Sous contrat jusqu'en 2008, Walter Baseggio achève actuellement sa 19e saison à Anderlecht, sa neuvième dans le noyau A et, comme il l'avoue lui- même, la plus laborieuse de toutes : après 25 journées, il ne comptabilise en effet que 14 titularisations dont trois se sont achevées en autant de remplacements... Ajoutons-y trois entrées en cours de jeu. Le bilan n'est pas à la hauteur de ses aspirations.
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Sous contrat jusqu'en 2008, Walter Baseggio achève actuellement sa 19e saison à Anderlecht, sa neuvième dans le noyau A et, comme il l'avoue lui- même, la plus laborieuse de toutes : après 25 journées, il ne comptabilise en effet que 14 titularisations dont trois se sont achevées en autant de remplacements... Ajoutons-y trois entrées en cours de jeu. Le bilan n'est pas à la hauteur de ses aspirations. Walter en est d'ailleurs complètement déstabilisé. A la limite, il ne sait plus très bien ce qu'on lui veut ni ce qui lui arrive. L'idée de changer d'air le titille mais ce serait la pire des solutions. Une fuite en avant qui risquerait de lui être fatale. Aller à l'étranger, même dans un club de niveau moyen, dans l'état de doute et de fragilité mentale où il se trouve, ne résoudrait rien, que du contraire. S'il veut un jour tenter sa chance dans un championnat plus relevé, donc plus exigeant, qu'il se restructure d'abord lui-même ! Car chez Walter plus que chez tout autre, presque tout est conditionné par sa personnalité : un mec adorable mais resté douillettement en rade dans l'univers rassurant et calfeutré de son enfance comme quelqu'un qui n'aurait pas psychologiquement grandi suffisamment pour parachever son épanouissement de joueur pro. Il est resté le gentil petit Walter qui n'est jamais aussi pleinement rassuré qu'entouré de ses proches et de sa famille. Avec toutes les conséquences négatives qu'engendre cette surprotection du cocon familial dans l'affirmation de soi. Tout le monde s'accorde à reconnaître ses immenses possibilités. Mais les derniers entraîneurs du Sporting les ont systématiquement remises en question. Son emprise sur le groupe et sur le jeu est jugée insuffisante en rapport avec ses qualités intrinsèques. C'est vrai qu'il est doué : détente, jeu de tête, frappe, vista, agressivité. Walter a tout pour faire un grand ! Ce n'est pas pour rien qu'il fit son trou en D1 à 18 ans et qu'il comptabilise, à ce jour, environ 230 matches à seulement 26 ans. Sans parler de sa carrière de Diable Rouge. Seule sa vivacité lui cause quelques soucis. Mais Zinédine Zidane est-il vif ? Non mais il compense cela par un art consommé du placement et du déplacement anticipatif. Et c'est là la grosse déficience de Walter. Il est en retard parce qu'il ne voit pas et donc ne fait pas les deux mètres qui le mettraient en position idéale pour gagner le duel ou accélérer la relance offensive. Il pense à se déplacer quand le ballon est perdu ou gagné. Et donc il est aux abonnés absents dans pas mal de situations de jeu. On l'accuse dès lors de jouer comme un vétéran et de manquer de volume de jeu. Selon moi, c'est son placement qui est en cause et non son volume de jeu. Nous cultivons en Belgique le profil du médian défensif costaud au volume de jeu inépuisable à la YvesVanderhaeghe ou à la RobertoBisconti qui fonce, arrache, travaille, casse le jeu. Il existe un autre type de médian défensif que le Standard a déniché au mercato avec MatthieuAssou-Ekotto. Il arrache peu mais récupère énormément. Il n'est pas costaud, il est félin Et son sens du déplacement l'amène à compenser ses déficiences physiques : toujours là où la balle tombe ! Observez-le bien, en position de récupérateur ou de relanceur, il est rarement en duel avec un adversaire. Imaginez Walter, initié à ce même sens du déplacement, l'accuserait-on encore de lenteur et de manque de volume de jeu ? Je crois FrankyVercauteren tout à fait capable de parfaire, à l'entraînement, cet aspect de l'apprentissage tactique. Plus on est lent dans son corps, plus on doit être vif dans sa tête. Vercauteren qui n'était pas un des plus rapides avait, lui, un sens inné du jeu sans ballon. Il sera beaucoup plus malaisé de transformer le gentil Walter en meneur d'hommes. Ce n'est pas dans son caractère. Mais dans un rôle défensif, Walter reste redoutable quand il a le jeu devant lui et le but dans sa mire. Et pour sortir de la deuxième ligne, il a du pif ! par André RemyZIDANE N'EST PAS VIF NON PLUS MAIS compense par un art consommé du placement et du déplacement anticipatif.