"Un match de football au stade Veolia, c'est toujours un événement, une fête ", témoigne FiVanHoof, la figure emblématique du club où il a occupé toutes les fonctions, de joueur à entraîneur et aujourd'hui directeur sportif. " Et le spectacle ne commence pas avec le coup de sifflet initial de l'arbitre. Il est présent avant et après le match. Cela devient de plus en plus rare dans les stades modernes, où chacun a sa place numérotée et ne la rejoint qu'au dernier moment, mais à Malines, il y a déjà beaucoup de monde une heure avant le match et beaucoup de gens restent longtemps après. Pourtant, le stade offre très peu de confort. C'est un stade vétuste, où la plupart des supporters doivent rester debout. A part la buvette, il n'y a rien. Et pourtant, les gens viennent en masse. L'ambiance se crée naturellement, alors que dans d'autres stades, le speaker doit un peu la forcer. "
...

"Un match de football au stade Veolia, c'est toujours un événement, une fête ", témoigne FiVanHoof, la figure emblématique du club où il a occupé toutes les fonctions, de joueur à entraîneur et aujourd'hui directeur sportif. " Et le spectacle ne commence pas avec le coup de sifflet initial de l'arbitre. Il est présent avant et après le match. Cela devient de plus en plus rare dans les stades modernes, où chacun a sa place numérotée et ne la rejoint qu'au dernier moment, mais à Malines, il y a déjà beaucoup de monde une heure avant le match et beaucoup de gens restent longtemps après. Pourtant, le stade offre très peu de confort. C'est un stade vétuste, où la plupart des supporters doivent rester debout. A part la buvette, il n'y a rien. Et pourtant, les gens viennent en masse. L'ambiance se crée naturellement, alors que dans d'autres stades, le speaker doit un peu la forcer. " Trois quarts d'heure avant le match, la fanfare défile autour du terrain, suivie par les drapeaux des clubs de supporters. Deux ou trois fois par an, Gunther Neefs, un chanteur flamand né dans la cité archiépiscopale, vient en personne pour entonner You'llNeverWalkAlone. Et la communion des joueurs avec leurs supporters, après chaque belle prestation, est également un spectacle en soi. Il y a aujourd'hui plus de monde qui assiste à un match derrière les anciennes casernes qu'à la grande époque européenne de la fin des années 80, lorsque le Malinwa de Michel Preud'homme gagnait tout ce qu'il était possible de gagner. De 8 à 9.000 personnes à l'époque, l'assistance est passée à 11, 12 ou 14.000. Paradoxalement, cet engouement trouve son origine dans la faillite décrétée en 2002, avec la descente en D3 comme conséquence. Pour sauver le club mis en liquidation, un trio composé de MarkUytterhoeven (un journaliste très populaire de la TV flamande), PietDenBoer (l'auteur du but de la victoire en finale de la Coupe des Coupes 1988) et Van Hoof lui-même (en tant que figure historique du Malinwa) ont créé un comité de soutien et lancé un appel auprès des supporters, qui ont répondu. Certains ont versé jusqu'à 1.000 euros et se sont sentis complètement impliqués. " C'était désormais leur club, puisqu'il survivait grâce à leur argent, alors qu'autrefois, il brillait grâce à l'argent de John Cordier ", explique Van Hoof. Une délégation de supporters assiste d'ailleurs aux réunions de la direction et leur avis est pris en compte. Entre-temps, les enfants de ces supporters ont grandi et sont eux-mêmes devenus des fanatiques des Yellow Red. " Voilà pourquoi le FC Malinois, qui a toujours été populaire, l'est aujourd'hui plus que jamais ", poursuit Fi. " Au décès de Cordier, ce sont des nostalgiques qui rejoignaient notre stade, comme chez beaucoup d'anciens clubs. Mais, après la mise en liquidation, le public s'est renouvelé. La raison essentielle, à mes yeux, doit être cherchée dans la popularité d'Uytterhoeven. C'était une icône de la TV et beaucoup de jeunes s'identifiaient à lui. Son appel à l'aide a produit son effet. Il a lui-même pris des initiatives, comme l'organisation de soirées destinées à récolter des fonds. " Uytterhoeven, qui coule aujourd'hui des jours heureux en France et ne revient