Forte de sept musiciens et installée en tribune 2, non loin du kop, la fanfare du FC Brussels confère une note sans pareille aux matches disputés au stade EdmondMachtens. Et ce depuis plus de 30 ans puisque sa genèse remonte au seul titre de feu le RWDM en 1975.
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Forte de sept musiciens et installée en tribune 2, non loin du kop, la fanfare du FC Brussels confère une note sans pareille aux matches disputés au stade EdmondMachtens. Et ce depuis plus de 30 ans puisque sa genèse remonte au seul titre de feu le RWDM en 1975. " C'était le 27 avril ", observe Jef Laseur, le leader du groupe. " Le RWDM venait de battre l'AS Ostende et cette après-midi-là, deux ans à peine après sa création, il se coiffait déjà des lauriers, au nez et à la barbe de l'Antwerp et, surtout, de l'ennemi juré, Anderlecht. Dès la fin de la rencontre, un cortège s'était formé sur les hauteurs du Boulevard Louis Mettewie. Parmi la foule, il y avait un trompettiste qui se plaisait toujours, à domicile, à entonner un même air, repris ensuite en choeur par les supporters : R, W, RWD, RWDM Champion. Mon épouse Godelieve et moi, munis pour la circonstance de nos propres tambours et petite caisse, nous sommes joints à la meute, au même titre qu'un autre fan avec son trombone à coulisse. Après une soirée bien arrosée, on s'était promis de se retrouver la saison suivante. A cette occasion, le bouche à oreille aidant, trois autres instrumentistes nous avaient ralliés : un trombone encore, un saxo et, enfin, un cornet. Au départ, nous avions pris place dans l'ancienne tribune principale, divisée en places assises à son étage supérieur et en places debout en dessous. Par après, suite à la modernisation, nous avons déménagé dans la tribune opposée, sur des seats cette fois. Depuis la fin des années '70, nous les occupons d'ailleurs gracieusement, en échange de l'ambiance que nous mettons. Nous avons droit aussi à quelques pintjes, car souffler, ça donne soif, c'est bien connu. Et comme cette activité creuse également, un sandwich n'est jamais de refus... ". Pour veiller à un soutien total, le mécène Fernand Vandaele veille également au grain, il est vrai ! Si le nombre de membres du Retro Band est resté le même au fil des ans, certaines têtes n'en ont pas moins été remplacées par d'autres, l'âge ou les aléas de la vie aidant. Le septuor actuel est toutefois resté inchangé depuis un match de Ligue des Champions entre Anderlecht et l'AC Milan, le 24 novembre 1993, qui provoqua quelques fameux remous internes. " A l'époque, le président Johan Vermeersch, accompagné du manager anderlechtois, MichelVerschueren, avait sollicité une entrevue avec nous ", poursuit Jef. " Le RSCA venait d'accéder pour la deuxième fois aux poules de la Ligue des Champions et, pour les besoins du match d'ouverture face aux Milanais, la direction du Sporting tenait à obtenir notre concours pour mettre l'ambiance au Parc Astrid. Tout le monde, parmi nous, n'était pas chaud. Mais sous prétexte que Johan Boskamp était entraîneur là-bas et qu'il constituait quand même toujours une figure emblématique pour nous, le deal fut finalement accepté. Après coup, certains ne nous l'ont pas pardonné. Une frange d'irréductibles, notamment, qui avaient eux-mêmes formé un cercle de supporters baptisé les Amis de la fanfare. Quand quelques-uns d'entre eux ont appris que nous étions allés encourager l'ennemi, leur sang n'a fait qu'un tour : - Dehors, boïte. Pendant plusieurs semaines, le RWDM a dû composer sa fanfare mais à l'instigation de Vermeersch, le différend a été aplani. Un nouveau groupe s'est formé et il nous a tous fallu promettre qu'il n'y aurait plus la moindre infidélité de ce genre. Depuis lors, nous nous gardons d'ailleurs d'effectuer des déplacements. Notre seule tribune est celle du stade Machtens. Et si d'aventure nous contentons quelqu'un, comme un joueur qui nous a demandé d'encourager ses potes à Lombeek, c'est dans les séries inférieures, mais pas au sommet. Et même à ce niveau, il faut tenir compte de restrictions. Désolé, mais je ne nous vois pas épauler le fameux RWDM qui évolue actuellement en 4e Provinciale. Ce ne serait pas correct vis-à-vis de Johan Vermeersch qui a toujours été chic avec nous ". Il arrive néanmoins que le Retro Band soit de sortie pour l'ouverture d'une braderie, d'une foire, d'une kermesse ou de l'Armistice Avec, pour l'occasion, un répertoire qui s'écarte des morceaux traditionnels joués à la rue Malis. Même si, là aussi, en l'espace de 30 ans, les tubes ont changé. Jef : " Un morceau nous accompagnera dans nos tombes : le fameux Waaile zaain van Meulebeik. Il s'agit, de loin, de l'air que nous avons le plus souvent interprété. Dans la foulée, il y a Rozemarie, La Paloma blanca, Viva Espana, Carnaval de Paris et, depuis que le RWDM a cédé la place au FC Brussels, le célèbre Bruxelles de Jacques Brel, évidemment. En fonction des besoins, ou de l'événement, on met toujours quelque chose de différent au point. Ainsi, quand les Diables Rouges sont revenus de la Coupe du Monde 2002, nous les attendions au son de Brazil tropical à l'Union Belge. En 1986, c'est le fameux Mexico, Mex-i-i-i-coo de Luis Mariano qui était de circonstance. Cette diversité explique pourquoi nous devons impérativement répéter à intervalles réguliers. Pour ce faire, nous bénéficions deux à trois fois par mois d'une salle située à l'arrière du café le Nouveau Daring, au 34 de la rue de Bruges, non loin du stade. Son patron, MuamerSacirovic compte parmi nos plus chauds partisans. Idem pour Alan Haydock qui a eu un jour l'extrême gentillesse, dans vos colonnes, de dire que le Retro Band mériterait d'être classé au patrimoine oral et immatériel de l'Humanité. C'est un très beau compliment. A choisir, toutefois, je préfère encore la remarque qui a été faite un jour par Raymond Goethals :- A défaut de beau jeu à Molenbeek, on s'y console avec la fanfare. Pas mal pour des amateurkes comme nous, non ? " BRUNO GOVERS