" Anderlecht va se mesurer à Saint-Pétersbourg en Europa League et cela rappelle quelques grands duels sportifs entre la Belgique et la Russie ou l'ex-URSS. Tout le monde pense au Mondial '86 avec cet incroyable duel en huitièmes de finale (4-3) et l'explosion de joie qui secoua notre pays. En tant que joueur, je me suis frotté aux Russes en 1968 (défaite 1-0 à Moscou) et avant cela en 1966 au Heysel (Belgique-URSS, 0-1). Je retiens surtout le match de 1966 car il y avait un certain Lev Yachine dans la cage de notre adversaire. On n'imagi...

" Anderlecht va se mesurer à Saint-Pétersbourg en Europa League et cela rappelle quelques grands duels sportifs entre la Belgique et la Russie ou l'ex-URSS. Tout le monde pense au Mondial '86 avec cet incroyable duel en huitièmes de finale (4-3) et l'explosion de joie qui secoua notre pays. En tant que joueur, je me suis frotté aux Russes en 1968 (défaite 1-0 à Moscou) et avant cela en 1966 au Heysel (Belgique-URSS, 0-1). Je retiens surtout le match de 1966 car il y avait un certain Lev Yachine dans la cage de notre adversaire. On n'imagine plus le monstre sacré que fut ce gardien de but. J'avais eu l'occasion de le rencontrer à Paris car la presse française l'avait retenu dans l'équipe européenne de l'année, tout comme Paul Van Himst et moi-même. C'était une star charismatique et un homme très gentil. Yachine reste la plus belle icône du football russe et le meilleur portier de tous les temps. Il est le seul gardien ayant gagné le Ballon d'Or (1963), fut médaille d'or aux Jeux Olympiques de Melbourne en 1956, champion d'Europe en 1960, etc. Mais au-delà du palmarès, il y avait le style et je sais que de grands keepers belges, comme Jean Nicolay et Jean Trappeniers, s'en inspiraient beaucoup. Yachine avait des mains de fer. On le surnommait l'Araignée noire (comme sa couleur préférée) et cet ancien joueur de hockey sur glace réinventa le métier de gardien : plus de dégagements au poing, relances ultra rapides et sorties en dehors de son rectangle. A mon avis, Michel Preud'homme doit être particulièrement fier de son trophée Lev Yachine, qui consacrait le meilleur gardien de but de la World Cup '94. En 1994-95, Seraing s'est mesuré au Dinamo Moscou en Coupe de l'UEFA. Le Dinamo était le club de Yachine. Il y joua de 1950 à 1970. Au Pairay, le Dinamo s'imposa 3-4, exploitant notre nervosité défensive. A Moscou, la Place Rouge de Gilbert Bécaud et de son guide, Nathalie, était vide. Le stade du Dinamo aussi. L'ambiance était glaciale et il n'avait pas grand monde dans les tribunes. Malgré cela, Seraing s'est imposé (0-1) et aurait pu marquer d'autres buts et se qualifier. Feu Gérald Blaton, le président de Seraing, et Francis Nicolay, notre regretté directeur sportif, avaient splendidement préparé ce voyage. Les joueurs ont visité des stations du magnifique métro de Moscou. J'aurais aimé revoir Yachine dans son club. Le destin ne l'a pas permis. Né en 1929, le plus grand des numéros 1 est décédé en 1990 après avoir été amputé d'une jambe quatre ans plus tôt. Il avait à peine 60 ans... " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)propos recueillis par pierre bilic