" En 1964, c'est un gaucher exceptionnel qui a empoché le Soulier d'Or : Wilfried Puis. Je le range parmi les plus grands extérieurs que j'ai affrontés : Gento, MarioCorso, Coen Moulijn, etc. Le Puzze, surnom qui lui avait été donné par Jef Jurion, avait une façon extraordinaire de crocheter doublement son adversaire : un intérieur suivi par un extérieur du pied imparable. Après, il filait sur sa ligne avant d'adresser des ballons à nos attaquants. Que ce s...

" En 1964, c'est un gaucher exceptionnel qui a empoché le Soulier d'Or : Wilfried Puis. Je le range parmi les plus grands extérieurs que j'ai affrontés : Gento, MarioCorso, Coen Moulijn, etc. Le Puzze, surnom qui lui avait été donné par Jef Jurion, avait une façon extraordinaire de crocheter doublement son adversaire : un intérieur suivi par un extérieur du pied imparable. Après, il filait sur sa ligne avant d'adresser des ballons à nos attaquants. Que ce soit au premier ou au deuxième montant, c'était du caviar. J'ai joué des années avec lui et j'aurais pu compter les mauvais centres sur une seule main. S'il avait un pied gauche de rêve, le droit ne servait à rien. On dit qu'il n'a marqué qu'un but de son mauvais pied. Le Puzze, on l'appelait aussi le Chinois car il avait un visage aux traits un peu asiatiques. Wilfried avait été recruté au VG Ostende alors que Laurent Verbiest venait de l'AS Ostende. C'était un taiseux. Il était le boy du charismatique Lorenzo. Le Gento belge n'était pas à l'aise dans l'univers mauve. S'il avait été un peu extraverti, il aurait gagné plus d'un Soulier d'Or et totalisé plus de 49 caps (8 buts) en équipe nationale, ce qui n'était déjà pas mal. Il aurait pu briller dans n'importe quel grand club étranger. Quand on lui a remis le Soulier d'Or, ce fut dans une certaine indifférence. C'était avant un match contre Saint-Trond et il neigeait. Le temps n'était pas à la fête pour l'occasion. Il y a eu une réception après le match mais Puis n'y vit pas grand monde. Les gens songeaient plus à se réchauffer et à rentrer chez eux. Je sais que ça le peina mais sa discrétion jouait contre lui. Sa jeunesse ne fut pas drôle et cela peut expliquer son caractère. Né le 18 février 1943, il n'a pas connu son père et son beau-père ne lui a pas facilité la vie. Il s'est opposé à son mariage avec Micheline. Wilfried et sa future épouse se sont alors envolés pour Gretna Green, en Ecosse, où ils ont convolés en justes noces. Après 10 ans de bons services (6 titres, une Coupe de Belgique), il est passé au Club Bruges en échange de Robbie Rensenbrink. Epuisé par une jaunisse, Puis n'y est resté qu'un an avant de signer à Lokeren où il fut encore international. A la côte, il gérait un magasin de sports avec son épouse. Il a encore joué à l'AS Ostende et à Coxyde. Quinze ans après Verbiest, tué dans un accident de la route, Puis a été emporté en 1981 par un cancer foudroyant. Il avait 38 ans. Quand je suis à la mer, je pense souvent à ces deux amis qui nous ont tant apporté. Tous deux ont connu une fin tragique. "né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing).propos recueillis par pierre bilic