Positif

Yaya Touré est un joueur aux qualités physiques impressionnantes. Il ratisse devant la défense du Barça et parcourt des kilomètres pour effectuer la " sale " besogne dans une équipe tournée vers l'offensive à outrance. Dans un système en 4-3-3 avec un seul demi récupérateur, il est important que cet élément soit très discipliné pour couvrir les sorties offensives d'un des quatre pions de la défense. L'Ivoirien connaît son rôle et s'y tient avec la plus grande rigueur.
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Yaya Touré est un joueur aux qualités physiques impressionnantes. Il ratisse devant la défense du Barça et parcourt des kilomètres pour effectuer la " sale " besogne dans une équipe tournée vers l'offensive à outrance. Dans un système en 4-3-3 avec un seul demi récupérateur, il est important que cet élément soit très discipliné pour couvrir les sorties offensives d'un des quatre pions de la défense. L'Ivoirien connaît son rôle et s'y tient avec la plus grande rigueur. Barcelone étant l'équipe la plus performante du point de vue de la circulation du ballon, l'ex-Beverenois est constamment en mouvement pour se rendre disponible dans la conservation du cuir. Il parvient à jouer en une touche de balle voire en contrôle-passe sans avoir beaucoup de déchets dans son jeu. Dos au but adverse, il parvient à se remettre rapidement dans le sens du jeu en s'appuyant sur les incontournables Xavi Hernandez et Andres Iniesta. Très fort dans la récupération du ballon, il gagne énormément de ballons dans les un contre un. Solide en duel, il utilise très bien son corps pour prendre le meilleur sur son adversaire direct et ses longues jambes lui sont d'un précieux secours quand le ballon se trouve au sol, surtout dans les petits espaces. Il s'en sert alors comme de véritables tentacules pour s'approprier des ballons qui paraissent insaisissables. Sonjeu de tête défensif est très efficace : il s'appuie sur un timing, une détente et une taille (1m87) de très bon niveau. Son rôle axial devant la défense le place souvent en situation de duels aériens, ce qui lui permet de parfaire cette spécificité du jeu, même si sa marge de progression dans ce domaine n'est pas énorme. Techniquement, il maîtrise très bien toutes les bases mais sa position sur l'échiquier l'oblige souvent à jouer simplement. Il recherche plutôt l'efficacité à la trouvaille technique en se reposant sur les milieux créatifs et sur les trois attaquants qui ont suffisamment de qualités pour faire la différence. Il est toutefois capable d'éliminer un ou plusieurs opposants quand il est mis sous pression dans de petits espaces. Il possède un excellent tackling défensif et la longueur de ses jambes n'est pas étrangère à cette qualité. Il parvient en glissant à récupérer des ballons paraissant hors de portée mais il est plus performant du côté droit. A gauche, il a tendance à contourner son pied gauche en utilisant l'extérieur de son droit. Il fait preuve de calme et de self-control dans la plupart des situations. Il possède maintenant suffisamment de planches pour bien gérer les moments chauds d'un match. Sa capacité à rester zen, comme beaucoup de joueurs issus de l'Afrique noire, fait le reste. Au Barça, il doit se battre pour sa place de demi-récupérateur avec le Malien Seydou Keita. Xavi et Iniesta sont intouchables plus haut dans l'entrejeu. Mais avec la Côte d'Ivoire, Vahid Halilhodzic tend à le faire évoluer plus haut dans le jeu que Pep Guardiola, devant Cheik Tioté et Didier Zokora. Mais en est-il vraiment capable ? Son manque de polyvalence constitue un désavantage. Il manque clairement de qualités offensives. Dans la même fonction en Liga, Keita se montre, cette saison, beaucoup plus dangereux et également plus proli-fique devant le but adverse. Comme en équipe nationale, il doit prendre ses respon-sabilités et essayer de trouver l'étincelle offensive, il joue alors clairement contre-nature et son rendement s'en ressent terriblement. Son jeu de tête offensif n'est pas des plus performants : pour être efficace dans les airs, il a besoin que le ballon vienne face à lui. Il doit venir de loin en attaquant des centres en retrait pour se montrer réellement dangereux, chose qui ne se produit pas énormément avec le Barça, style de jeu oblige. Sa frappe de balle n'est pas exceptionnelle. Tant d'un point de vue de la position du corps que de la technique de tir, ses gestes manquent clairement de naturel. Son shoot du deuxième pied (le gauche) est plutôt forcé et présente un déficit au niveau de la puissance. La vitesse sur les tout premiers mètres est clairement un défaut chez lui. Son amplitude au niveau des jambes lui permet de masquer ce déficit et son positionnement très proche du quatre arrière laisse peu d'espaces dans son dos et quand il est battu en vivacité ou en vitesse de pivotement, il est couvert par la paire centrale défensive dont le placement est toujours très pointu. Son premier tour en Liga est plutôt mitigé ( six titularisations en championnat) et on va voir, dans les mois qui viennent, sa capacité mentale à parvenir à inverser la tendance. Il a toujours connu le succès et sa progression a été jusqu'à présent linéaire. Cette conjoncture un peu moins favorable va être un test pour lui. En sélection, il conservait en début de CAN un statut de joueur quasiment intouchable qui lui donne des responsabilités de leader dans l'équipe. Né en 1963, Etienne Delangre joua comme défenseur au Standard de 1981 à 1992 (267m en D1 et 6b, champion en 82 et 83). Ex-chargé de cours à l'Ecole du Heysel, il coacha de la P1 à la D1 (Charleroi). par étienne delangre