Notre eau

" On ne trouve pas de trucs super sensationnels en Slovénie : le pays est trop petit. Pourtant, nous pouvons impressionner les touristes, surtout ceux qui aiment la nature. Par la beauté de nos paysages. Je viens d'aller à Knokke. La mer est si foncée... En Slovénie, l'eau a la pureté du cristal. La Soca est connue pour sa couleur turquoise. Parfois, une rivière fait cinq mètres de profondeur mais on peut quand même apercevoir les rochers au fond.
...

" On ne trouve pas de trucs super sensationnels en Slovénie : le pays est trop petit. Pourtant, nous pouvons impressionner les touristes, surtout ceux qui aiment la nature. Par la beauté de nos paysages. Je viens d'aller à Knokke. La mer est si foncée... En Slovénie, l'eau a la pureté du cristal. La Soca est connue pour sa couleur turquoise. Parfois, une rivière fait cinq mètres de profondeur mais on peut quand même apercevoir les rochers au fond. Nous avons aussi une très belle montagne, le Triglav, qui fait 2.864 mètres de haut. On dit, ici, qu'on n'est un vrai Slovène que quand on l'a gravie. Je ne l'ai pas encore fait. J'attends que mes enfants soient assez grands pour m'accompagner. La montagne est située au coeur du Triglavski Narodni Park. Je n'ai pas de mots pour décrire la beauté de ce parc national, où on peut admirer de magnifiques chutes d'eau. Bled est un autre lieu à voir. Il possède un beau lac. Le tour fait six kilomètres. Je m'y balade souvent avec toute ma famille. On peut aussi aller en bateau jusqu'à une petite île, au milieu du lac. Une petite église s'y niche. C'est un endroit très populaire pour les mariages. Je me suis marié à Ljubljana. Je me promène souvent dans la vieille ville, où se trouve le château. Il offre une vue incomparable sur toute la ville. Ljubljana est d'ailleurs l'endroit de départ idéal pour visiter la Slovénie. En 45 minutes, on est à Koper, à la mer. Notre côte, au sud-ouest, ne fait que 40 kilomètres de long. Si vous voulez des plages encore plus belles que les slovènes, vous devez vous rendre plus au sud, en Croatie. De Ljubljana, il suffit de rouler 25 minutes vers le nord et la frontière autrichienne pour trouver les stations de ski. Je me suis adonné au snowboard pendant neuf ans, puis je suis passé au ski. Mais maintenant, je n'ai plus assez de temps. Par contre, je continue à pêcher à la mouche, avec ma femme. Nous allons au nord-ouest, dans les rivières de montagne. Nous pêchons la truite et l'ombre commun. La Slovénie n'est ni riche ni pauvre. Comme notre famille. Nous vivions dans un appartement dans la capitale, Ljubljana. Ma mère était employée comme cuisinière dans une école et mon père travaillait dans une fromagerie. Tout Slovène tant soit peu ambitieux s'installe à Ljubljana. Cette ville offre plus de possibilités. La Slovénie compte deux millions d'habitants, dont 300.000 habitent la capitale et 100.000 la deuxième ville du pays, Maribor. Les plus petites bourgades sont souvent construites autour d'industries, comme la ville minière de Trbovlje. 20.000 personnes y vivent et 5.000 travaillent au charbonnage. Ajoutez-y leurs partenaires et leurs enfants et vous arrivez au nombre total d'habitants. Depuis son indépendance, la Slovénie a la forme d'un poulet. Elle a été la première à quitter le giron de la Yougoslavie, en 1990 et 1991. J'avais alors deux ans. Je n'en sais donc pas grand-chose. Il n'y a d'ailleurs pas beaucoup à raconter. La guerre n'a duré que sept jours, elle s'est surtout concentrée aux frontières et elle a fait peu de victimes. Je ne sais pas ce qui a motivé les Slovènes à demander leur indépendance ni pourquoi la Yougoslavie a implosé. Nous avons de la famille en Bosnie. Il s'y est passé des choses horribles mais on n'en a jamais parlé à la maison. Zlatko Zahovic, l'actuel directeur sportif du NK Maribor, est le meilleur footballeur slovène de tous les temps. C'est lui qui m'a enrôlé et il est devenu un ami. Zlatko est toujours le meilleur buteur de l'équipe nationale. Il a été le meilleur Slovène de l'équipe qui a disputé son premier EURO, en 2000. J'avais douze ans et je vivais passionnément le tournoi. Tout le monde suivait les matches en rue, sur des écrans géants. Zahovic était notre dieu. La Slovénie a disputé un match légendaire contre la Yougoslavie. C'était un match chargé à cause des événements du passé. Nous avons mené 3-0 et nous avons commencé à faire la fête, puis nous avons encaissé trois buts en six minutes. Le match s'est donc achevé sur un nul 3-3. On n'oublie jamais une rencontre comme ça. " KRISTOF DE RYCK