Ein Sorgenkind. Un enfant à problèmes. Rudi Assauer, le manager de Schalke 04, avait fini par vouer aux gémonies l'attaquant belge. De blessures en opérations, Emile Mpenza avait mis à mal la patience de son club, au point qu'Assauer s'était écrié : " S'il a besoin d'une opération, c'est au cerveau " ! Quand il a quitté Gelsenkirchen pour le Standard, Emile a laissé en Allemagne le souvenir peu flatteur d'un coureur de Miss et d'un amateur de bolides tape-à-l'£il. Pourtant, Hambourg s'est laissé tenter par l'attaquant. Malgré plusieurs transferts coûteux, dont Daniel Van Buyten et AlmaniMoreira, le club hanséatique émerge, encore un peu groggy, d'une profonde crise. Récemment, Mpenza avait déclaré : " Je ne peux que réussir car l'entraîneur, Klaus Toppmöller, m'offre une confiance inconditionnelle ". Celui-ci a été limogé et remplacé par le coach des amateurs du HSV, Thomas Doll.
...

Ein Sorgenkind. Un enfant à problèmes. Rudi Assauer, le manager de Schalke 04, avait fini par vouer aux gémonies l'attaquant belge. De blessures en opérations, Emile Mpenza avait mis à mal la patience de son club, au point qu'Assauer s'était écrié : " S'il a besoin d'une opération, c'est au cerveau " ! Quand il a quitté Gelsenkirchen pour le Standard, Emile a laissé en Allemagne le souvenir peu flatteur d'un coureur de Miss et d'un amateur de bolides tape-à-l'£il. Pourtant, Hambourg s'est laissé tenter par l'attaquant. Malgré plusieurs transferts coûteux, dont Daniel Van Buyten et AlmaniMoreira, le club hanséatique émerge, encore un peu groggy, d'une profonde crise. Récemment, Mpenza avait déclaré : " Je ne peux que réussir car l'entraîneur, Klaus Toppmöller, m'offre une confiance inconditionnelle ". Celui-ci a été limogé et remplacé par le coach des amateurs du HSV, Thomas Doll. C'est dans ce contexte que Karel Vertongen puis Aimé Anthuenis ont repris contact avec Emile pour le ramener en équipe nationale. Mais au fait, que pense-t-on de lui en Bundesliga ? Sous Toppmöller, il n'a marqué qu'un but en huit matches de championnat. Lors de la première de Doll, il a contribué au succès quasi historique du HSV au Borussia Dortmund, où il ne s'était plus imposé depuis quatre ans : un but et un assist (0-2). Et il y a une semaine, il eut le même rendement dans la victoire par 4-0 contre le SC Fribourg. Son club et les journalistes qui le suivent régulièrement sont convaincus de la métamorphose... Marinus Bester, team manager du HSV, ne s'est pas effarouché de la réputation acquise par l'avant à Schalke : " Je me fais mon opinion par moi-même et pas en regardant les photos du Bild. Emile a gagné énormément d'argent à Schalke, sans y être préparé. Jeune, inexpérimenté, il constituait une proie idéale pour la presse à sensation. Je pense qu'il a été mal conseillé et que personne ne s'est occupé de lui là-bas. Ensuite, il est devenu un bouc émissaire, quand Schalke n'a pas obtenu le succès espéré. Prenez sa Ferrari : il fallait lui parler, lui expliquer qu'une voiture pareille est mal vue ici, surtout en pleine crise, qu'il pourra faire des tas de choses après sa carrière. Maintenant, il a une BMW, une voiture plus familiale. J'ai découvert un Emile bien différent du portrait qu'on en avait dressé. Il assume ses responsabilités. Il y est obligé, d'ailleurs, depuis qu'il est père. Cette naissance l'a changé, sans aucun doute. Il est très fier de sa femme et de son fils, et il le dit lui-même : - Je ne suis plus le même qu'à Schalke. J'ai mûri ". Marinus Bester a accueilli personnellement l'avant à Hambourg et a tout fait pour qu'il s'y sente chez lui. " Il faut donner à un nouveau joueur le sentiment qu'il peut s'adresser à nous pour tout problème, que nous le prenons au sérieux. Nous avons aidé Emile dans sa recherche d'un appartement, de meubles... Il est timide et il a besoin de temps pour tisser une relation de confiance, mais cela en vaut la peine car alors, c'est une relation de qualité. Du 100 %. Il est un peu renfermé mais il n'a certainement pas un mauvais caractère. D'ailleurs, il s'acquitte de toutes ses tâches avec soin. Jamais il n'a raté un rendez-vous avec les sponsors ou les supporters, il accepte toutes les missions et s'exprime aussi très bien en allemand ". Sebastian Wolff suit attentivement le HSV pour le magazine Kicker. Il est l'auteur de l'interview qui a fait tant de bruit en Belgique, puisque Mpenza y réclamait la visite d'Anthuenis (voir cadre) :. " Tout l'entretien s'est déroulé en allemand, sans interprète, alors qu'à Schalke, il semble qu'il ne s'exprimait pas dans notre langue. Il a simplement besoin d'un contact visuel. On ne peut donc pas l'interviewer par téléphone. Il est ponctuel à ses rendez-vous. En fait, nous n'avons aucun problème avec lui. A Hambourg, il n'est certainement pas un enfant terrible ". Wolff ne l'a pas connu à Schalke, qui