Le choc du dernier Man. United-Arsenal, c'est le score de 8-2 mais aussi l'aveuglante évidence des contrastes révélés par ceux qui débutent dans l'ombre, sur le banc. Sur celui de Manchester, on trouve : Park, Giggs, Chicharito, Fabio, Ferdinand, Berbatov, Lindegaard. Sur celui d'Arsenal : Chamberlain, Lansburry, Chamakh, Miquel, Fabianski, Ozyakup, Sunu. Vous voyez où il est, le blème !
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Le choc du dernier Man. United-Arsenal, c'est le score de 8-2 mais aussi l'aveuglante évidence des contrastes révélés par ceux qui débutent dans l'ombre, sur le banc. Sur celui de Manchester, on trouve : Park, Giggs, Chicharito, Fabio, Ferdinand, Berbatov, Lindegaard. Sur celui d'Arsenal : Chamberlain, Lansburry, Chamakh, Miquel, Fabianski, Ozyakup, Sunu. Vous voyez où il est, le blème ! 3.000 matches d'expérience de très haut niveau d'un côté, quelques dizaines de l'autre. Des certitudes face à des promesses. Du certain contre du peut-être. Le Who's Who ? du foot européen d'un côté, les Who's He ? de l'autre. Et là, la question que toute l'Angleterre se posait le 1er octobre 1996 nous revient en tête. Vous vous rappelez ? Ce fameux : " Arsène who ? " en première page des tabloïds. Arsène qui ? Maintenant tout le monde le connaît, le respecte mais presque tout le monde se pose une autre question. Who ? pour le remplacer à Arsenal. Arsène est dans sa 16e saison à la Baby Academy. Dans le landau, il a déposé sept trophées (trois titres et quatre FA Cups). Balaise, génial, respect. Mais les vautours préfèrent dépecer la dépouille des illusions perdues. Car Arsène prend aussi des allures de Poulidor. On n'hésite pas à lui chercher des poux car Wenger à Arsenal, c'est aussi 10 places de deuxième... Cinq en championnat, une en FA Cup, deux en Coupe de la League, une en coupe de l'UEFA, une en Ligue des Champions. Presque à chaque fois, ça s'est joué à peu de choses, à un grand gardien, à un noyau plus riche non pas en talent mais en efficacité, en balaises déménageurs qui permettent aux ballerines de vriller vers le haut. Cela dit, emmener les Gunners si haut, fallait quand même le faire. Mais les temps changent. Les gens et les devises aussi. Ce match à United est un gros révélateur. Déjà que sa première défaite à la tête d'Arsenal, c'était à Old Trafford, il y a... 845 matches exactement. Malgré tout, à l'époque, il rivalisait avec l'ogre mancunien. Sur ses 12 premiers duels avec Sir Alex : 6 victoires. Depuis, seulement 4 victoires en 18 matches. Cruelle vérité des chiffres. Tout le rappelle. Dans le vol vers Udine pour la coupe d'Europe, l'équipe découvre le magazine de la compagnie aérienne avec... Tony Adams en couverture. Le stopper était le capitaine des débuts de Wenger à Arsenal, de la période dorée, de la lune de miel. L'ex-alcolo y révèle : " Arsène est un être humain délicieux. Mais comme coach, ce n'est pas un grand motivateur ". Pendant des années, y a pas eu besoin. Y avait Titi Henry, Pat Vieira, Manu Petit, Killer Keown, Dédé Bergkamp. De sacrés Tontons Flingueurs qui explosaient tout. Façon puzzle. Du muscle surtout dans les têtes, du vrai filet pur. Y avait qu'à mettre en place et laisser faire. Maintenant, la trop grande maîtrise d'Arsène devient une tare. Tout à coup, on se rappelle que de maîtrise, Arsène en possède, aussi, une autre. En sciences économiques et gestion. Arsenal a plein de pognon dans les poches mais plein de doutes dans les shorts. Bref, son crédit que l'on pensait inépuisable se fait un peu court... comme la mémoire. Car en 564 matches de Premiership, Wenger n'a connu que 94 défaites. Il doit rester à la tête des Gunners. Wenger a entretenu notre flamme, notre foi en Dieu foot quand quasi tout le monde vénérait le Dieu résultat. Il doit rester mais changer. Lâche-toi Arsène, remets ton costard patte d'ef, ta chemise rouge, joue-la Travolta. Grise-toi ! Flambe un peu. Claque le pognon. Achète un ou deux bûcherons. Tu feras du petit bois avec le mélange indispensable pour entretenir la flamme. Pour qu'elle arrête de t'aveugler et t'éclaire à nouveau. Pour que, de ces cendres, tu renaisses. PAR FRÉDÉRIC WASEIGE, JOURNALISTE VOO FOOT - BE TVEn 564 matches de Premiership, Wenger n'a connu que 94 défaites." J'irais jusqu'à cogner mon frère s'il le fallait. C'est ça être un prof. " Steve McMahon (ex-footballeur anglais)