"Il est mon successeur, sans aucun doute. Je donnerais cher pour voir Aimar jouer. Pablito va devenir, comme moi, le meilleur joueur du monde". L'homme qui s'exprime en ces termes est le meilleur joueur qu'ait connu l'Argentine, Diego Maradona. Tout le pays partage son opinion, mais quand même...
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"Il est mon successeur, sans aucun doute. Je donnerais cher pour voir Aimar jouer. Pablito va devenir, comme moi, le meilleur joueur du monde". L'homme qui s'exprime en ces termes est le meilleur joueur qu'ait connu l'Argentine, Diego Maradona. Tout le pays partage son opinion, mais quand même... Aimar vient de River Plate, l'ennemi juré des Boca Juniors, le club de Maradona. Les propos de l'ancienne vedette sont au-dessus des guéguerres entre clubs. C'est le véritable amateur de football qui s'épanche, tout comme Johan Cruyff l'a déjà fait à maintes reprises à l'égard du jeune Argentin. Pablo César Aimar est né le 3 novembre 1979 à Rio Cuarto, une ville sise à 700 kilomètres de Buenos Aires. Le père, Ricardo Aimar, est un véritable amateur de football. Il adore le jeu offensif prôné par l'ancien sélectionneur, César Luis Menotti. Il a accollé César au prénom de son fils en l'honneur de l'homme qui, un an plus tôt, a offert le sacre mondial à l'Argentine. Le jeune Pablo joue pour Estudiantes, le club local. Rapidement, on prend la mesure de son talent, au point que le célèbre River Plate quitte la capitale pour le visionner. Il demande ensuite à Pablo, âgé de 14 ans, d'effectuer un stage à Buenos Aires. Le gamin accepte à contre-coeur: il préférerait ne pas abandonner sa maison, ses amis et son rêve, des études universitaires. Le stage chez les Millionarios est sensationnel mais Aimar décide de retourner dans son cher Rio Cuarto. Il préfère sa famille et ses amis à Buenos Aires. Deux ans plus tard, le téléphone sonne chez les Aimar. A l'autre bout du fil, l'homme se présente comme étant Daniel Passarella. "Et moi, je suis le pape", rétorque le père, Ricardo Aimar ne peut croire qu'il parle au capitaine de l'équipe nationale de 1978, qui entraîne maintenant River Plate et veut discuter de Pablito. Il souhaite sa venue à Buenos Aires. Finalement, Aimar rejoint River. Le 11 août 1996, âgé d'à peine 16 ans, il effectue ses débuts en équipe fanion, en déplacement à Colón de Santa Fé. River s'incline 1-0 mais le pays s'est découvert une nouvelle étoile. Les premiers moments d'Aimar à River Plate sont difficiles car la sélection recèle beaucoup d'étoiles à sa position. Les internationaux argentins Marcelo Gallardo, Santiago Solari, Ariel Ortega et la vedette uruguayenne Enzo Francescoli lui barrent la route. Heureusement, il peut s'exprimer avec les Espoirs nationaux. Le sélectionneur, José Pekerman, confie la direction de l'équipe à Pablo et à Juan Roman Riquelme, maintenant à Barcelone, durant le Mondial des Juniors en Malaisie, en 1997. L'Argentine est sacrée championne du monde et Aimar est remarqué par les scouts européens. En janvier 1999, alors que les offres lucratives affluent depuis le Vieux Continent, Aimar rétorque: "Je n'ai que 19 ans. Je ne suis titulaire que depuis un an. éa me paraît insuffisant pour réussir en Europe".L'exilAprès trois titres nationaux, 65 matches de championnat et 18 buts, il est prêt. Aimar rejoint l'Europe durant l'été 2000. Si Valence est son nouvel employeur, c'est un peu parce que Joan Gaspart a été élu président de Barcelone peu avant. Son concurrent, Lluís Bassat, avait déjà un accord avec River et Aimar, au cas où il aurait gagné l'élection. Mais Gaspart ne s'intéresse pas à l'Argentin... La première année est pénible. L'Argentin a du mal à s'adapter à la Primera Division et il a la nostalgie de sa patrie. Ce n'est qu'au cours de la deuxième saison qu'il commence à conquérir les coeurs des supporters. Il est le moteur créatif de Valence, qui remporte son premier titre national depuis 1971, sous la direction de Rafael Benítez. Sur le site web du club, les supporters élisent leur joueur favori: Aimar l'emporte avec 30% des suffrages, devant Vicente, crédité de 16%. "Je suis très reconnaissant. Les supporters ont été patients à mon égard, ce qui n'est pas habituel en football", déclare Aimar dans une interview. La littérature est une de ses passions. Pablo Aimar raffole des ouvrages de l'écrivain Gabriel GarcíaMárquez. Voit-il des parallèles entre écrivains et footballeurs? "A ma position, il faut énormément d'imagination. Les défenses sont de mieux en mieux groupées. Pour se créer des occasions, il faut être créatif. Bien sûr, il faut également être mobile, puissant physiquement et savoir consentir des sacrifices. Malheureusement, le football n'est plus seulement un jeu"... Pablo Aimar: "Je sais comment utiliser mon corps et je suis rapide sur les premiers mètres, ce qui me permet d'avoir un peu de temps pour réfléchir à une action. Je sais que je n'ai pas intérêt à me lancer dans des duels contre des joueurs comme mon coéquipier Roberto Ayala. Serez-vous un jour le meilleur du monde, comme Maradona le prédit?J'en serais ravi car tout footballeur en rêve. Ceux qui disent que non mentent.Quel est le meilleur, actuellement?Zidane. J'en ai les larmes aux yeux. Il choisit toujours la meilleure solution, il contrôle parfaitement le ballon, il délivre des assists et il marque. En plus, il est humain.On raconte que la Juventus vous convoite. Vous pourriez marcher sur les traces de Zidane.Je suis dans un club fantastique, dans une belle ville, où je n'ai guère le mal du pays. On y parle ma langue, l'ambiance est plus ou moins identique. Je suis encore jeune. Dans quelques années, je me risquerai peut-être en Italie mais je veux d'abord continuer à m'épanouir à Valence et y gagner des prix. Remporter la Ligue des Champions après la Liga serait le sommet. Un gars simpleSur le terrain, Aimar est audacieux et créatif mais en dehors, il ne se prend pas pour une vedette. II préserve jalousement sa vie privée et évite les journalistes, autant que faire se peut. D'un naturel réservé et modeste, l'Argentin ne veut pas d'un statut de superstar. Il refuse d'être ainsi traité. Modeste ou non, il est devenu une valeur sûre aux yeux de Marcelo Bielsa, le sélectionneur argentin. Aimar a effectué ses débuts le 13 juin 1999 à Washington, contre les Etats-Unis (défaite 1-0). Son compteur est à 22 matches (et deux buts) mais Aimar n'a pu honorer sa réputation naissante au Mondial 2002. Au terme du tournoi, Bielsa lui a réaffirmé sa confiance. Avec Juan Veron, plus chevronné, Aimar est le nouveau leader de l'équipe nationale. Il marche donc progressivement dans les pas de Maradona: il est le meneur de jeu d'un grand club européen et le numéro dix de la Selecion. Les succès européens et mondiaux pointent, le chemin de la gloire commence à prendre forme. Tiemen van der Laan"Pourquoi quitterais-je Valence?"