dépend du bureau régional Ouest du Kicker tandis que le HSV est suivi par le bureau Nord. Toutefois, son expérience est différente de celle de ses collègues de Gelsenkirchen : " A Schalke, il passait devant les journalistes sans s'arrêter, le GSM à l'oreille, m'a-t-on dit. Ici aussi, on le surprend régulièrement ainsi mais il suffit de lui faire signe pour qu'il s'approche. Il est calme et agréable ". Christian Bönig, son homologue du Bild, partage son avis : " Il est introverti mais amical et il ne défraie certainement pas la chronique des potins. On ne l'a encore jamais aperçu en discothèque ni en virée à des heures indues ". Longtemps, le compteur de Mpenza est resté bloqué à un but alors que l'équipe battait de l'aile. Dans le Kicker, il a accumulé les mauvaises cotes : 4,5 ; 5... Toppmöller avait mis le doigt sur la plaie : " Emile travaille trop où il n'est pas utile, et il n'est plus frais devant le but ". Au début, son approvisionnement n'était pas suffisant. L'arrivée de Moreira a résolu le problème. Wolff : " Il n'est qu'un maillon parmi d'autres. Il n'est pas un leader et on n'attend pas de lui qu'il entraîne l'équipe dans son sillage. Ses atouts sont sa vitesse et, théoriquement, sa finition. Il a eu la malchance de débarquer dans une équipe qui ne trouvait pas ses marques. Il a beaucoup couru, sans guère de succès. Ensuite, il a raté énormément d'occasions. Au moins s'en créait-il, ce qui l'a soulagé, mais nous cotons les joueurs sur leur efficacité. Un attaquant est évidemment jugé en fonction des buts qu'il marque. Il a le potentiel d'un grand joueur mais il ne l'a pas encore montré. Il a besoin d'un déclic. L'avenir nous dira si le changement d'entraîneur et son succès au Borussia l'ont provoqué ". Christian Bönig : " Un but en huit matches, quel gaspillage ! Il est logique qu'il n'ait pas eu de bons points. En plus, Moreira, qu'il connaît, lui a adressé des passes parfaites. Mpenza semblait aveugle devant le but. Je pense que c'était dans la tête. Il était temps qu'il marque, ne serait-ce que pour éviter que le doute ne s'installe et que la pression ne commence à peser sur lui. Nous lui avons accordé un crédit de temps car un attaquant dépend particulièrement du bon fonctionnement de l'équipe. Mais ce crédit allait s'épuiser rapidement. Son club compte énormément pour lui. Ainsi, il avait de la fièvre deux jours avant le déplacement à Dortmund mais le HSV a insisté pour qu'il joue. On lui a donné une chambre individuelle pour qu'il ne contamine pas ses coéquipiers mais, même malade, il restait important alors que Hambourg a aussi BernardoRomeo, Sergej Barbarez et Naohiro Takahara ". Benjamin Lauth, international allemand à cinq reprises, est toujours indisponible, par contre : il a subi une opération au pied cet été. Il devait être associé à Mpenza en pointe. Bönig : " Cependant, Takahara et Mpenza se complètent bien. Ensemble, ils se créent davantage d'occasions. Le Japonais s'est ressourcé en équipe B ". Thomas Doll ne se démarque pas de son prédécesseur de ce point de vue : il fait confiance à l'avant belge. Le nouvel entraîneur, âgé de 38 ans, est proche des joueurs. Il dispense des séances ludiques : les joueurs se sont ainsi entraînés les yeux bandés et ont achevé une séance dans l'ambiance d'un match. Doll avait fait diffuser la bande audio de l'ambiance du stade pendant un match... L'ancien international allemand a fêté sa première victoire avec l'enthousiasme d'un gamin, faisant la ola avec les supporters puis embrassant tous ses joueurs. Surtout, il a rendu au club portuaire sa sérénité. Il a mis fin aux expériences qui étaient le lot de l'équipe sous Toppmöller, pour aligner à nouveau chaque joueur à sa meilleure place. Manifestement, son approche convient à Mpenza comme aux autres. Marinus Bester, lui, est soulagé : " Il fallait à tout prix que le club retrouve sa sérénité. Le changement d'entraîneur s'avère positif. Il est clair que nous n'avons pas obtenu le succès espéré malgré notre campagne de transferts. Nous visions une place européenne et nous en sommes loin, actuellement. Chaque joueur a une large marge de progression. Emile n'a pas encore donné le meilleur de lui-même. Barbarez s'est exprimé en ce sens, en témoignant sa solidarité avec Toppmöller. Il a déclaré que l'équipe était coupable ". En signant au HSV, Mpenza avait placé la barre haut. Il avait déclaré au Kicker avant le championnat : " J'ai marqué 21 buts pour le Standard. Je veux en faire autant ici. Hambourg va découvrir le meilleur Mpenza qui ait jamais existé ". Récemment, il a confié à Sebastian Wolff qu'il visait les 15 buts en Bundesliga. Le manager de Hambourg y croit : " Il en est capable et... nous en avons besoin. Il suffit d'un déclic ". Pascale Piérard Pascale Piérard" Emile n'était pas préparé à GAGNER AUTANT D'ARGENT À SCHALKE "