1. Etre en tête de la D2, c'est mieux que de jouer le maintien en D1 ?

C'est différent. Ça m'apprend de nouvelles choses. Quand tu joues le maintien, tu restes souvent cantonné dans ta partie de terrain, tu es opposé à des équipes qui vont te dominer et tu dois faire en sorte qu'elles ne passent pas. Là, en tête de la D2, c'est toi qui domines, qui dois trouver des solutions pour déjouer l'adversaire. Pour ce faire, j'observe beaucoup de matches de haut niveau. Quand je regarde trois fois le Bayern Munich, j'analyse, je découpe des phases et j'essaie de les recréer à l'entraînement. Et, parfois, tu te rends compte que ça marche ! On est souvent confronté à des adversaires qui veulent battre le grand Saint-Trond et qui mettent en place deux lignes de quatre ou cinq très compactes. Et il nous faut sans...

C'est différent. Ça m'apprend de nouvelles choses. Quand tu joues le maintien, tu restes souvent cantonné dans ta partie de terrain, tu es opposé à des équipes qui vont te dominer et tu dois faire en sorte qu'elles ne passent pas. Là, en tête de la D2, c'est toi qui domines, qui dois trouver des solutions pour déjouer l'adversaire. Pour ce faire, j'observe beaucoup de matches de haut niveau. Quand je regarde trois fois le Bayern Munich, j'analyse, je découpe des phases et j'essaie de les recréer à l'entraînement. Et, parfois, tu te rends compte que ça marche ! On est souvent confronté à des adversaires qui veulent battre le grand Saint-Trond et qui mettent en place deux lignes de quatre ou cinq très compactes. Et il nous faut sans cesse casser ces lignes. Jusqu'à présent, on y arrive. Pour le moment, il n'y a qu'un match lors duquel on n'a pas marqué de buts ! Ça marche même mieux que la saison passée. L'équipe est jeune mais elle a un an de plus, donc un peu plus d'expérience. Il y a moins de grands noms - il n'y a par exemple plus de joueur comme Mohamed Aoulad capable de faire la différence seul - mais le noyau est plus équilibré. Tous les postes sont doublés. Pour gagner nos matches, on doit être propre dans le jeu mais il faut surtout avoir le même esprit guerrier que nos adversaires. En D2, si tu n'as pas cet esprit combatif, tu n'arriveras à rien. Quelle que soit la beauté de ton jeu ! Il y a quelques mois, j'aurais sauté sur n'importe quelle offre de D1. D'autant plus que j'ai dans mon contrat une clause libératoire gratuite ! Mais maintenant que nous sommes premiers et qu'il y a moyen de faire quelque chose à Saint-Trond, je me dis que la situation est différente. Et puis, il faut être honnête : si un club de D1 vient aux nouvelles, cela ne pourrait être qu'un club relégable. Serais-je prêt à de nouveau me battre contre le maintien alors que je vis de belles choses à Saint-Trond ? Je ne pense pas. Déçu non, mais je me sens capable d'entraîner un club de haut niveau, que ce soit le Standard ou un autre club de la galaxie. Mais je sais que tant que je n'aurai pas forgé de résultats, je ne serai pas dans le viseur des grands clubs. Je ne suis donc pas déçu. Mais impatient oui. J'ai toujours eu cette impatience en moi. Quand je m'occupais des U15 à Anderlecht, j'aspirais à m'occuper des Espoirs. Quand j'étais analyste à Gand, je pensais à devenir adjoint. Et aujourd'hui que je suis T1, je vois toujours plus haut. Un côté de moi est frustré en permanence. Mais je le vis bien ! Je ne me réveille pas chaque matin en pleurant (Il rit). Je suis même très heureux à Saint-Trond : je travaille comme un entraîneur de D1, avec une équipe professionnelle, qui a le niveau de la D1. Simplement, nous ne sommes pas médiatisés comme un club de D1. Non, il n'y a pas de rivalité entre lui et moi. Je ne trouve pas qu'il s'agisse d'un choix étonnant. Il n'agit pas du tout dans la continuité de Guy Luzon et apporte quelque chose au groupe. Il s'agissait du choix le plus logique... Si, un peu. Au sein des jeunes entraîneurs de 35-37 ans, ce ne sont que des anciens joueurs, comme Besnik Hasi, Ivan Vukomanovic, Arnar Vidarsson ou Ivan Leko. Avec mon profil, il n'y en a pas tellement, à part mon adjoint qui a 36 ans et qui n'a pas de carrière professionnelle de joueur. Yannick Ferrera (34 ans) fut, à 31 ans, 10 mois et 4 jours, le plus jeune coach à diriger un club de l'élite, en se liant au SC Charleroi durant l'été 2012. Depuis 2013, il est l'entraîneur de Saint-Trond, l'une des grosses écuries de notre D2.PAR STÉPHANE VANDE VELDE" Vukomanovic était le choix le plus logique pour le Standard. Il n'y a pas de rivalité entre lui et moi. " Yannick Ferrera