Dante Bonfim Costa Santos (24 ans) s'installe pour raconter la saison des Rouches et rigole un bon coup : comme d'habitude. Ce sourire permanent, c'est sa marque de fabrique. Et de toute façon, il n'a aucune raison de tirer la tronche pour le moment. Depuis qu'il est arrivé au Standard, en janvier de l'année dernière, ça roule pour lui. En championnat, il a disputé 37 matches sur 40 possibles. Si on y ajoute la Coupe de Belgique et la Coupe d'Europe, il a fêté le week-end passé sa 50e rencontre avec les Liégeois. Et sa 50e titularisation ! Sans prendre la moindre carte rouge alors que sa zone d'activité est le côté gauche ou l'axe de la défense, là où les coups se perdent, là où les cartons volent.
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Dante Bonfim Costa Santos (24 ans) s'installe pour raconter la saison des Rouches et rigole un bon coup : comme d'habitude. Ce sourire permanent, c'est sa marque de fabrique. Et de toute façon, il n'a aucune raison de tirer la tronche pour le moment. Depuis qu'il est arrivé au Standard, en janvier de l'année dernière, ça roule pour lui. En championnat, il a disputé 37 matches sur 40 possibles. Si on y ajoute la Coupe de Belgique et la Coupe d'Europe, il a fêté le week-end passé sa 50e rencontre avec les Liégeois. Et sa 50e titularisation ! Sans prendre la moindre carte rouge alors que sa zone d'activité est le côté gauche ou l'axe de la défense, là où les coups se perdent, là où les cartons volent. Le Brésilien est encore plus hilare depuis la prestation 18 carats des hommes de Michel Preud'homme sur le terrain du Club Bruges. Un nouveau championnat a commencé au terme du choc de ce super Sunday. Les compteurs ont été remis à zéro. Temps de faire le point sur les atouts des Brugeois et des Liégeois dans la course au titre. Intéressons-nous surtout aux domaines dans lesquels l'équipe de Jacky Mathijssen semble plus consistante que le Standard. Dante s'y frotte. Et il remet les choses en place. Sans pitié pour le coach qu'il a autrefois connu à Charleroi et pour ses hommes. Dante Bonfim Costa Santos : Ah bon ? Je suis curieux de voir ça. D'accord, d'accord. Je ne vais évidemment pas dire le contraire. Il a déjà assuré plusieurs victoires. Sans Stijnen, Bruges aurait quatre ou cinq points de moins que le Standard. Mais ne compte pas sur moi pour dire qu'Aragon Espinoza est moins fort. Lui aussi, il fait un super parcours. Il ne s'est planté que dans un seul match : en Coupe au Cercle Bruges. Pour lui, ce n'est pas facile parce qu'il sent qu'il y a énormément de scepticisme. On est beaucoup trop négatif avec lui. Ceux qui le critiquent ont vachement tort. S'il n'avait pas le niveau, le Standard ne jouerait plus le titre depuis longtemps. Certaines personnes ont reproché à Igor de Camargo d'avoir incité nos supporters à encourager Espinoza, au moment où Olivier Renard était réserviste. Igor a fait ça pour deux raisons : parce que la solidarité sud-américaine l'a poussé à agir ainsi et parce qu'il estimait que son statut de vice-capitaine l'obligeait à rendre confiance à Espinoza. Stijnen est un des meilleurs gardiens de D1 mais Espinoza n'a rien à lui envier. Qu'est-ce que ça représente, l'histoire ? C'est fini, on n'en parle plus, ça n'a aucune incidence sur le présent. Nous savons tous que le Standard attend le titre depuis 25 ans. Mais ça ne nous paralyse pas. Au contraire, nous sommes tous motivés pour entrer dans la légende de ce club. Je dois rigoler quand on parle d'une culture de la victoire à Bruges. Comme s'il y avait une culture de la défaite au Standard. Quel ascendant psychologique ? On a bien vu dans les deux matches de championnat qui avait le plus gros mental. S'il y en a qui doivent se poser des questions aujourd'hui, ce sont les gars de Bruges. Chez nous, tout le monde est très serein. Je ne suis pas sûr que ce soit encore vrai là-bas après notre victoire sur leur terrain. Je sais ce qu'ils pensent depuis que nous sommes allés gagner chez eux : -Est-ce qu'on mérite vraiment le titre après avoir été baladés deux fois par le Standard ? Sur le plan psychologique, le Standard est passé devant, c'est clair. A quoi ça sert encore de reparler de la finale de la Coupe ? Ça ne me dit plus rien, j'ai zappé cette soirée-là depuis longtemps. Nous savons tous ce qui n'avait pas marché pour nous dans cette finale : il y avait trop d'envie dans notre groupe et cela nous avait paralysés. Nous en avons vite tiré les leçons. Pfffttt... Nous sommes victimes de notre bon niveau de jeu et de notre réputation. Les petits savent que s'ils essayent de rivaliser dans le jeu avec le Standard, ils sont cuits à l'avance. Alors, ils ferment tout et ça nous pose énormément de problèmes. Contre Bruges, ils sont conscients qu'ils ont une chance de s'imposer, alors ils jouent le jeu. Et le Club finit souvent par gagner sur un coup franc ou un truc du style. Je constate que nous avons quand même surclassé Bruges sans