La carrière prend parfois des détours que nul n'aurait imaginé. Le gardien Mark Volders, 29 ans, n'aurait ainsi jamais pensé aboutir à Mouscron, à 180 kilomètres de sa ville natale de Diest. Il a fallu le départ de dernière minute du Corse Patrice Luzi à Charleroi pour que Mouscron se tourne vers ce portier flamand qui passait un test au Sparta Rotterdam. " L'entraîneur des gardiens m'a avoué récemment que le club me suivait depuis un certain temps mais c'est vrai que lorsque Mouscron m'a téléphoné en août, je me suis demandé pourquoi ce club avait pensé à moi ".
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La carrière prend parfois des détours que nul n'aurait imaginé. Le gardien Mark Volders, 29 ans, n'aurait ainsi jamais pensé aboutir à Mouscron, à 180 kilomètres de sa ville natale de Diest. Il a fallu le départ de dernière minute du Corse Patrice Luzi à Charleroi pour que Mouscron se tourne vers ce portier flamand qui passait un test au Sparta Rotterdam. " L'entraîneur des gardiens m'a avoué récemment que le club me suivait depuis un certain temps mais c'est vrai que lorsque Mouscron m'a téléphoné en août, je me suis demandé pourquoi ce club avait pensé à moi ". Sans doute parce que l'on reprochait à l'Excelsior de s'être vidé de son identité régionale et de ses valeureux Flamands qui avaient forgé l'histoire du club en D1. " Les dirigeants ne m'ont pas dit qu'ils m'engageaient parce que j'étais Flamand mais j'ai senti qu'ils voulaient renouer avec le passé. Je pense d'ailleurs qu'ils vont continuer dans cette voie. Ils avaient gardé un bon souvenir de Francky Vandendriessche. Cependant, cela ne sert à rien de cibler les Flamands. Il faut simplement rechercher des joueurs qui ont d'autres qualités que le talent pur. Il faut regarder la mentalité ou le comportement en dehors du terrain ". A 29 ans, Volders se fait donc un nom dans la partie sud du pays. " C'est vrai que ma carrière est un peu bizarre. J'ai souvent eu l'impression de recommencer à zéro. Je n'ai signé mon premier contrat pro qu'à 23 ans car j'avais privilégié mes études en éducation physique. J'étais troisième gardien à Genk à 20 ans mais je n'avais pas voulu devenir pro. C'était d'autant plus décalé que Genk allait être champion cette année-là. Cependant, je ne m'en suis jamais mordu les doigts. Maintenant, j'ai un diplôme et je sais ce que je ferai à la fin de ma carrière. Et puis, quand tu vois comment la roue tourne rapidement : je venais de percer depuis une année comme titulaire à Lommel que le club tombait en faillite ". Cette première épreuve avait obligé Volders à évoluer quatre mois sous les couleurs de Geel en D2, avant de solliciter un poste à Beveren. " C'est Théo Custers, l'entraîneur des gardiens, qui m'a remis sur les rails et c'est grâce à lui que j'ai explosé ". La suite de sa carrière le conduisit aux Pays-Bas, à RBC où il vécut une saison infernale. " J'ai encaissé énormément de buts et le club est descendu en D2. Comme j'avais une clause dans mon contrat qui me permettait de partir en cas de relégation, j'ai activé mes recherches mais à chaque fois on me répondait, avant même de connaître mon nom, qu'on n'avait pas besoin du gardien du RBC ". A Mouscron, Volders a, une nouvelle fois, opté pour une formation qui lutte pour le maintien. " Je veux regarder vers le haut du classement. Quand je suis arrivé, l'équipe venait de réaliser un 7 sur 9 mais tout le monde affirme que l'on a perdu beaucoup suite à la blessure de Demba Ba. On doit bien convenir qu'il y a des pions très importants pour l'équipe et que le maintien dépend de ces éléments. Mouscron ne manque pas de qualités mais il y a parfois trop de laxisme dans le chef de certains. A Lommel, lorsqu'il y avait des problèmes, on les réglait sur le terrain, que ce soit aux entraînements ou en match. On voulait prouver notre valeur. Ici, lors des entraînements ou