1. On a l'impression que tu n'as jamais été aussi fort qu'aujourd'hui avec OHL. À 31 ans, tu ne te dis pas que tu as perdu beaucoup trop de temps plus jeune ?
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1. On a l'impression que tu n'as jamais été aussi fort qu'aujourd'hui avec OHL. À 31 ans, tu ne te dis pas que tu as perdu beaucoup trop de temps plus jeune ? La vérité, c'est qu'on ne m'a jamais vraiment fait confiance en France, ce qui explique en partie que j'ai pris beaucoup de retard. Il faut aussi avouer que j'ai mûri plus tard que les autres. Et puis, à Montpellier, où j'ai été formé, il y avait une grosse génération 1990 derrière moi. Rémy Cabella, Younès Belhanda, Benjamin Stambouli prenaient beaucoup de place à l'époque... Bon, il faut être honnête, j'ai également un peu profité de la vie dans mes jeunes années. Une forme de compensation par rapport aux années d'adolescence et de frustrations passées en centre de formation. 2. En 2009, tu quittes le sud de la France pour rejoindre Lesquin, dans le Nord, près de Lille. En cinquième division ! À vingt ans, tu pensais que le football professionnel, c'était fini pour toi ? Oui, clairement. Pour moi, le foot, c'était derrière moi. Quand je débarque à Lesquin, c'est pour me faire plaisir. D'ailleurs, à l'époque, je voulais commencer à bosser dans la vie civile. Le président du club m'avait même proposé de commencer comme homme à tout faire dans son hôtel. Puis finalement, je me fais repérer par Guingamp et l'histoire redémarre. 3. Tu arrives en Belgique, à Courtrai, en 2015. Tu t'es tout de suite senti pris au sérieux chez nous ? Non, pas du tout. Quand je suis arrivé, Johan Walem m'a demandé à quel poste je jouais. Il ne me connaissait pas. Heureusement, je mets un but et un assist pour mon premier match. Peu après, Karim ( Belhocine, ndlr) est arrivé. On a travaillé un an et demi ensemble. Sur le plan humain, ça a tout de suite collé entre nous, mais nous n'avions pas la même approche du football. Moi, j'ai besoin de confiance pour avancer. J'aime bien qu'on me définisse comme un numéro 10 à l'ancienne, par exemple, qu'on me laisse une certaine liberté, aussi. Ce que Marc Brys m'offre aujourd'hui à OHL, je ne l'avais pas à Courtrai. 4. À bien y regarder, on peut légitimement se poser la question : qu'est-ce qu'une équipe comme OHL a de moins aujourd'hui que le Sporting de Charleroi, l'actuel leader du classement ? L'expérience déjà, ça c'est certain. On a déjà pu le constater sur certains matches. Contre eux, notamment. Et huit points de moins, du coup. Par contre, je pense que qualitativement, on n'a pas grand-chose à leur envier, d'autant que les blessés vont petit à petit revenir. Si on jette un oeil sur nos matches, on en fait cinq très bons sur sept. C'est bien, mais on peut encore augmenter le rendement. Le coach aimerait par exemple qu'on monopolise encore un peu plus le ballon, on a les qualités pour le faire. Après, notre avantage par rapport à d'autres équipes, c'est qu'on n'a pas d'objectif, pas de pression et qu'on joue pour se faire plaisir. Jouer libéré, c'est la clé. Et jusqu'ici, ça nous réussit pas mal. 5. Depuis le début de saison, tu étonnes à chaque match. Est-ce qu'à 31 ans, et accessoirement à quelques jours de la fin du mercato, tu rêves encore de rejoindre un grand club ? Je pense qu'il ne faut pas se donner de limites. Jamais. Mais je ne me prends pas la tête avec ça. Ce que je peux vous dire, c'est que jusqu'ici, le téléphone n'a pas encore sonné. Si ça devait arriver, je serais à l'écoute. Mais à choisir, je privilégierais un grand club belge à un club moyen en Ligue 1. J'aime bien votre pays et je suis bien ici. Et très bien à OHL.