Cela sauta aux yeux à Genk : l'apport de David Pollet, venu de Lens, sera important pour le compartiment offensif. Avec 23 buts en 23 matches, la finition n'a pas été le point fort de ce secteur.

Yannick Ferrera : Notre effectif progresse et je suis persuadé, au vu du jeu développé, que Charleroi mérite quelques points de plus au classement général. Ce ne serait pas une injustice. Mais il y a la réalité du ranking, la seule qui compte : nous devons encore apprendre à finir le boulot. Avec Giuseppe Rossini, dont on connaît les atouts de pivot, et désormais David Pollet, les Zèbres présentent des arguments très intéressants, que ce soit la taille, le poids ou la vitesse en zone de vérité. A Genk, j'ai misé sur Pollet d'entrée de jeu pour créer la surprise dans un contexte difficile, lui donner du temps de jeu afin de trouver ses marques. Après cela, l'intention, c...

Yannick Ferrera : Notre effectif progresse et je suis persuadé, au vu du jeu développé, que Charleroi mérite quelques points de plus au classement général. Ce ne serait pas une injustice. Mais il y a la réalité du ranking, la seule qui compte : nous devons encore apprendre à finir le boulot. Avec Giuseppe Rossini, dont on connaît les atouts de pivot, et désormais David Pollet, les Zèbres présentent des arguments très intéressants, que ce soit la taille, le poids ou la vitesse en zone de vérité. A Genk, j'ai misé sur Pollet d'entrée de jeu pour créer la surprise dans un contexte difficile, lui donner du temps de jeu afin de trouver ses marques. Après cela, l'intention, comme cela aurait été sûrement le cas contre le Cercle Bruges, consiste bien entendu à tirer le meilleur profit de ce duo. Oui mais je précise tout de suite qu'il est d'abord différent. Je ne reviendrai pas sur le départ d'Aoulad, c'est le passé. Ce garçon savait décrocher et s'exprimer autour de Rossini. Il était davantage un milieu de terrain qu'un attaquant de pointe. Pollet est taillé pour plonger dans les espaces mais il a la capacité aussi de fonctionner à côté et derrière Rossini. Charleroi peut désormais miser sur un jeu offensif plus profond. Cette évolution est un des éléments de la progression d'ensemble de l'équipe. Cela passe d'abord par beaucoup de travail. Cet effectif n'a pas oublié que tous les observateurs le destinaient à un aller-retour D1-D2. Je rappelle souvent ces analyses d'avant-saison pour réveiller nos motivations. Je suis impressionné par le chemin que nos joueurs ont parcouru. Je suis arrivé ici peu avant le début du championnat. Même si cet effectif avait connu la fin d'une présence ininterrompue de 26 ans parmi l'élite, j'ai trouvé, à mon arrivée, un vestiaire de D2 et ce n'est pas péjoratif. Les Zèbres s'étaient quasiment promenés à l'étage inférieur. Ils ont gagné assez facilement leur championnat. Mais il y a un monde de différence entre la D1 et la D2 : réalisme, vitesse, travail, organisation, mental, etc. Ce sont des étapes importantes dans l'adaptation d'une équipe à son nouvel univers. Nous y avons cru mais il reste du chemin à parcourir avant d'atteindre au plus vite ce qui nous importe : le maintien. C'est dans cet objectif que nous irons à OHL avant de recevoir le Lierse. Je préfère m'intéresser à tout un contexte qu'à des individualités, que ce soit Aoulad, Kage ou un autre joueur. Au niveau du milieu de terrain, il y a du travail de récupération (Kumedor, Diandy), de la technique, de la force de frappe (Kaya, Milicevic) et cela contribue à l'équilibre général. Le sauvetage passera aussi par une plus grande rigueur défensive. En tout cas, Charleroi a reçu plus d'une fois des compliments et des marques de respect des entraîneurs adverses. Il serait plus facile de se concentrer sur le tissu défensif : nous voulons plus. Nous n'y sommes pas les seuls. Là-bas, j'ai croisé Malines, Tubize, le White Star, Boussu-Dour, etc. Je ne saurais pas comment faire sans Tubize où nous pouvons notamment travailler sur un terrain synthétique couvert de 60x40m. L'accueil est bon, nous déjeunons sur place. Notre préparateur physique, Philippe Simonin, a pris la place de Michel Bertichamps appelé à d'autres missions dans le club. Un coach de D1 n'arrête pas : je m'intéresse à la CAN et suis en contact via SMS avec Parfait Mandanda. PIERRE BILIC