Que ce soit pour évacuer le stress, rassurer leurs administrés sur leur état de santé, véhiculer une image saine et pure, continuer à monopoliser l'attention de la presse ou entretenir les contacts, les présidents américains, et surtout ceux des cinquante dernières années ont tous pratiqué une activité sportive. Pour John F. Kennedy, c'était la natation du fait d'un dos en mauvais état et du touch football, une version sans contacts du football américain. Fan de bowling, Richard Nixon a même été jusqu'à faire installer une piste dans les sous-sols de la Maison-Blanche. Le père Bush adorait le baseball. Son fils est un excellent cycliste. Invité dans son ranch texan pour une longue sortie en VTT, Lance Armstrong s'est d'ailleurs dit réellement impressionné par le niveau de W.
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Que ce soit pour évacuer le stress, rassurer leurs administrés sur leur état de santé, véhiculer une image saine et pure, continuer à monopoliser l'attention de la presse ou entretenir les contacts, les présidents américains, et surtout ceux des cinquante dernières années ont tous pratiqué une activité sportive. Pour John F. Kennedy, c'était la natation du fait d'un dos en mauvais état et du touch football, une version sans contacts du football américain. Fan de bowling, Richard Nixon a même été jusqu'à faire installer une piste dans les sous-sols de la Maison-Blanche. Le père Bush adorait le baseball. Son fils est un excellent cycliste. Invité dans son ranch texan pour une longue sortie en VTT, Lance Armstrong s'est d'ailleurs dit réellement impressionné par le niveau de W. Fidèle à ses promesses de changement, Barack Obama a emporté dans ses bagages un accessoire inconnu jusque-là au 1600 de la Pennsylvania Avenue NW : un gros ballon orange. " Le basket est mon premier amour ", a-t-il un jour déclaré. " Il n'y a rien de tel qu'un bon petit match pour que je me sente bien. " Une affection qui remonte à sa prime jeunesse. Deux ans après sa naissance en août 1961, son père, Kenyan d'origine, quitte la cellule familiale. Il revient 8 ans plus tard pour saluer son fils et lui apporte un ballon de basket en guise de cadeau. Le petit Barack ne va plus s'en séparer. " Je ne sais pas vraiment pourquoi exactement ", a-t-il expliqué dans une interview pour HBO Sports. " Lien affectif envers mon père ? Affirmation raciale ? Opportunité sportive ? Un peu de tout cela, j'imagine. " Toujours est-il que young Barry comme on l'appelait à l'époque, s'applique et progresse. Très rapidement, la chrysalide devient papillon. Le petit bonhomme un peu boulot se métamorphose en un adolescent élancé. " Pas un désavantage ! ", commente-t-il avec humour. Il devient un fan de NBA et de ses vedettes, surtout Walt Frazier (New York et Cleveland) et Dr. Julius Erving (Philadelphia 76ers), dont un poster orne le mur de sa chambre... En 79, Obama est rhétoricien à la Punahou Academy, une école préparatoire. Il y fait partie de l'équipe de basket placée sous la direction de Chris McLachlin qui se souvient de lui avec précision : " Barry portait ses bouquins sous un bras et sous l'autre son ballon de basket dont il ne se séparait jamais. Il jouait tout le temps. Avant et après l'école, on pouvait le trouver sur les terrains du quartier. Cela a influencé son style que je qualifierais de jeu de rue : spontané, créatif, fort dans les duels d'homme à homme. Je me souviens qu'il excellait dans les jumps shots à 5 ou 6 mètres. Il explosait les défenses de zone qui ne nous laissaient pas approcher de l'anneau ; on faisait alors appel à notre numéro 23 ( NDLR, comme Michael Jordan et LeBron James) qui nous réussissait un petit jump shot. " Le président redresse légèrement la barre : " Je ne dirais pas que ma meilleure arme était le jump shot. Je pense plutôt à mon premier pas qui me permettait de m'isoler et de foncer vers l'anneau. Je m'entendais bien avec le coach McLachlin, mais cela ne nous empêchait pas d'avoir des divergences disons... philosophiques. Lui voulait gagner le championnat de l'Etat d'Hawaï - ce que nous avons réussi en 79 - et moi je voulais avoir plus de temps de jeu ! Je