Alors que toute la Belgique tourne ses yeux vers la France, les regards liégeois s'apprêtent déjà à lorgner pendant plusieurs semaines du côté de Marseille. Car c'est sur la Canebière que va se jouer le pion essentiel du mercato estival du Standard, le premier de l'ère Olivier Renard. L'OM, plongé dans les méandres de la revente du club, négociera certainement le départ d'un Michy Batshuayi dont les buts plantés au coeur d'une saison morose ont attiré les convoitises anglaises.
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Alors que toute la Belgique tourne ses yeux vers la France, les regards liégeois s'apprêtent déjà à lorgner pendant plusieurs semaines du côté de Marseille. Car c'est sur la Canebière que va se jouer le pion essentiel du mercato estival du Standard, le premier de l'ère Olivier Renard. L'OM, plongé dans les méandres de la revente du club, négociera certainement le départ d'un Michy Batshuayi dont les buts plantés au coeur d'une saison morose ont attiré les convoitises anglaises. De l'autre côté de la Manche, les médias évoquent un voyage londonien (West Ham ou Tottenham) facturé 30 à 40 millions d'euros. Des chiffres qui mettent légitimement l'eau à la bouche du côté de Sclessin puisque Roland Duchâtelet, en habile négociateur, avait obtenu de Marseille une prime à la revente de 35 % qui pourrait permettre au Standard de glisser une dizaine de millions dans ses caisses cet été. Une somme qui tomberait à pic, tant les Rouches sont pour l'instant réduits à la portion congrue. Les 200.000 euros de bonus reçus suite à la montée du Middlesbrough de Julien de Sart sont actuellement la seule satisfaction du compte en banque liégeois, accompagnés par les autres 200.000€ (avec une prime à la revente de 25%) issus du transfert à Konyaspor (Turquie) d'un Deni Milosevic pas vraiment considéré comme un titulaire potentiel depuis son retour de Waasland-Beveren. Olivier Renard était pourtant amateur d'un joueur qu'il avait tenté d'attirer en prêt à Malines dans un passé récent, se heurtant alors au refus de Roland Duchâtelet. En attendant que la poule marseillaise ponde son oeuf d'or, le mercato du Standard semble donc dépendre des départs potentiels. Celui d'Adrien Trebel, par exemple, que la direction ne retiendra pas en cas d'offre avoisinant les trois millions d'euros. Ou celui de Matthieu Dossevi, qui serait évidemment une énorme perte sportive mais qui représente l'un des seuls joueurs véritablement bankable du noyau. Et même si le joueur n'est pas officiellement à vendre, il pourrait y avoir des sommes qui ne se refusent pas... Chaque euro semble compté au sein d'un club qui rechigne même à faire venir des jeunes joueurs en test depuis l'étranger en raison de l'investissement trop important que représente leur voyage et leur logement à l'hôtel, puisque les bâtiments de l'Académie censés les héberger sont toujours en travaux. L'opportunité est donc belle pour les jeunes qui foulent déjà les pelouses du centre de formation liégeois, même si les tests effectués lors des play-offs 2 n'ont que partiellement convaincu le staff. Seule la promesse offensive Ryan Mmaee semble pouvoir, à plus ou moins court terme, se glisser dans un costume de titulaire. La nouvelle direction sportive ne comprend d'ailleurs pas comment " Mini Michy " s'est retrouvé largué à la quatrième position dans la hiérarchie des attaquants en début de saison dernière, barré par des joueurs comme Ivan Santini, Renaud Emond et Benjamin Tetteh qui l'ont privé de précieuses minutes de jeu plus tôt dans la saison. Aucun des membres de ce trio ne sera d'ailleurs retenu avec ardeur par le Standard, qui a même tenté de pousser gentiment le Croate vers la sortie via Christophe Henrotay, qui l'a contacté pour savoir s'il était intéressé par un départ. Mais Santini, heureux de son contrat et de sa fin de saison, ne semble pas désireux d'aller voir ailleurs. Au grand dam de Daniel Van Buyten qui, selon un membre du club, ne manque jamais une opportunité de se plaindre des qualités footballistiques d'un attaquant qu'il ne porterait pas dans son coeur. Dans son désir (financièrement contraint) de se retourner vers son centre de formation, la direction sportive du Standard se concentre donc pour l'instant