des petits jeux, il n'y a pas de rage de vaincre. Quand un leader dit quelque chose, on voit certains joueurs lever les yeux au ciel ". Et quand on parle de laxisme à Mouscron, on a tendance à pointer du doigt le secteur défensif qui est un des plus perméables de D1. " Pour un gardien, ce n'est pas amusant d'encaisser autant. Je veux toujours conserver le zéro au marquoir mais je n'en fais pas une obsession. C'est un bonus mais ce n'est pas plus important qu'une victoire. Personnellement, je suis parfois trop perfectionniste. Même quand je n'ai pas encaissé, je vois toujours la petite erreur que j'ai commise. Je suis conscient que c'est impossible de disputer le match parfait mais je revois mes erreurs dans ma tête. Heureusement, j'évacue très vite ". Mais pourquoi autant de buts encaissés ? " Il n'y a pas d'équilibre en défense. Tout le monde n'est pas toujours sur la même longueur d'onde. Certains oublient leur tâche. Et puis, on a joué avec beaucoup d'arrières différents. Dans tous les secteurs du jeu, pour être performant, il faut des automatismes. Moi, à part commettre le moins d'erreurs possible, je ne peux pas faire grand-chose. Je me sens parfois impuissant. Un gardien est souvent dépendant de la qualité de ses équipiers. Au RBC, je prenais beaucoup de buts car même quand on était mené 3-0, on ne fermait pas la porte. Pour moi, quand on sent qu'un match nous a échappé, il faut cadenasser derrière afin de préserver le moral pour le futur ". Si la défense est montrée du doigt, il en a été rarement le cas de Volders. Arrivé dans la peau d'un titulaire, il s'est érigé en incontournable. Dans son style : propre et sans fioritures. " Je réalise une saison régulière. Parfois j'ai le sentiment que les gens attendent des parades extraordinaires des gardiens. On a dit que Daniel Zitka n'avait pas le style d'Anderlecht et qu'il n'était pas à la hauteur de ce club. Maintenant, les gens se rendent compte de son importance. Pourtant, il n'a pas changé. Je trouve que la constance est un facteur important. Je suis assez sobre. Je préfère cela que de réaliser deux super prestations suivies de deux matches à boulette. Certains gardiens se mettent en valeur même quand ils n'ont pas d'arrêts à effectuer. Ce n'est pas mon cas. Dans le football actuel, c'est très difficile d'occuper ce poste. On fait tout pour rendre le jeu spectaculaire. Toutes les nouvelles règles sont contre le gardien. Un jour, un de mes entraîneurs m'a dit - Dans ces conditions, un gardien qui ne perd pas de points, c'est déjà une bonne chose. Je crois que je fais partie de cette catégorie. Un gardien qui prend 10 points sur une saison, croyez-moi, il ne jouerait pas à Mouscron. Ni en Belgique d'ailleurs ! ". Depuis peu, Mouscron doit composer avec un nouvel entraîneur : Ariel Jacobs. " Souvent, on change d'entraîneur car le précédent était mauvais. Ici, ce n'était pas le cas. J'ai beaucoup apprécié travailler avec Gil Vandenbrouck et je suis heureux qu'il soit encore au club. C'est le groupe de joueurs lui-même qui s'est mis dans les problèmes. La seule chose bénéfique apportée par ce changement vient du fait que les joueurs envoyés dans les tribunes ont senti qu'une nouvelle chance se présentait à eux. Cela nous permet d'avoir désormais une concurrence positive au sein du noyau et cela pousse certains titulaires à se donner de nouveau à 100 %. On a sacrifié un bon entraîneur mais on l'a remplacé par un autre bon entraîneur. Jacobs est un bon choix. Il a ramené du réalisme dans le groupe et nous a dit que, parfois, il convenait d'envoyer les ballons dans les tribunes. Il ne faut pas du beau football mais prendre des points. On dit de lui qu'il développe un football défensif. Pourtant, ce n'est pas parce que nous n'avons pas pris de buts durant deux rencontres que l'on peut tirer de telles conclusions ". par stéphane vande velde - photo: reporters