gardien

Au Standard, j'ai surtout joué avec Christian Piot qui a définitivement pris la succession de Jean Nicolay à la fin de la saison 1968-1969. Et c'est tout simplement le meilleur gardien de but de son époque. Son talent était reconnu tant en Belgique que sur la scène européenne. En plus d'être un homme d'une grande correction, c'était un portier exemplaire. Il dégageait toujours une impression de sérénité, de calme, de force tranquille. Christian, c'était une caisse avec des mains qui impressionnaient ses entraîneurs et surtout Raymond Goethals, alors coach des Diables Rouges. Il n'était quasiment pas question qu'un autre joue à sa place. Même sur une jambe, Christian était le meilleur pour le Sorcier bruxellois. Sa frappe n'était pas le moindre de ses atouts. Piot a transformé pas mal de penalties. C'était un gardien de but complet et il est dommage que des blessures et des opérations aient précipité la fin de sa carrière. Christian n'avait...

Au Standard, j'ai surtout joué avec Christian Piot qui a définitivement pris la succession de Jean Nicolay à la fin de la saison 1968-1969. Et c'est tout simplement le meilleur gardien de but de son époque. Son talent était reconnu tant en Belgique que sur la scène européenne. En plus d'être un homme d'une grande correction, c'était un portier exemplaire. Il dégageait toujours une impression de sérénité, de calme, de force tranquille. Christian, c'était une caisse avec des mains qui impressionnaient ses entraîneurs et surtout Raymond Goethals, alors coach des Diables Rouges. Il n'était quasiment pas question qu'un autre joue à sa place. Même sur une jambe, Christian était le meilleur pour le Sorcier bruxellois. Sa frappe n'était pas le moindre de ses atouts. Piot a transformé pas mal de penalties. C'était un gardien de but complet et il est dommage que des blessures et des opérations aient précipité la fin de sa carrière. Christian n'avait que 31 ans quand il raccrocha ses gants. Là, franchement, le Standard était paré sur toute la ligne. Nos adversaires devinaient à l'avance qu'ils ne passeraient pas. Jacky Beurlet et Jeannot Thissen fermaient tout sur les ailes. Le premier couvrait Léon Semmeling qui pouvait prononcer ses efforts offensifs sans se faire de souci. Jacky bouclait parfaitement son flanc. A gauche, c'était différent. Thissen était impassable aussi mais il adorait mettre le nez à la fenêtre. Quand il démarrait, on ne l'arrêtait pas facilement. Et, de plus, Thissen révéla de magnifiques qualités techniques. Sa frappe, c'était quelque chose. C'était un ancien attaquant, tout comme Eric Gerets, que j'ai connu comme avant-centre au Standard avant que Vlatko Markovic ne l'installe au back droit. Léon Jeck était le prototype du stopper idéal des années 60 et 70. Quand il avait les clefs de la prison, personne n'échappait à ce geôlier solide comme le roc. Nicolas Dewalque apportait un plus technique, de l'élégance et de la classe à une défense unique en son genre. Le Standard version René Hauss évoluait généralement en 4-3-3. J'ai été acquis à l'Antwerp en 1968. Mon transfert fit du bruit et l'arrivée la même année d' Henri Depireux, du FC Liégeois, aussi. Henri jouait en soutien des attaquants. Le King disposait d'une technique 24 carats. Je dispatchais le jeu et j'avais la chance d'avoir dans mon secteur un élément comme Louis Pilot. Dans l'expression de ses ambitions, notre sympathique Luxembourgeois était assez comparable à Sérgio Conceiçao. Pour lui, il n'y avait qu'une chose qui importait : gagner. Avec lui, il y avait toujours un paratonnerre devant notre défense. Nous nous trouvions les yeux fermés. Louis s'avançait parfois pour percuter et je reculais automatiquement d'un cran. Je préférais l'avoir dans mon camp que dans l'équipe adverse. Il a donné récemment le coup d'envoi d'un match à Sclessin. Si je l'avais su, je me serais précipité là-bas pour le revoir. L'équipe des trois titres était bien organisée mais c'était surtout une bande d'amis. A droite, Léon Semmeling a longtemps occupé une position de la plus haute importance stratégique. En plus de sa technique et de sa mobilité, cet extérieur droit était très malin. Ce numéro 7 ravitaillait intelligemment les buteurs, avait l'art, plus que personne, de pousser l'adversaire à la faute dans le grand rectangle ou à une distance intéressante pour les frappeurs du groupe. Il y a eu plus de changements à gauche où, au fil des années, on a retrouvé des joueurs comme Sylvestre Takac, Ludo Cvetler, Krasnodar Rora, Roger Henrotay, etc. En pointe, il y a eu le phénomène Erwin Kostedde. L'Allemand était un hyper doué, un attaquant qui n'était jamais en difficulté balle au pied. Tout était élégant et coulait de source avec ce joueur qui ferait fureur actuellement. Kostedde relança sa carrière au Standard. Il savait reculer, garder un ballon en attendant la montée des médians. Erwin pouvait aussi forcer la différence tout seul. Milan Galic et Jean-Paul Colonval appréciaient de jouer avec lui aux approches de la zone de vérité. Au Standard, j'ai surtout travaillé sous les ordres d'un grand entraîneur français : René Hauss. Il avait à peine 39 ans au moment de découvrir Sclessin. Deux ans plus tôt, il avait encore gagné la Coupe de France avec Strasbourg. Hauss, que nous avons surnommé le Chef, est venu avec de nouvelles idées : isométrie, gros travail tactique, étude des atouts adverses, mise au point de stratégies pour déjouer le piège du hors-jeu cher aux Anderlechtois... Un jour, Léon Jeck arriva de loin pour marquer l'unique but du match contre les Bruxellois. Nous avons vécu des moments fabuleux : trois titres, des succès contre Anderlecht, une splendide victoire (2-3) au Real Madrid en Coupe des Champions en 1969. Hauss était très fort. Je le trouvais parfois trop bavard mais c'est typiquement français, probablement. Il analysait parfaitement le potentiel de ses joueurs. Mais si le Standard dominait son sujet, c'était aussi grâce au travail de son formidable préparateur physique : Maurice Lempereur.