommes allouées sont secrètes mais vous pensez bien que nous en discutons entre nous ". Van Petegem recherche l'harmonie mais il reste un compétiteur. S'il se réjouit des succès de Boonen, il y puise aussi une motivation supplémentaire. Alors qu'il avale les kilomètres pour arriver à son total de 10.000 cet hiver, une pensée le sublime : " Battre Boonen au Tour des Flandres m'apporterait plus de satisfaction qu'un succès face à un Français, par exemple. Le jour où je ne pourrai plus le battre, je devrai raccrocher. Cependant, je n'y pense pas encore. De toute façon, c'est aussi mon métier. Avec l'âge, la maturité, l'équilibre que m'apporte ma vie familiale, je réalise à quel point mon travail est merveilleux. J'ai un autre avantage : je peux m'entraîner chez moi ". Bon vivant à ses débuts, il avait affirmé qu'il cesserait de courir à 33 ans mais il a atteint un bel équilibre avec son épouse Angélique, qui lui a offert deux fils, Alexandre et Maurits. Lorsque ceux-ci lui demandent s'il va encore gagner le Tour des Flandres, son c£ur fond... Son bonheur familial lui permet de relativiser une carrière en zigzags, la déception de deux saisons de vaches maigres. " Je suis déçu mais 2005 n'a quand même pas été une catastrophe, grâce au Mondial et à un bon Tour des Flandres, même si j'aurais y pu briguer davantage si je n'avais roulé trop longtemps en tête à un train de sénateur ". Alors que Boonen est omniprésent et rafle la victoire dans des courses de moindre renommée, Van Petegem est élitiste dans ses choix. Il prend certes le départ d'épreuves moins cotées mais il peine à y faire la différence. D'ailleurs, il serait vain de chercher sa silhouette dans une échappée précoce : il est plutôt un diesel : " Les critiques me laissent froid. J'ai gagné tout ce que je voulais, sauf sans doute le Mondial. Toutes les victoires à venir constituent un plus mais même sans elles, mon plaisir est intact. " Van Petegem va bientôt entamer sa dernière saison chez Davitamon-Lotto. Ces dernières années, il a suscité l'intérêt de plusieurs formations étrangères mais changera-t-il dans un an ? Il l'ignore. Il ne partira pas à l'aventure. Il ne sacrifiera pas sa vie de famille ni sa personnalité : " Certaines formations étrangères comptent beaucoup sur les classiques printanières, comme Discovery Channel ou Rabobank. Je devrai trouver une équipe au sein de laquelle j'obtiendrai un bon rendement, une équipe qui exploitera mes qualités car je n'ai pas l'intention de rouler sans ambition. Je veux encore ressentir le pincement du stress, savoir que je roule pour la victoire ". LOES GEUENS" JE VEUX ENCORE ROULER POUR LA VICTOIRE "