sur l'Académie. Les formateurs " affiliés " à Christophe Dessy ont ainsi été priés d'aller voir ailleurs : Joël Crahay, Patrick Van Kets (coach des U21), Jean-François Lecomte, Lionel Vitrant (U17) et Arnold Rijzenburg (U16) ont ainsi été priés de plier bagage, quelques mois après qu'on leur ait assuré que leur statut d'hommes de Dessy ne changerait rien à leur avenir au sein de l'Académie. La nouvelle direction sportive a ainsi joué la carte du " nouveau souffle " comme unique argument à ces licenciements en masse. Ces dernières semaines, Olivier Renard et Daniel Van Buyten ont plutôt enchaîné les entretiens avec les parents des jeunes les plus prometteurs du club pour les convaincre de ne pas quitter le navire en leur présentant un projet sportif tourné plus intensément vers la formation. Ces jeunes pousses liégeois seraient, par ailleurs, fortement incités à confier leurs intérêts à la famille Henrotay, que ce soit Christophe ou son père Roger, certains parents comprenant entre les lignes que cette démarche était indispensable pour s'offrir une réelle chance de pousser la porte du vestiaire de l'équipe première (voir cadre). La mainmise de la famille Henrotay sur la jeunesse liégeoise est la preuve de l'impact grandissant de Daniel Van Buyten sur la politique sportive du Standard. L'ancien joueur du Bayern Munich voudrait marcher sur les traces de Lucien D'Onofrio en faisant parler son carnet d'adresses pour animer le mercato rouche, mais sa stratégie tarde à porter ses fruits. " Quand Van Buyten vous parle, il glisse cinq fois Guardiola et deux fois le Bayern dans la même phrase, sauf qu'il devrait arriver à tourner le bouton et à se rendre compte qu'aujourd'hui, il est au Standard et que le contexte est différent ", analyse un membre du club. L'omniprésence de Van Buyten est plutôt en coulisses, certains habitués des couloirs de l'Académie affirmant même que Daniel et Thierry Verjans " se cachent dans leur bureau et ne prennent pas la peine de dire bonjour aux formateurs ", contrairement à un Olivier Renard qui ne reçoit que des louanges pour ses compétences, son respect et la qualité de son travail. Le principal coup du début d'été liégeois est ainsi à mettre à l'actif de l'ancien gardien, qui ne compte pas ses heures ces dernières semaines et a oeuvré pour le retour d'Ibrahima Cissé à Sclessin, répondant ainsi à une demande du staff qui cherchait toujours un remplaçant à Sambou Yatabaré depuis la fin du mois de janvier. Un premier transfert entrant au milieu de terrain qui n'empêche pas le club de poursuivre la piste d'un milieu de terrain de Boavista afin de muscler un peu plus son entrejeu. Un défenseur central - suite à la blessure de Milos Kosanovic - et un milieu de terrain offensif font aussi partie des profils recherchés par Yannick Ferrera, qui sait qu'il ne devra pas manquer son début de saison sous peine de voir son aventure liégeoise connaître une fin prématurée. Tout comme Olivier Renard, il doit régulièrement rendre des comptes à Daniel Van Buyten, lequel reste pourtant difficilement accessible pour son entraîneur comme pour son directeur sportif. Le staff n'a ainsi pas été consulté avant que le club décide de se séparer de l'emblématique préparateur physique Carlos Rodriguez. Les rapports entre Yannick Ferrera et Daniel Van Buyten sont plus qu'épisodiques, puisqu'un membre du club raconte que le coach a attendu Big Dan toute une journée dans les locaux de l'Académie pour un rendez-vous prévu le matin que Van Buyten n'a finalement jamais honoré. En attendant Batshuayi, le mercato liégeois se négocie donc avec une calculatrice à la main. Les nouveaux contrats proposent ainsi des salaires de base plus faibles, valorisés par des primes à la signature et à la prestation, à l'image de la politique en vigueur dans un club comme Charleroi. Pour l'instant, l'été liégeois sent bon les jeunes, les bonnes affaires et les bouts de ficelles. PAR GUILLAUME GAUTIER, AVEC THOMAS BRICMONT - PHOTOS BELGAIMAGERejoindre le portefeuille de la famille Henrotay semble être un fameux atout pour pousser les portes de l'équipe première Roland Duchâtelet, en habile négociateur, avait obtenu une prime à la revente de 35 % lors du transfert de Michy Batshuayi à Marseille