à Malines qu'épisodiquement, a aussi insisté pour que l'équipe rejoue dans ses couleurs traditionnelles - le maillot rayé jaune et rouge, qui représente le drapeau de la ville, sur un short noir - alors qu'à un moment donné, l'équipe a joué tout en rouge, ce qui lui a fait perdre une partie de son identité. Les cadavres attirent les vautours. En 2002, le KaVé était à l'agonie, et à Malines, beaucoup en veulent à Genk, qui a pillé les meilleurs jeunes joueurs du club comme StevenDefour, MarvinOgunjimi, DavidHubert et même - c'est moins connu - AnthonyLimbombe, qui n'avait que huit ans à l'époque et qui habitait à quelques centaines de mètres du stade, avec son frère qui joue aujourd'hui au PSV. " En revanche, le Standard, où l'ancien portier international des Sang et Or, Michel Preud'homme, était DT à ce moment-là, a aidé Malines, en lui prêtant des joueurs afin de lui permettre de terminer la saison. D'autre part, certains joueurs, déjà présents à Malines, ont accepté de jouer gratuitement. Mais la relégation en D3 était inéluctable. Au troisième échelon de la hiérarchie nationale, le KaVé a disputé un derby contre le Racing devant plus de 13.000 spectateurs et une télévision locale a retransmis le match en direct. Situé à courte distance de Lierre, d'Anvers et de Bruxelles, la popularité du KaVé ne s'est jamais démentie. Elle s'est construite lors de trois grandes périodes. La première remonte au milieu du siècle passé, lorsque le Malinwa fut sacré champion à trois reprises en 43, 46 et 48 avec TorkeLemberechts, BertDeCleyn et d'autres. " A l'époque, la plupart des joueurs étaient originaires de la région. Aujourd'hui, il n'y a plus guère que KennyVanHoevelen qui soit Malinois ", regrette Van Hoof. " La seconde se situe à la fin des années 80, à la grande époque de Cordier. " C'était unique ", rappelle Van Hoof avec un brin de nostalgie. " En trois ans, on a gagné tout ce qu'il était possible de gagner : Coupe de Belgique, championnat, Coupe d'Europe, Supercoupe d'Europe. Plus des tournois prestigieux, au FC Barcelone ou à l'Ajax Amsterdam par exemple. " La troisième, c'est la remontée, en quatre ans, de la D3 jusqu'à la D1. PeterMaes était le coach de l'équipe qui a rejoint l'élite au terme d'une victoire à Courtrai en 2007. " Mais l'accroissement de cette popularité a des limites. Le stade actuel, tout comme les terrains d'entraînement des jeunes, devra être vendu en vente publique, dans le cadre de la mise en liquidation. On parle depuis des années d'un projet de nouveau stade, mais si la Ville veut bien faire un effort pour mettre un terrain à disposition, elle refuse de s'impliquer financièrement dans la construction. " Or, nous n'avons pas les moyens de construire nous-mêmes un nouveau stade ", s'inquiète Van Hoof. " Je suis certain qu'un stade de 20 ou 30.000 places serait rempli au moins quatre ou cinq fois par saison, mais quand verra-t-il le jour ? Lorsque le stade actuel sera vendu, on devra soit le louer à son nouveau propriétaire, soit essayer de l'acheter nous-mêmes, mais avec quel argent ? Il faut aussi se montrer réaliste au niveau des résultats : on ne pourra pas continuer à progresser. Depuis la relégation en D3, les résultats ont toujours suivi une courbe ascendante : la remontée en D1, une 12e place lors du retour parmi l'élite, puis une finale de coupe, une 10e place, une 7e place, la possibilité de viser peut-être le Top 6 cette saison. Pour faire mieux, il faudrait un plus grand budget. Jusqu'à présent, les résultats obtenus s'assimilent à un petit miracle. On a vendu quasiment une équipe entière, mais pour les remplacer, on est obligé de faire appel à des joueurs en fin de contrat, ou à des joueurs de D2. On ne pourra pas, chaque année, remplacer un JonasIvens par un BorisPandza. Lorsqu'on a vendu BjörnVleminckx pour 1,5 million au NEC Nimègue, les supporters attendaient de nous qu'on trouve meilleur à moindre prix. Un buteur de cette trempe coûte au moins deux millions. On ne les a pas. Bientôt, on devra sans doute chercher un successeur à JoachimMununga. Où le trouvera-t-on, gratuitement ?" PAR DANIEL DEVOS