Les Diables Rouges ont gagné contre l'Ecosse un match vital et définitivement enterré les doutes nés du pénible voyage finlandais du 15 août. 2-0, c'était le service minimum face à une équipe d'Ecosse très sympathique mais terriblement faible. Le chardon n'avait pas de picots. Mais si, d'un côté, on ne doit pas donner à cette victoire plus de valeur qu'elle en a du fait du manque de répondant écossais, il faut souligner que la Belgique a joué très juste, en proposant le bon dosage entre discipline et inspiration. Les joueurs étaient parfaitement posés sur le terrain et tout le crédit en revient à Robert Waseige.
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Les Diables Rouges ont gagné contre l'Ecosse un match vital et définitivement enterré les doutes nés du pénible voyage finlandais du 15 août. 2-0, c'était le service minimum face à une équipe d'Ecosse très sympathique mais terriblement faible. Le chardon n'avait pas de picots. Mais si, d'un côté, on ne doit pas donner à cette victoire plus de valeur qu'elle en a du fait du manque de répondant écossais, il faut souligner que la Belgique a joué très juste, en proposant le bon dosage entre discipline et inspiration. Les joueurs étaient parfaitement posés sur le terrain et tout le crédit en revient à Robert Waseige. Les deux plus belles satisfactions provinrent du rôle de plus en plus clair et déterminant de John Walem (il doublonne désormais efficacement sur le flanc gauche avec Bart Goor en provoquant des cauchemars pour la défense adverse) et de l'intégration magnifique de Wesley Sonck (très présent devant le but et meilleur qu' Emile Mpenza collectivement). Et puis, il y eut la santé affichée par Marc Wilmots qui avait promis qu'il serait là! Evidemment, par rapport au match en Croatie, d'où il faudra ramener un point pour se qualifier directement, il y a la stupide carte jaune encaissée par Walem. Il ne sera pas à Zagreb et les chances sont grandes que les Diables doivent se qualifier via les barrages.Sur le terrain, le travail de Waseige a donc été impeccable: il possède tous les atouts dans son jeu pour qualifier la Belgique pour le Mondial 2002 et remplir parfaitement son contrat.A côté du terrain, on espère qu'il réussira à restaurer le cocon de bonne humeur qu'il avait su créer et qu'il ne commettra plus d'erreurs stratégiques dans sa communication comme la semaine dernière. La presse francophone en a très peu parlé. Sans doute au nom d'une union sacrée réductrice, déclarée d'office entre ses représentants et un coach fédéral issu de sa communauté. Mais l'histoire d'amour entre la Flandre et Waseige a du plomb dans l'aile. Après le match contre l'Ecosse, les quotidiens néerlandophones ont critiqué l'annulation de la traditionnelle conférence de presse de lendemain de match. Waseige avait rendez-vous avec son médecin à 11 heures (longue vie, coach!) et fit le tri des bons et des mauvais journalistes. Car il annonça qu'il serait disponible au téléphone!Les causes de son irritation sont la publication du résultat d'une partie d'entraînement à huis clos, les critiques sur la performance de Walem et sa sélection de l'axe central défensif à Helsinki, la légende d'une photo de lui à l'entraînement (en survêtement, penché vers l'avant, jambes tendues en plein stretching) et les déclarations de Philippe Léonard à son égard. Après le match contre l'Ecosse, quand la télévision lui demanda qu'elle équipe il compterait aligner en Croatie, il répondit qu'il "l'apprendrait bien par la presse". C'est évidemment un jeu dangereux d'attaquer de front les journalistes. Fidèle à son image d'humoriste qui lui a si bien fait passer la rampe médiatique en Flandre, Waseige aurait été beaucoup plus inspiré en riant de ces incidents.Rien de tout ça, le Liégeois a pris la mouche, prouvant qu'il n'acceptait pas la critique, un comble quand on est actif dans le sport professionnel. Le problème est que cet homme de bon mots et d'excellente compagnie, qui adore la lecture et le théâtre, a toujours joué le jeu de la presse, acceptant l'immense majorité des interviews. Estimerait-il, dès lors, que la presse ne l'égratignerait jamais? Ce serait trop naïf!Que Waseige fasse son travail d'entraîneur, que la presse fasse le sien et les vaches seront bien gardées. Dans son travail à la fédération, il est certainement stipulé qu'il doive se soumettre à des conférences de presse et -implicitement- accepter la critique. Mais quand le président fédéral Jan Peeters dit que Waseige a le droit de ne pas parler à la presse, il commet une énorme erreur d'amateurisme. Guy Thys, l'entraîneur héroïque du Mondial 86 (lui-même parfois très secoué par la presse), a dit que Waseige avait gaffé et Georges Leekens qu'il n'avait eu droit qu'à 10% de ce qu'il avait enduré. Mercredi dernier, Craig Brown, conscient qu'il y avait autant de fantômes dans son équipe que dans un château des Highlands, allait être saqué pour manque de résultats mais restait très serein. Waseige doit se blinder d'urgence : son image ne dépendra jamais que de ses résultats. Pour la presse, il y a Waseige l'homme et Waseige l'entraîneur. On critiquera le dernier éventuellement, mais neuf journalistes sur dix sortiraient de leur lit à quatre heures du matin pour l'aider s'il était en panne de voiture et s'il appelait. Ou pour tout autre problème. John Baete