Airport,
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Airport, So many destination faces going to so many places. Where the weather is much betterLe bureau de Jean-Jacques Cloquet, 53 ans, ancien arrière du Sporting Charleroi et de La Louvière, offre une belle vue sur la piste de l'aéroport de Charleroi-Brussels South que les avions caressent avant de prendre leur envol. Quelle est la destination de cet élégant oiseau de Ryanair ? Où se posera ce bel appareil de Wizz Air qui s'élève dans le ciel de Gosselies ? Airport, yo've got a smiling face, chantent les Motors en 1978. Administrateur délégué de cet aéroport qui ne cesse de prendre de l'importance, Cloquet a souvent dû atterrir et décoller au cours de sa vie professionnelle. Il n'a jamais lâché prise durant ses études et, comme son équipier Philippe Migeot, il décrocha un diplôme d'ingénieur civil. " A cette époque, le père d'Alex Czerniatynski bâtissait lui-même sa maison ", raconte Cloquet. " Pour gagner un peu d'argent, Migeot et moi sommes devenus ses aides-maçons durant les vacances. Quand on transporte des sacs de ciment et des briques, on se dit que la vie d'étudiant est agréable. En 1978, je venais au stade en mobylette avant de disputer une demi-finale de Coupe de Belgique. Il y avait une plus grande mixité sociale dans les vestiaires. Les joueurs d'aujourd'hui signent des contrats professionnels au sortir de l'adolescence. C'est leur métier alors que j'ai connu des équipes de D1 composées d'étudiants, d'ouvriers, d'employés. Charly Jacobs, qui n'avait pas passé beaucoup de temps à l'école était toujours le premier à se renseigner à mon propos : - Alors, Jean-Jacques, ça va les examens ? J'en suis encore ému... " Plus jeune finaliste (malheureux) de la Coupe de Belgique à 17 ans 9 mois et 21 jours en (1978, Beveren-Charleroi : 2-0) Cloquet reste chez les Zèbres jusqu'en 1985 mais des blessures et un job de cadre dans une usine du géant Solvay l'incitent à accepter l'offre de La Louvière, en D3. De Solvay à l'aéroport de Charleroi, en passant par un bref retour comme dirigeant des Zèbres, il y a eu des hauts et des bas. " Je suis reparti plusieurs fois de zéro ", explique-t-il. " Mon passé de footballeur m'a aidé. Sur un terrain, on sait que rien n'est jamais acquis, comme mon père ne cessait de me le répéter avec raison. J'ai saisi ma chance à l'aéroport de Charleroi. Il prend sans cesse de l'ampleur mais j'accomplirai toujours ma tâche de la même façon, en bon père de famille. Ici, tout le monde poursuit le même objectif et, en cas de problème, ma porte est ouverte. Charleroi Brussels South est le Zulte Waregem des aéroports, si je puis dire. On dérange les grands et ce n'est pas fini, loin de là. " Ryanair, Jetairfly, Wizz Air, Pegasus Airlines, Thomas Cook, en attendant d'autres compagnies, couvrent un éventail de 140 destinations. Cloquet voyage beaucoup pour les besoins de son métier, rencontre régulièrement le célèbre patron de Ryanair, Michael O'Leary. " Un grand amateur de foot qui, en 2010, songea à retirer ses avions de France quand la main de Thierry Henry priva l'Irlande de Coupe du Monde " m'a-t-il dit un jour en riant. Cloquet, lui, est surtout fier des performances de son aéroport : " Nous avançons : 3.000 personnes bossent chez nous. Leur moyenne d'âge est de 32 ans et 80 % habitent dans un rayon de 40 km. Charleroi-Brusssels South est une équipe jeune, moderne, régionale et ouverte sur le monde : j'en suis fier. " Airport, yo've got a smiling face... PAR PIERRE BILIC