Defour. Avec lui ou sans lui, notre jeu est différent. S'il est sur la pelouse, nous faisons beaucoup plus circuler le ballon. S'il n'est pas là, on voit un autre Standard avec un football plus direct, plus profond, plus rapide. Cela marche aussi. On doit tous souhaiter que Defour retrouve au plus vite son niveau, mais ce n'est pas une catastrophe si ça doit prendre un peu de temps. Ce sera un problème si deux ou trois de nos titulaires sont indisponibles au même moment. Mais si tout le monde est opérationnel, ça ne sert à rien d'avoir 20 titulaires en puissance. Il n'y en a que 11 au coup d'envoi et on ne peut faire que trois changements. D'accord, le groupe de Bruges est plus fourni, mais des gars comme Vermant, Englebert et Maertens, je ne les vois quand même presque jamais sur le terrain. Ils ont beau avoir un nom et de l'expérience, ils ne servent pas à grand-chose. Tu te souviens de la dernière équipe du Standard dans laquelle il y avait plein de trophées ? L'équipe avec Sergio Conceiçao, Milan Rapaic et Ricardo Sa Pinto ? Qu'est-ce qu'elle a gagné en Belgique ? Rien du tout. Tout le monde voit qu'il y a plus d'envie dans le noyau depuis que ces stars sont parties. Ce ne sont pas les titres du passé qui apportent une plus-value à une équipe. L'expérience est évidemment un plus mais le groupe actuel en a quand même une bonne dose, qui est sûrement suffisante. Espinoza a été champion dans son pays. Oguchi Onyewu a joué à la Coupe du Monde. Mohamed Sarr est passé par l'AC Milan et Galatarasay. Igor de Camargo a été champion avec Genk. Dieumerci Mbokani l'a été avec Anderlecht. Defour a connu de grands moments à Genk et il y a son Soulier d'Or. Et si certains estiment qu'il n'y a pas assez d'expérience chez nos joueurs, je leur réponds que notre entraîneur en a des tonnes. Tu as vu ce qu'un Jovanovic sur une jambe était capable de faire dans le match à Bruges ? Il est loin de s'entraîner à 100 %, mais s'il est à 95, voire à 90 % le week-end, ça nous suffit parce qu'il n'a pas besoin de plus pour faire la différence. Je préfère un Jova à moitié blessé qui claque deux buts à Bruges qu'un Jova dans la tribune. Avec tout mon respect pour ces deux joueurs, nous avons des gars au moins aussi forts dans notre noyau et je ne suis pas certain que Geraerts et Sterchele seraient titulaires chez nous. Marouane Fellaini fait une saison de fou, Siramana Dembélé est un des joueurs les plus réfléchis de la D1. Et devant, nous avons trois attaquants pour deux places. C'est une richesse inouïe parce que Preud'homme peut varier les systèmes. Milan est intenable balle au pied. Dieumerci est terriblement complet. Igor a le meilleur jeu de tête du pays. Alors, je ne vois pas ce que Sterchele aurait pu nous apporter. Il y a deux options. Soit ils continuent à progresser parce que les joueurs se connaissent de mieux en mieux. Soit ils craquent parce que leur football fait d'une multiplication de gros efforts physiques se retourne contre eux. Il arrivera forcément un moment où ils devront mieux gérer leur dépense d'énergie s'ils veulent rester frais. S'ils veulent gagner le championnat, ça va être chaud. Cette statistique ne m'intéresse pas. Il reste 11 finales : nous allons tout donner pour aller au bout, pour entrer dans l'histoire du Standard. C'est encore une mauvaise habitude dont je n'ai rien à faire. Dès que j'entre dans notre vestiaire, je vois un groupe qui reste parfaitement les pieds sur terre. Personne ne s'emballe, quoi qu'on en dise à Bruges. Nous pourrions planer sous prétexte que personne n'a encore réussi à nous battre en championnat et que nous serons donc nécessairement champions. Rien de tout cela. Même si j'imagine mal une équipe invaincue terminer à la deuxième place. Ce serait sans doute une première dans l'histoire du championnat de Belgique et je trouverais ça dommage. Je n'entends pas parler de primes ou de transferts. Nous sommes tous conscients que nous pouvons boucler en beauté une expérience merveilleuse et une seule chose trotte dans la tête des joueurs : le jeu. Dans chaque match, tout le monde est prêt à se mettre minable pour arriver à l'objectif suprême. C'est clair qu'ils marquent beaucoup sur coups francs. Ça ne me dérange pas mais ce n'est pas mon truc. Je préfère de loin un but construit. On a plus de chances de battre une équipe de haut niveau quand on est capable de bien faire circuler le ballon jusqu'au rectangle adverse. L'arme des phases arrêtées choisie par Bruges a ses limites. Tous les arbitres ne se laissent pas prendre par ses joueurs très malins qui se laissent tomber sans arrêt. Sterchele est toujours par terre. Sonck chute très facilement aussi. Idem pour Blondel qui se retrouve au sol avant d'avoir été touché. Ils font tellement de cinéma que beaucoup d'arbitres tombent dans le panneau. Mais dans notre match à Bruges, Serge Gumienny a vu clair et leur petit jeu n'a pas marché. par pierre danvoye - photos: reporters /buissin