La fin de carrière de George Weah (35 ans) n'est manifestement pas des plus tranquilles. Depuis qu'il a quitté le Milan AC, le joueur du Liberia n'est plus jamais parvenu à atteindre un niveau de jeu convenable. A sa décharge, il n'a pas toujours été aidé par ses entraîneurs et évoluer dans un contexte aussi houleux que celui de Marseille - son dernier club - n'est pas facile.
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La fin de carrière de George Weah (35 ans) n'est manifestement pas des plus tranquilles. Depuis qu'il a quitté le Milan AC, le joueur du Liberia n'est plus jamais parvenu à atteindre un niveau de jeu convenable. A sa décharge, il n'a pas toujours été aidé par ses entraîneurs et évoluer dans un contexte aussi houleux que celui de Marseille - son dernier club - n'est pas facile. Puisqu'il n'avait pas beaucoup de chance avec ses clubs successifs, le Ballon d'Or 95 avait décidé de se payer une tranche de plaisir avec son équipe nationale. Depuis toujours, le grand George a multiplié les initiatives pour essayer que son pays ait une équipe représentative. Car dans cet état, sans cesse en plein marasme, on investit plus facilement dans les armes que dans le matériel sportif. D'ailleurs lorsqu'il signait un contrat avec un équipementier, George insistait pour que celui-ci mette du matériel, pas forcément de première main, à la disposition des jeunes de son pays. Comme il multipliait les initiatives, notamment en négociant avec les fabricants de produits pharmaceutiques, il était carrément considéré comme un dieu dans son pays. George Weah était non seulement le meilleur joueur de son équipe nationale mais également le sponsor puisqu'il amenait les fonds pour que les joueurs puissent effectuer un stage et surtout les déplacements. "C'est tout ce que je peux faire car nous ne participerons jamais à une Coupe du Monde", disait-il régulièrement. Et voilà que George Weah décide de devenir joueur-entraîneur de son équipe nationale. Et miracle, voilà qu'elle commence à gagner des matches et encore des matches. La qualification pour la Coupe du Monde 2002 n'est pas un mirage d'autant que le Nigeria ne se montre pas aussi dominateur que dans un passé récent. Le Liberia occupe la tête de son groupe et une victoire à Monrovia contre le Ghana est quasiment synonyme de qualification. Mais, le 1er juillet, les Weah boys ratent le rendez-vous le plus important de leur histoire. Catastrophe, ils perdent face au Ghana et doivent laisser la première place, la seule qualificative, au Nigeria. La déception est grande. Le public s'en prend à son joueur fétiche. Il l'insulte lourdement. Houspille sa mère. Selon son manager, Adrian Hoff, George Weah a quitté le stade en larmes. Le soir, il annonce qu'il va démissionner après le dernier match face à la Sierra Leone. Evidemment, tous les supporters ne sont pas des ingrats et ils étaient nombreux le lendemain à se réunir devant le domicile de George et à le supplier de revoir sa position. Mais lors d'une conférence de presse, il s'est montré très clair: "Je ne veux plus faire partie de l'équipe parce que des fans ont insulté ma mère. J'ai mené cette équipe de nulle part à quelque part et la conséquence ne devrait pas être que ma mère soit insultée". Mais comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, Fred Osam-Duodu, l'entraîneur du Ghana, a déclaré que Weah aurait tenté de corrompre trois de ses joueurs, le gardien James Nanor et les défenseurs Princeton Owusu-Ansah et Koffi Amaoko. A dix minutes da la fin de la rencontre, il leur aurait promis à chacun quelque 225.000 francs pour laisser le Liberia marquer deux buts, le Ghana menant par deux buts à un (score final).