Graham Stack(21 ans): "Je suis anglais mais j'ai des racines irlandaises. Mes grands-parents paternels viennent d'Irlande, ma mère est irlandaise et mes soeurs sont nées là-bas. La majorité de la famille vient d'Irlande. Nous sommes originaires de Galway, dans le sud du pays. Il n'y avait pas beaucoup de travail là-bas. C'est pour ça que mes parents ont émigré à Londres, où je suis né.
...

Graham Stack(21 ans): "Je suis anglais mais j'ai des racines irlandaises. Mes grands-parents paternels viennent d'Irlande, ma mère est irlandaise et mes soeurs sont nées là-bas. La majorité de la famille vient d'Irlande. Nous sommes originaires de Galway, dans le sud du pays. Il n'y avait pas beaucoup de travail là-bas. C'est pour ça que mes parents ont émigré à Londres, où je suis né. Mon père et mamère sont devenus des publicans, des tenanciers de pub. Un café typiquement britannique, tout près de Twickenham, home of rugby. Le jour des matches, l'ambiance est formidable. On n'a jamais de problèmes avec les supporters. Les amateurs de rugby n'émargent pas vraiment à l'upper class, mais ils aiment le jeu et ce qui l'entoure. Pendant le tournoi des Six Nations, il est important de fraterniser avec les supporters adverses. Les supporters de football sont beaucoup plus extrêmes. Dès qu'ils ont bu, ils deviennent agressifs. A l'âge de huit ans, je suis retourné en Irlande avec ma famille mais mon père n'a pas trouvé de travail et, après 16 mois, nous étions de retour à Londres. J'avais de bonnes notes à l'école. J'ai obtenu mes A-levels au terme de la scolarité obligatoire, à 16 ans. On les obtient dans un collège. Ensuite, la plupart des jeunes poursuivent des études universitaires. J'ai étudié les sciences du sport mais je n'ai jamais eu l'intention de les terminer. Mon avenir, c'est le football. Un cousin joue pour QPR et mon père a été lui-même un excellent footballeur. Mais, à 19 ans, lors d'une bagarre, il est passé à travers une porte vitrée et a reçu quatre coups de couteau. Il a perdu un bras et pourtant il peut s'estimer heureux d'avoir survécu. Il a projeté ses rêves en moi et m'a soutenu. Mes parents ont suivi tous mes matches, parfois même au nord de l'Angleterre". "Les Anglais s'y prennent mal avec leurs gardiens""A neuf ans, j'ai été visionné par Arsenal, lors d'un match disputé pour mon county. En Angleterre, tout dépend de l'école où vous êtes inscrit. Vous jouez d'abord pour l'équipe scolaire puis les meilleurs se produisent pour le borough, soit la ville ou le district électoral, puis pour le county, soit le championnat entre les comtés. Au-delà, il y a la sélection d'Angleterre du sud, qui affronte celle du nord. Votre nationalité ne joue aucun rôle. Tout le monde peut participer. Arsenal m'a repéré et a demandé un entretien. J'ai expliqué que je voulais devenir gardien mais le club me voyait plutôt au centre de la défense. Nous avons trouvé un compromis: je pouvais jouer un mois dans le but puis un mois en défense. Bob Wilson - NDLA: ex-BBC, maintenant à ITV, ancien keeper et entraîneur des gardiens à Arsenal - a pris la décision finale. J'ai travaillé avec lui pendant six ans. C'est un homme formidable. Longtemps, je me suis senti davantage anglais qu'irlandais. A part mes origines, je n'avais rien à quoi me raccrocher, puis j'ai été sélectionné en Espoirs contre l'Allemagne et l'Autriche. éa a tout changé. J'avais été près d'une sélection en Angleterre à plusieurs reprises mais je n'étais qu'un second choix et, honnêtement, ça me frustrait. Je suis devenu un supporter acharné de l'Irlande. Et un fan du Celtic. Je rêve de défendre son but contre les Rangers.La formation des gardiens est excellente en Angleterre, vraiment. David Seaman m'a appris beaucoup plus que n'importe quel entraîneur. On a grossi ses fautes car il les a commises dans de grands matches. Les gens s'en souviennent donc, mais la critique est injustifiée: techniquement, c'est un des meilleurs gardiens. Mon favori de tous les temps est Peter Schmeichel. Il sait montrer qui est le patron et, à Manchester United, gagnait au moins quatre matches par saison. Le talent ne manque pas mais il atteint difficilement l'équipe fanion: en Premier League, il n'y a que quatre gardiens anglais. C'est frustrant car les étrangers sont rarement meilleurs. Mais la patience est une vertu inconnue, là-bas. Ce qui s'est passé à Liverpool avec Sander Westerveld et maintenant avec Jerzy Dudek n'est pas normal. Westerveld a remporté cinq trophées en une seule saison avec Liverpool. Cela aurait été impossible pour un mauvais gardien. Sa nouvelle équipe, la Real Sociedad, est leader en Espagne. éa prouve qu'il est vraiment bon. Pourtant, en l'espace d'un été, Westerveld est passé du poste de titulaire à celui de quatrième gardien dans le noyau de Liverpool. Je voudrais bien qu'on m'explique