1 Tu reviens dans le seul club belge qui ne s'est pas offert un stage à l'étranger en janvier, où les infrastructures n'ont rien à voir avec ce que tu as connu à Gand. Ce n'est pas difficile ?
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1 Tu reviens dans le seul club belge qui ne s'est pas offert un stage à l'étranger en janvier, où les infrastructures n'ont rien à voir avec ce que tu as connu à Gand. Ce n'est pas difficile ? Je connais ce club, j'y ai déjà travaillé pendant sept ans, et si tu acceptes l'offre, ça veut dire que tu es préparé à tout ça. C'est simplement une question de moyens financiers. On a ici des grands clubs qui peuvent se permettre de remplacer leur pelouse deux fois par an, ce n'est pas comparable avec la réalité de Courtrai. Ça n'a jamais été un souci pour moi. Evidemment, un entraîneur a toujours envie de disposer des meilleures installations possibles. Il y a de quoi être jaloux du complexe d'entraînement et du stade de Gand, mais est-ce que je dois pour ça me sentir trop bon pour entraîner Courtrai ? Non ! Partout, l'objectif est le même : essayer de gagner le plus grand nombre de matches avec les moyens du bord. 2 Ce retour à Courtrai n'était quand même pas inscrit dans ton plan de carrière ? C'est quoi, un plan de carrière ? Dans ce milieu, tu sais que tout peut aller très vite, dans les deux sens. Je ne vois pas ce retour comme un recul. Que ce soit à Courtrai, à Ostende ou à Gand, je place simplement la barre le plus haut possible. C'était déjà ce que je faisais quand j'étais joueur. J'en voulais toujours plus, je ne me focalisais jamais sur ce qui s'était passé précédemment. Je commençais chaque match en repartant de zéro, avec la même envie. 3 Comment tu analyses ton parcours d'entraîneur jusqu'à présent ? J'en suis à ma cinquième année comme entraîneur principal, et lors des quatre dernières saisons, j'ai toujours participé aux play-offs 1 avec trois clubs différents. Il y a aussi eu une finale de Coupe de Belgique. Tu vois du négatif là-dedans ? Je peux te dire que je suis très fier de ce que j'ai déjà réalisé. OK, j'ai été viré par Ostende, puis par Gand. Mais ça ne m'empêche pas de dormir. Je me rends compte que je suis un très bon entraîneur, mais je suis aussi dépendant d'autres personnes. Je n'ai aucune raison de douter de mes compétences. 4 A Gand, tu penses aussi que les gifles reçues à domicile contre Bruges et Genk t'ont coûté ta place ? Plusieurs fois, les joueurs ont signalé qu'ils avaient envie de continuer avec moi, qu'ils voulaient faire mieux avec moi. Mais les dirigeants ont estimé que ces deux défaites étaient inacceptables et qu'ils devaient intervenir. Simplement, on est tombés contre des adversaires qui étaient beaucoup plus avancés que nous à ce stade de la saison. Des adversaires qui n'avaient pas tout chamboulé dans leur noyau pendant l'été. Il faut aussi pouvoir tenir compte de la qualité qui a été vendue et des joueurs qui sont arrivés. J'ai hérité de gars qui n'étaient pas en condition. Odjidja et Souquet sont venus plus tard, Smith a débarqué avec un poignet et un pied cassés, Bronn est revenu blessé de la Coupe du monde, Kalinic avait encore la tête en Russie, ... Le mois d'août n'a pas été simple, mon noyau était un vrai chantier. La direction a fait sentir que je n'étais pas assez bon, je peux simplement répondre que j'ai été une très bonne solution de secours. La saison passée, aucun entraîneur n'a pris plus de points que moi entre la neuvième et la quarantième journée. Et cette saison, Gand n'a été qu'une semaine en dehors du top 6. 5 Michel Louwagie en a plein la bouche quand il parle de ton successeur, Jess Thorup : il a de la psychologie, la bonne méthode, il travaille beaucoup, il prône un jeu offensif. Il n'a jamais dit tout ça de toi... Je suis content qu'ils soient satisfaits de leur nouveau coach ! Qu'est-ce que tu veux que je te dise de plus ? Encore une fois, je ne vois pas de raison de douter de ma méthodologie, de mes qualités didactiques et de mes compétences tactiques.