Seraing United essaie de rendre le sourire au stade Hubert Freson. Ce n'est évidemment pas la première fois que cette terre, longtemps travaillée par des gueules noires, bastion des sidérurgistes qui contribuèrent à la prospérité de la Belgique avant d'être fauchés par la crise économique, vibre pour le football. En 1966, Seraing rata de peu une première montée en D1 avec des gars de la région comme Francis Nicolay, Jean Boulet, Milo Baresa, RobertRoosbeeck, André Royer, Léon Van Rymenam etc. Le club du Pairay vécut alors plus de bas...

Seraing United essaie de rendre le sourire au stade Hubert Freson. Ce n'est évidemment pas la première fois que cette terre, longtemps travaillée par des gueules noires, bastion des sidérurgistes qui contribuèrent à la prospérité de la Belgique avant d'être fauchés par la crise économique, vibre pour le football. En 1966, Seraing rata de peu une première montée en D1 avec des gars de la région comme Francis Nicolay, Jean Boulet, Milo Baresa, RobertRoosbeeck, André Royer, Léon Van Rymenam etc. Le club du Pairay vécut alors plus de bas que de hauts et un homme les extirpa de la Promotion avant de les projeter au coeur de l'élite en 1982 : Yves Baré. L'ancien arrière latéral du FC Liégeois, du Beerschot et du Patro Eisden (21 caps comme Diable Rouge de 1961 à 1967) était un connaisseur du football comme on n'en fait plus. En avril 1981 (photo), Baré me reçut dans son magasin d'articles de sports à Rocourt pour évoquer sa folle chevauchée de la Promotion à l'élite. Cet ancien grand joueur était un passionné et il fallait l'être pour oser dire à ses gaillards : - A vous de choisir : préférez-vous jouer un jour en P4 ou contre Anderlecht ? Un pari de fou, une aventure insensée mais l'enthousiasme de Baré fut gagnant quatre ans plus tard. Il était fier à juste titre en racontant comment il avait recruté des vedettes telles que Juan-Carlos Oblitas, Jules Bocandé ou Nico Claesen au nez et à la barbe de clubs plus huppés que le Matricule 17. Baré avait déjà eu des pépins cardiaques quand il évoluait au Beerschot avec qui il remporta la Coupe de Belgique en 1971. Ces problèmes de santé l'obligèrent à quitter la D1. Le stress et toujours ce coeur qui battait la chamade l'incitèrent en 1982 à céder son training de T1 de Seraing à son ami Georges Heylens, en place après un petit dépannage d'Oblitas et Claude Bissot. Le rêve de Baré s'achevait au moment où se concrétisait celui d'un club et d'une région. Il prit du recul, géra son complexe sportif de Wihogne, devint un agent de joueurs attentif et compétent qui conseilla Nicolas Lombaerts, Guillaume Gillet, GaëtanEnglebert, Eric Deflandre, etc. Son Seraing quitta la D1 en 1987. Le Pairay retrouva le paradis du football belge en 1993 grâce à la générosité de Gérald Blaton. Baré ne fit pas partie de cette aventure aux accents brésiliens mais il apprécia souvent la qualité du spectacle offert jusqu'en 1996 quand Blaton ferma définitivement son coffre : le Matricule 17 fut alors absorbé par le Standard. L'heure est désormais à Seraing United en D2. Baré (1938-2010) n'est plus là mais le géant de l'histoire du Pairay se serait intéressé de très près à ce qui se passe aujourd'hui rue de la Boverie. ?PAR PIERRE BILIC