devais être le 7e joueur... Cela dit, c'est vrai, je le rejoins quand il dit que j'étais un joueur de rue. Pour un jeune métis, sans père, dans une communauté où il n'y avait vraiment pas beaucoup de noirs, le basket était à la fois un refuge et un moyen de s'exprimer librement. J'ai dû me conformer à une structure et à une discipline tactique afin de devenir membre à part entière de l'équipe. Ce ne fut pas facile surtout que le coach était un véritable Mister Fundamentals qui prônait un basket académique, pensé, planifié et que moi j'étais plutôt Mister Improvisation ! Cet aspect de créativité libre de contraintes est indissociable de notre culture. On le retrouve aussi dans le jazz, par exemple. Coach McLachlin et moi avons eu des conflits, mais rétrospectivement, c'est lui qui avait raison. La meilleure preuve n'est-elle pas qu'on a gagné le championnat ?" Au cours de ses premières années d'université, tant à Los Angeles (Occidental College) qu'à New York (Columbia), Obama se distancie du basket. Ce n'est que quand il intègre la prestigieuse Harvard Law School en 88 - après 4 ans de travail social à Chicago - qu'il tâte à nouveau du ballon. Avec une dévotion décuplée... qui va bien lui servir. Au début des années 90, il rencontre Michelle Robinson, une avocate travaillant dans le cabinet Sidley Austin de Chicago. Après quelques sorties, les jeunes gens se découvrent des affinités. Michelle n'est toutefois pas sûre de la vraie personnalité de Barack. Elle se souvient alors que son père disait que c'est sur un terrain de sport que l'on peut réellement se rendre compte du caractère de quelqu'un. Elle demande alors à son frère, Craig, de " tester " son prétendant. Craig est le juge idéal. Deux mètres tout juste, 120 kg de muscles, ancien joueur de Princeton dont il est toujours le 4e meilleur marqueur de tous les temps, il voit vite à qui il a affaire. Le test est concluant. " J'ai tout de suite remarqué que Barack savait jouer et qu'il comprenait le jeu ", explique Craig. " Il dégageait confiance et sérénité et faisait preuve d'un excellent contrôle de soi en toutes circonstances. Il n'était pas du tout égoïste. Au contraire, il distribuait bien le jeu. Mon rapport fut donc positif... "Quelques mois plus tard, Michelle épousait Barack. Craig, lui, a depuis lors, décroché une maîtrise en économie de l'Université de Chicago avant de devenir entraîneur de Brown University (New Hampshire) en 2006. Il est actuellement coach à Oregon State University. Il est rare qu'Obama accepte la présence de journalistes, de cameramen et de photographes quand il joue avec ses potes. Une seule fois cependant - campagne et visibilité obligent -, il a fait exception à cette règle. C'était le 19 mars 2008, à Fort Bragg (Caroline du Nord) où, avant une prise de parole importante sur la guerre en Irak, il a tenu à jouer un petit match avec les soldats. Avec succès puisqu'il a eu l'honneur de marquer le panier décisif (un lay up). Bilan du candidat à la présidence : 4 points, 5 assists, 3 rebonds, une interception, un block et deux pertes de balle. Auto-analyse de la vedette malgré lui : " Physiquement, je pense que j'ai bien tenu la distance. A 46 ans, je suis encore relativement rapide. Mes coéquipiers de high school auraient du mal à me tenir... Mais je suis devenu plus soft et plus prudent. Je ne tiens pas à une fracture du nez et à la perte d'une dent comme cela m'est arrivé par le passé. J'aurais l'air de quoi, lors des conférences de presse, avec un pif comme une patate ?"Le président n'est pas le seul à redouter des dégâts corporels. Sa tendre épouse craint aussi pour son intégrité physique. Fatiguée de le voir renter à la maison avec un poignet douloureux, un £il au beurre noir ou des doigts en compote, elle lui a gentiment suggéré de choisir un sport moins dangereux. C'est ainsi qu'en 97, vingt ans après s'y être risqué lors des études secondaires, Obama se remet au golf. Timidement d'abord, en arpentant le parcours public de Jackson Park, dans la banlieue de Chicago. Un an plus tard, il investit 350 petits dollars dans un set de clubs déniché dans un magasin discount. " Le golf n'était pas