ça". "J'ai été disc-jockey dans des bars""J'ai parlé de la Belgique avec John O'Shea, qui a joué à l'Antwerp la saison passée et qui est maintenant dans l'équipe de Manchester United. La tâche d'un défenseur est très différente ici. Par exemple, le contact physique est interdit, sauf lors de Bruges-Anderlecht (il rigole). Liam Chilvers a débuté contre St-Trond et a pris une carte rouge après une demi-heure. C'était la première de sa carrière. Je viens d'une équipe qui a pratiquement tout gagné et où un gardien n'est guère sous pression. Il faut intercepter deux ou trois ballons par match et on mène souvent par deux ou trois buts d'écart. Ici, un but coûte des points, il faut préserver le nul, gagner des points pour votre équipe. éa implique une tout autre mentalité. Nous avons vécu des moments difficiles. J'étais un des quatre gardiens du noyau mais j'ai entamé la saison comme titulaire au terme d'une préparation assez lourde. Une fracture d'un orteil m'a fait perdre ma place. J'ai dû consacrer énormément d'énergie à ma lutte contre Revel, car je voulais absolument redevenir numéro 1. Pendant quelques semaines, l'équipe n'a pas pris de points et vous ne pouvez pas imaginer ce que ça fait à une jeune équipe comme la nôtre. Contre le Standard, j'ai commis une faute sur le premier but. J'en ai été malade pendant des jours mais à part ça, je me sens très bien ici. Le groupe est bien soudé. Nous allons manger ensemble, nous sortons en groupe, aussi. L'ambiance s'est améliorée et nous prenons des points. Ce qui m'a paru étrange mais qui est désormais révolu, c'est qu'en perte de balle, les joueurs restaient immobiles. En Angleterre, tout le monde réagit en perte de balle. C'est ce qui imprime ce rythme effréné à nos matches. Ici, on se repliait, sans réagir, surtout dans le chef des Africains. Ils sont brillants en possession du ballon. Depuis, ils ont appris à faire leur boulot en perte de balle aussi. C'est pour ça que nous sommes plus difficiles à battre.On m'a dit que l'année dernière, le respect et l'intégration avaient causé de gros problèmes. Je trouve ça logique. Je peux capter la BBC, mon amie me rend régulièrement visite et pourtant, la transition a été difficile. Il m'a fallu deux mois pour m'adapter. Alors, que doivent vivre les Africains? Ma contribution à l'esprit de groupe, c'est la musique. A Londres, j'ai été disc-jockey dans des bars - mais seulement après les matches... Ici, le vestiaire était vraiment triste et j'ai demandé la permission d'amener une stéréo. éa nous aide à nous déstresser. Chill out. Parfois, notre capitaine, Davy Theunis, demande qu'on baisse le son. Davy est inestimable, sur le terrain comme en dehors". "J'ai un avenir à Arsenal"C'est la difficulté qu'il y a à émerger en équipe fanion qui m'a incité à rejoindre Beveren. C'est un peu Catch 22 : les clubs veulent des trophées et ont donc besoin de gardiens expérimentés. Leurs jeunes n'ont pas de planches, puisqu'ils enrôlent sans cesse des étrangers. Je reste philosophe: si on a du talent et qu'on travaille dur, on finit par y arriver, même si le concurrent a coûté très cher et qu'on veut rentabiliser son transfert. Je comprends qu'il ne soit pas facile d'écarter un joueur qui a coûté neuf millions d'euros et qui en gagne 60.000 par semaine. Cet été, j'ai eu une conversation avec Arsène Wenger. Il m'a certifié que j'avais un avenir à Arsenal, que je pouvais signer un nouveau contrat de deux ans mais que je devrais jouer ailleurs pour évoluer. Plus en Réserve, à un niveau supérieur, avec plus de pression, devant des spectateurs. J'avais le choix entre plusieurs clubs anglais de D2 et de D3 mais j'ai préféré Beveren et le défi qu'il m'offrait. Rester assis dans mon coin à attendre qu'on verse mon salaire, ce n'est pas mon truc. C'est trop facile. En fin de compte, nous sommes trois à avoir franchi le pas, ce qui nous a facilité la vie. John Halls est blessé et reviendra après la trêve. Liam Chilvers est un défenseur central. Il est en forme mais n'arrive pas à s'imposer. Je ne comprends pas pourquoi. Bon, c'est l'entraîneur qui décide. Sur papier, nous devrions être les meilleurs joueurs du noyau mais ça entraîne évidemment un surcroît de pression. Les gens savent que nous venons d'Arsenal, que nous sommes des espoirs. Sinon, ce club ne nous aurait pas enrôlés : Arsène Wenger n'est pas fou. En principe, je ne suis à Beveren que pour une saison. Seaman est en fin de contrat, Manninger et Wright sont partis.Wenger pense que j'ai un avenir dans son équipe et il me dirige. Peut-être aurai-je besoin de plus d'expérience encore et devrai-je encore jouer une saison ailleurs. Mais je verrai ça bientôt avec Monsieur Wenger". Peter T'Kint"Je rêve de défendre le but du Celtic contre les Rangers""Pfaff m'a donné son numéro. Je peux lui téléphoner quand je veux"