J'ignore si je me laisserai tenter cette année par l'expédition à Wanze. Mais je sais que les footeux (et cycleux !) qui ne s'y sont jamais rendus commettent une erreur en n'allant pas la découvrir : la Bourse internationale du football et du cyclisme, qui aura lieu ce samedi matin à la salle omnisports, vous refile quand vous la découvrez un flux délicieux de souvenirs, que vous souffriez de collectionnite ou pas ! Si j'y renonce, c'est parce que j'y ai toujours les yeux plus gros que le ventre : j'ai acheté huit vieux bouquins de foot voici deux ans,... je constate n'avoir pris le temps d'en parcourir qu'un seul depuis ! Ainsi va la passion, toujours un peu boulimique et bébête...
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J'ignore si je me laisserai tenter cette année par l'expédition à Wanze. Mais je sais que les footeux (et cycleux !) qui ne s'y sont jamais rendus commettent une erreur en n'allant pas la découvrir : la Bourse internationale du football et du cyclisme, qui aura lieu ce samedi matin à la salle omnisports, vous refile quand vous la découvrez un flux délicieux de souvenirs, que vous souffriez de collectionnite ou pas ! Si j'y renonce, c'est parce que j'y ai toujours les yeux plus gros que le ventre : j'ai acheté huit vieux bouquins de foot voici deux ans,... je constate n'avoir pris le temps d'en parcourir qu'un seul depuis ! Ainsi va la passion, toujours un peu boulimique et bébête... C'était un bouquin écrit en 1943 par un habitué de nos Quiz/Foot : quand on vous y demande le nom du Belge qui arbitra en 1930 la finale de la première Coupe du Monde, soit vous répondez John Langenus, soit vous négligez vos classiques ! Vous êtes par contre pardonnables si vous ignorez ce qu'avait exigé Langenus avant le match, et pourquoi le match débuta en retard. Avant cet Uruguay-Argentine à Montevideo, Langenus avait exigé des organisateurs qu'ils prennent en charge le coût d'une assurance vie en sa faveur ! Et au coup d'envoi, ça a palabré sec durant un quart d'heure entre Uruguayens et Argentins, qui voulaient tous deux utiliser LEUR ballon, comme à la récré ! Langenus la joua à pile ou face, le ballon fut argentin et la défaite aussi. Langenus, qui fut également journaliste, commence son Football et footballers (sans u !), par l'opinion d'un historien nommé Groothoff quant aux origines. Tant qu'à faire, selon ce dernier, si c'est pour faire remonter le foot au Calcio italien, à la soule française, à l'haspartum romain ou même à l'episkyros grec, autant remonter jusqu'à Adam, forcément le premier à shooter dans un caillou rencontré ! Et surtout, plaisantait Groothoff, via la pomme, ce n'est pas Eve qui a séduit Adam, mais tout le contraire : Adam a pris la pomme pour jongler et dribbler. Eve en est restée baba d'admiration, elle a fait des pieds mais aussi des mains pour se saisir de la pomme. Le serpent s'est mis à siffler,... d'où le fait que l'arbitre ne cesserait plus jamais d'être la bête noire. Joli scénario, non ? Rapport à notre époque où la montée de la violence en football excite les sociologues, la lecture de Langenus apporte deux correctifs. Primo, en regard des prémices séculaires du foot, vaudrait mieux parler de descente de la violence depuis la codification anglaise de la fin du XIXe ! Car avant cela, durant des siècles, le pré-football s'est borné à se disputer un machin rond à mains nues autant que d'arrache-pied, tous les coups étant permis : les textes parlent de fractures, de sang qui gicle, de morts régulières,... de tête de prisonnier fraîchement décapité utilisée comme ballon ! Dans Shakespeare, on relève cette injure : " Vil joueur de ballon ! "... elle résume la réputation de l'activité ! En fait, sauf qu'ils n'ont plus besoin d'un instrument sphérique comme prétexte, les hooligans d'aujourd'hui renouent avec les origines... Deuzio, à lire Langenus, témoin privilégié des premières grandes compétitions, on déduit qu'il n'y eut jamais d' Age d'Or d'un football à la fois spectaculaire et quiet ! Certes, le foot codifié n'a plus rien à voir avec la quasi-bestialité de sa préhistoire. Mais dès Anvers 1920, l'électricité est dans l'air, celui de la pelouse et celui des gradins : comme si le foot générait déjà, voici un siècle, les pétages de plombs susceptibles de le faire dériver ! Quant au spectacle, c'est parce qu'il laisse (déjà !) à désirer que le Board prend, en 1925, sa dernière (si ! si !) grande décision : " Des scores tels que 0-0 et 1-0 devenaient monnaie courante. Comme le spectateur venait pour voir marquer des buts, on estima qu'il était temps de faire quelque chose pour élever les scores. De là cette diminution de 3 joueurs à 2 pour déterminer le hors-jeu. ", explique Langenus. Depuis, les scores sont redevenus minimaux, et le Board s'en fout royalement. par Bernard Jeunejean" Finale CM 1930 : Uruguayens et Argentins veulent UTILISER LEUR BALLON. Comme à la récré ! "