seulement un moyen de rester en forme de façon plus sûre que le basket que je n'ai de toute façon jamais abandonné ", dit le président. " Mais c'était aussi un excellent moyen d'intégration et de socialisation auprès de mes collègues de Springfield. Pour vraiment faire partie du corps législatif de l'Etat d'Illinois, je me suis même mis aussi au poker. C'était une tradition, tous les mercredis soir, on jouait aux cartes. "" Je ne l'ai jamais vu perdre son sang-froid ", confie, admiratif, un collègue politicien. " On essayait de le chambrer, mais il restait toujours imperturbable. "Idem sur les greens. " J'ai souvent joué avec lui ", explique le sénateur Terry Link. " Sa grande force était qu'il parvenait à rester zen en toutes circonstances. Il ne se laissait pas impressionner par un beau coup et ne déprimait pas après un raté monumental. Il restait le même sous pression. On ne pouvait pas vraiment le qualifier de golfeur, car beaucoup laissait à désirer, mais il possédait quand même un swing assez souple. " Comme quand il s'adonne au basket, Obama n'aime pas les objectifs inquisiteurs. L'été dernier, toutefois, lors des vacances familiales à Hawaï, il n'a rien pu faire contre la meute de chasseurs d'images, à l'affût de ses moindres gestes. Il a joué deux fois, une fois sur le terrain privé de Luana Hills et une autre fois sur le terrain public d'Olomana Hills. Un parcours de 5 heures juste après 45 minutes de condition physique effectués dès 7 h 15 du matin. Un régime surprenant pour un vacancier, mais qui prouve si besoin en est la volonté de l'homme. Facétieux, Robert Gibbs, son porte-parole qui l'a suivi jusqu'à la Maison-Blanche, a décrit comme suit la performance de son patron : " Je ne sais pas s'il vous dira qu'il a joué au golf. Disons qu'il s'est rendu sur un parcours de golf et qu'il a utilisé ses clubs. Mais je pense que ce n'était pas joli à voir ! " Un avis réfuté par les golfeurs présents en même temps qu'Obama sur le green : " Ce qu'on a vu n'est pas mauvais du tout. Il a envoyé des drives de plus de 200 mètres... " et surtout par Tom Patri, un des meilleurs enseignants de golf du pays, qui a pris le temps d'analyser les images : " Barack Obama manque un peu de souplesse au niveau des hanches et de vitesse de pivotement, mais il possède en revanche une belle amplitude et un excellent équilibre. C'est un très bon athlète. " On ne connaît pas exactement son handicap. On sait que quelques mois après s'être mis sérieusement au sport, Obama accusait un handicap de 24. On estime qu'actuellement, il doit être aux alentours de 20, ce qui n'est pas mal du tout et le place dans le top10 des présidents golfeurs (1. John Kennedy, 2. Dwight D. Eisenhower, 3. Gerald R. Ford, 4. Franklin D. Roosevelt ; 5. George H. Bush, 6. George W. Bush, 7. Bill Clinton, 8. Barack Obama, 9. Ronald Reagan et 10. Warren G. Harding). Obama rêve, en tout cas, de devenir numéro un de cette liste et pour cela, devrait descendre à moins de 10 de handicap. Tiger Woods (un de ses fans) a promis de l'y aider... Aurait-il voulu pratiquer d'autres sports que le basket et le golf ? Le football américain l'attirait, mais sa constitution trop frêle ne lui a pas permis de l'envisager. Il se contente de le regarder à la télévision. Parfois aussi, il assiste à un match. Contrairement à d'autres présidents peu désireux de froisser les susceptibilités, de s'aliéner les supporters et de perdre quelques voix, Obama ne noie pas le poisson quand on lui demande quels sont ses clubs de prédilection. Il reste très porté sur Chicago dans ses choix : les Bears (football américain), les White Sox (baseball) et les Bulls (basket). Il suit aussi le soccer que pratiquent ses filles Malia (10 ans) et Sasha (7). Son équipe favorite est West Ham qu'il a eu l'occasion de voir évoluer il y a cinq ans lors d'un voyage en Angleterre. On raconte que dès qu'il en a l'occasion, le nouveau président, regarde les matches de Premier League. Mais en véritable sportif, il préfère l'action à la télévision. Pour preuve : il a entrepris de faire construire un terrain de basket dans la Maison-Blanche. par bernard geenen, à washington dc