La rédaction de Belgacom a été impressionnée par votre capacité d'adaptation. Comment l'expliquez-vous ?

Ces dernières années, j'ai analysé des centaines de matches. Il y a donc des faits que je relève très rapidement. En tant qu'entraîneur, j'ai un regard qui me permet de voir ce que d'autres ne perçoivent pas. J'arrive à structurer très vite l'analyse dans ma tête avant de la transmettre aux personnes de la régie.
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Ces dernières années, j'ai analysé des centaines de matches. Il y a donc des faits que je relève très rapidement. En tant qu'entraîneur, j'ai un regard qui me permet de voir ce que d'autres ne perçoivent pas. J'arrive à structurer très vite l'analyse dans ma tête avant de la transmettre aux personnes de la régie. Quand je regarde un match, je note les phases qui se répètent et qui m'aident à mieux connaître une équipe. J'agis de la sorte depuis dix ans. Je peux analyser deux ou trois rencontres en une journée. Une analyse exige de visionner le match deux ou trois fois. Je ne le fais pas tous les jours. J'ai une base de données sur un disque dur, avec ma vision du foot, ma méthode de travail, etc. C'est ce que j'ai appliqué à Charleroi et cette base s'enrichit constamment. Pour les quarts de finale de la Champions League, je connaissais bien Barcelone et le Real Madrid. J'étais moins familier du jeu de la Juventus et du Bayern Munich et j'ai donc regardé quelques-uns de leurs matches. Il y a longtemps que je voulais devenir entraîneur. Comme je n'avais pas de passé de joueur, j'avais deux possibilités pour percer. La première, c'était de me perfectionner dans la préparation physique. Je suis régent en éducation physique mais ce n'est pas ce qui me botte le plus. La seconde, c'était de me spécialiser dans l'analyse. J'ai choisi cette voie. Oui. Tout en restant abordable, je dois éviter de relever des évidences ou de trop rentrer dans les détails. J'essaie de trouver un " plus " car j'ai envie que le public dise : " En l'écoutant, nous apprenons quelque chose. " Etre concret est important car le temps est limité avec les résumés, les pubs, etc. Le public serait peut-être lassé si les analyses duraient trois heures. Pourtant, en Espagne, ce type d'émission où on dissèque longuement les matches existe. C'est une façon de découvrir l'envers du décor, vu que les médias jugent constamment les entraîneurs et leur équipe. Cette activité me permet de rester en vue pour les clubs intéressés par mes services. Plutôt que de demeurer chez moi seul dans mon coin, autant partager mes analyses avec le public ! PAR SIMON BARZYCZAK" J'analyse deux ou trois matches par jour "