Un gabarit pas vraiment taillé pour les duels qu'impose la Pro League autour du rond central, et une pointe de vitesse largement insuffisante pour les fuir au moment de recevoir le ballon. Il va sans dire que Xavier Mercier est un paradoxe. À tel point que c'est peut-être dans son mois le moins abouti depuis le début de saison qu'il parvient enfin à décrocher le titre de joueur du mois. Battu par le départ canon de Raphael Holzhauser en août, puis par le rythme infernal du Charleroi de Kaveh Rezaei en septembre, le maestro français s'est offert la distinction au bout de sa troisi...

Un gabarit pas vraiment taillé pour les duels qu'impose la Pro League autour du rond central, et une pointe de vitesse largement insuffisante pour les fuir au moment de recevoir le ballon. Il va sans dire que Xavier Mercier est un paradoxe. À tel point que c'est peut-être dans son mois le moins abouti depuis le début de saison qu'il parvient enfin à décrocher le titre de joueur du mois. Battu par le départ canon de Raphael Holzhauser en août, puis par le rythme infernal du Charleroi de Kaveh Rezaei en septembre, le maestro français s'est offert la distinction au bout de sa troisième nomination consécutive. Une particularité unique, signe d'une régularité jamais atteinte au cours de sa carrière. Affûté par les doubles doses d'entraînement quotidiennes instaurées par Marc Brys à Den Dreef, et sublimé par un football vertical et axial dont il est le chef d'orchestre, le meilleur passeur du championnat joue les meilleures partitions de sa carrière sous le maillot louvaniste. Décisif à chaque rencontre, entre un double assist face à Zulte Waregem, un but victorieux contre le champion brugeois et un ballon indirectement offert à Frédéric Duplus sur la pelouse d'Anderlecht, l'acolyte favori de Thomas Henry semble enfin sortir, à 31 ans, du relatif anonymat qui a accompagné sa carrière. À tel point qu'un soir de match dans le Pays Noir, quand il porte encore les couleurs de Courtrai, un scout venu de l'Hexagone surligne son nom sur la feuille de match au bout d'une montée au jeu décisive contre les Zèbres. L'oeil aiguisé arbore sur son téléphone une coque aux couleurs de Montpellier, le club formateur du Gardois, visiblement inconnu jusqu'aux terres qui ont accueilli ses premiers pas. La reconnaissance arrive au bout d'un second retour dans l'élite belge. Au palmarès du mois d'octobre, c'est surtout la régularité de Mercier qui lui a permis de faire la différence. La rédaction de Sport/Foot Magazine avait plébiscité d'une courte tête Lior Refaelov, auteur d'un début d'automne majuscule sous le maillot du Great Old. Quant aux lecteurs, ils ont décidé de récompenser en priorité l'éclosion spectaculaire d' Arthur Theate au sein de la défense du pétillant Ostende d' Alexander Blessin. Dauphin dans les deux moitiés du scrutin, Mercier a émergé pour justement couronner son début de saison exceptionnel. Sa récompense, c'est celle d'une certaine idée du football. Le sacre d'un numéro 10 dans un jeu qui va de plus en plus vite, au point de faire disparaître les créateurs au coeur du jeu. Libéré entre les lignes par les consignes de Marc Brys, Mercier pense plus vite que les autres pour compenser ses déficits physiques. Son oeil et son pied font le reste. Et ils le font plutôt bien.