LES FLANCS, LEUR VERTICALITÉ...

Wolfsburg est une équipe qui cherche la verticalité dès la récupération du ballon, certainement lorsque les flancs sont exploités. Ricardo Rodriguez, l'excellent latéral gauche, n'hésite jamais à arpenter son couloir.
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Wolfsburg est une équipe qui cherche la verticalité dès la récupération du ballon, certainement lorsque les flancs sont exploités. Ricardo Rodriguez, l'excellent latéral gauche, n'hésite jamais à arpenter son couloir. Il cherche constamment les décrochages de Max Kruse dans la zone du latéral droit adverse. Julian Draxler peut trouver de l'espace libre à l'intérieur et ponctuer le jeu en triangle grâce à son passing pour permettre au Suisse de prendre la profondeur. La qualité de centre de Rodriguez et le nombre important de joueurs dans les seize mètres créent la menace. Sebastian Jung reproduit le même type d'action à droite avec Vieirinha, même s'il est moins puissant que Rodriguez. Le latéral côté opposé accompagne les actions comme un ailier et laisse le seul Luiz Gustavo compenser les sorties de ses latéraux et assurer les couvertures devant Naldo et Dante. Cette approche démontre à quel point l'équipe est à la fois énergique et généreuse. Cette volonté de trouver la profondeur immédiatement amène une prise de risques importante. Le passing doit être précis et bien dosé mais, surtout, les projections de la plupart des joueurs de l'entrejeu amènent beaucoup de joueurs devant le ballon en cas de récupération immédiate de l'adversaire. Ces sorties offensives étirent les lignes et créent de l'espace exploitable entre le milieu et la défense et, surtout, dans le dos du quatre arrière. Moins doué que Rodriguez pour se sortir du pressing, Jung créera à ses dépens des possibilités de transitions s'il est ciblé par Gand de manière agressive. La charnière centrale n'est pas assez véloce pour contrer des avants qui attaquent la profondeur. Naldo (suspendu à l'aller) et Dante détestent les situations de un-contre-un et sont mal à l'aise face à un joueur lancé. Ils suivent de très près les décrochages des attaquants quand le bloc est constitué pour les empêcher de se retourner, parfois jusqu'à la limite de la faute vicieuse. Coups francs latéraux et corners sont systématiquement frappés " rentrants " par Vieirinha et Rodriguez, qui possèdent une remarquable qualité de centre. Dante, Naldo ou Joshua Guilavogui (blessé et remplacé par Christian Träsch) sont un danger perpétuel et occupent les endroits-clés de la zone de vérité. Les Gantois devront donc éviter les fautes aux abords du rectangle. Une fois concédées, Matz Sels devra maintenir sa défense loin de sa ligne de but pour s'offrir l'espace de confort pour s'imposer. Une nouvelle fois, Dieter Hecking met toutes les chances de son côté : Draxler, André Schürrle et Vieirinha sont disposés très haut pour exploiter la profondeur sur le deuxième ballon. N'étant pas des récupérateurs par nature, ils se jettent parfois naïvement sur le porteur et sont trop facilement éliminés, laissant Jung (resté comme dernier homme) seul face aux attaquants adverses. Il est certain qu'Hein Vanhaezebrouck tentera de profiter de cette faille dans l'organisation allemande sur les phases arrêtées. La première partie de saison des Allemands n'est pas à la hauteur de leur brillante dernière campagne. Les départs d'Ivan Perisic, mais surtout de Kevin De Bruyne, qui était le maître à jouer de l'équipe, devaient être compensés par les arrivées de Schürrle et Draxler, plutôt décevants jusqu'ici. Draxler a régulièrement été exporté sur le flanc gauche et n'a pas encore réussi à trouver les combinaisons dont il avait le secret au coeur du jeu, à Schalke. En pleine possession de ses moyens, son intelligence de jeu dans ses déplacements sans ballon et sa qualité pour créer des décalages dans les combinaisons en font un joueur redoutable. Quant à Schürrle, ses courses profondes sont un danger permanent en contre-attaque mais il manque de lucidité à la conclusion des actions et semble avoir du mal à assumer son statut de moteur offensif, différent de son rôle de super-sub à Chelsea. Les compositions et les modules de Dieter Hecking varient souvent. Cela rend la partie difficile à préparer pour l'adversaire, mais témoigne également d'une quête pas encore accomplie d'un bon équilibre. La blessure de Bas Dost, n°9 traditionnel très juste dans ses remises, prive l'équipe de sa dernière " référence " offensive par rapport à l'an dernier. Ce n'est pas un hasard si Klaus Allofs a tellement insisté pour attirer un attaquant lors du dernier mercato, voyant finalement son offre de 25 millions pour Manolo Gabbiadini refusée par Naples. Face à une équipe en pleine période de doute, à l'image de Valence ou de Lyon lors de la phase de poules, les Gantois ne partent certainement pas battus d'avance et pourront se complaire dans leur rôle d'outsider pour une nouvelle fois créer la surprise. Si les adversaires des Loups ont souvent abandonné la possession pour mieux contrer, la philosophie de Vanhaezebrouck (qui refuse de s'adapter) promet un affrontement spectaculaire et ouvert. S'ils ne se montrent pas naïfs dans leur approche de la rencontre, les Buffalos ont une carte à jouer. PAR ALEX TEKLAKLes compos varient souvent, témoignant d'une recherche toujours en cours d'un juste équilibre.