Jeudi dernier, une semaine après qu'une délégation du FC Malines eut discuté avec Anderlecht d'un éventuel transfert d'Ivan Obradovic au Parc Astrid, Johan Timmermans gonflait les pectoraux. " Deux millions d'euros pour Obradovic, c'est bien trop peu ", disait le président malinois. Il estime qu'un transfert, que ce soit à Anderlecht ou ailleurs, doit battre le montant record malinois des dix dernières années.
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Jeudi dernier, une semaine après qu'une délégation du FC Malines eut discuté avec Anderlecht d'un éventuel transfert d'Ivan Obradovic au Parc Astrid, Johan Timmermans gonflait les pectoraux. " Deux millions d'euros pour Obradovic, c'est bien trop peu ", disait le président malinois. Il estime qu'un transfert, que ce soit à Anderlecht ou ailleurs, doit battre le montant record malinois des dix dernières années. Ce n'est pas la première fois qu'Obradovic est bien coté. Cela avait déjà été le cas à l'époque où l'arrière gauche serbe avait quitté le Partizan Belgrade, à l'âge de 21 ans. En août 2009, il comptait déjà quelques sélections en équipe nationale serbe, ce qui lui avait valu d'être courtisé par de nombreux clubs européens. Etonnamment, l'arrière gauche avait opté pour le Real Saragosse, qui venait de rejoindre la Primera División espagnole. Certaines sources affirment que Saragosse a payé trois millions d'euros pour s'offrir les services de l'arrière gauche. D'autres parlent de six millions. " C'est confidentiel, je ne peux pas vous révéler le montant ", dit Pedro Herrera qui, à l'époque, était directeur sportif du club espagnol. Le 22 avril 2007, l'histoire d'Obradovic prenait son envol : il était repris en équipe première lors d'un match de championnat face à Vojvodina. Il avait alors 18 ans. Son coach de l'époque est bien connu. Il s'agit de Miroslav Djukic qui, deux ans plus tard, allait entraîner Mouscron. Mais entre-temps, en 2008, Djukic était devenu sélectionneur national et il avait offert sa première sélection à Obradovic. La carrière du jeune talent était lancée. A Saragosse, Obradovic signait un contrat de cinq ans lui rapportant 700.000 euros par an. " C'est un arrière gauche offensif qui déborde facilement ", dit Herrera. " Il est surtout très efficace dans une défense à cinq mais il peut aussi jouer dans une ligne arrière de quatre. Le problème, c'est qu'il pensait parfois plus à faire inscrire un but à son équipe qu'à lui permettre d'en éviter un mais j'ai l'impression qu'à Malines, il a progressé sur le plan défensif. Il est également doté d'un tir puissant. Sa marge de progression est encore grande mais, physiquement et techniquement, il a tous les atouts pour réussir. " En raison de deux blessures au genou et de toute une série de pépins, il ne joua finalement que très peu en quatre ans passés en Espagne : 9 matches en 2009-10, 20 en 2010-2011, 17 en 2011-2012 et un en 2012-2013, soit un total de 47 rencontres. Au cours de sa première saison, il souffrit d'un mal mystérieux au genou. " On dirait qu'on me retourne un couteau dans le genou ", disait-il à l'époque. " La douleur est tellement vive que je ne peux pas m'entraîner. " Malgré une arthroscopie, curieusement, on n'arrivait jamais à mettre le doigt sur la plaie. Obra n'allait revenir qu'en avril 2010, ce qui n'empêchait pas Radomir Antic de le sélectionner pour la Coupe du monde en Afrique du Sud et de l'aligner pendant 90 minutes lors du troisième match de poule (défaite 2-1 face à l'Australie et élimination de la Serbie). La saison suivante, le Real Saragosse était repris dès le mois de novembre par l'entraîneur mexicain Javier Aguirre, qui n'était pas un grand partisan d'Obradovic. Jusqu'au limogeage du coach, en décembre 2011, le Serbe n'allait donc pratiquement plus jouer. Une saison durant laquelle Saragosse lutta pour son maintien. Comme par enchantement, il s'imposa 1-2 lors du match couperet à Levante, qui était déjà sauvé. En septembre de l'année dernière, il s'avérait que cette rencontre avait été achetée. Le procès est toujours en cours et, selon la presse espagnole, qui cite des sources proches de la justice, toute l'équipe de Saragosse était au courant et avait donné son aval pour le versement d'une somme de 965.000 euros aux joueurs de Levante. La saison dernière, Obradovic s'est expliqué devant la justice espagnole mais il a déclaré au journal serbe Sport qu'il n'avait rien à voir dans cette histoire. " Je n'ai été impliqué en aucune manière dans le résultat de ce match. J'ai donc la conscience tranquille. " Fin 2011, Manolo Jimenez était nommé entraîneur de Saragosse et semblait compter sur son gaucher serbe. Au point de refuser une offre du Club Brugeois. En octobre 2012, le sort frappait à nouveau : lors d'un entraînement, Obradovic était victime d'une déchirure partielle du ligament du genou gauche. Un mois plus tard, ses équipiers montaient sur le terrain en portant un T-shirt Animo, Ivan (Courage, Ivan) mais pour lui, la saison était terminée. A la fin de la saison 2012-2013, Saragosse était relégué en D2 et rompait le contrat de son défenseur serbe. Quelques mois plus tard, début 2014, Obradovic passait un test au FC Malinois. Ce sont des amis, Dejan Veljkovic (agent de joueurs) et Milan Jovanovic, qui avaient établi le contact.. " J'ai tout de suite remarqué que son niveau était très élevé. Cela se voyait à sa maîtrise du ballon, à la façon dont il accélérait balle au pied, à ses qualités techniques ", dit Tom Caluwé, aujourd'hui entraîneur-adjoint. " Il est toujours disponible, même s'il y a un adversaire près de lui, il arrive toujours à se démarquer. Pour une équipe qui mise beaucoup sur la reconversion offensive, il est très important de pouvoir disposer d'un tel joueur. Il ose demander le ballon et ne se cache pas comme certains. De plus, il reste calme en toutes circonstances, ce qui lui confère sans doute parfois cet air nonchalant. Il donne l'impression de ne jamais être mis en difficultés et c'est vrai qu'il n'est pas vite mis sous pression. Les supporters du FC Malinois l'adorent. Chaque semaine, ils affichent une banderole sur laquelle on peut lire : We love Obracadabra. ?PAR KRYSTOF DE RYCK ET STEVE VAN HERPE - PHOTOS : BELGAIMAGE" Il ose demander le ballon et ne se cache pas comme certains. " Tom Caluwé