De tous temps, le terme crise aime être galvaudé dans le giron des Mauves. N'a-t-on pas entendu après les deux défaites face aux rivaux ancestraux liégeois et brugeois que le club traversait une crise profonde. Face à Genk, les supporters allaient même jusqu'à rappeler avec nostalgie sur une banderole la victoire face à Manchester United (2-1) dix ans plus tôt. S'il est vrai qu'on est à mille lieues de la campagne Ligue des Champions 2000-2001, le catastrophisme a encore de beaux jours devant lui. Quelques heures avant le match face aux Limbourgeois, partisans et même journal...

De tous temps, le terme crise aime être galvaudé dans le giron des Mauves. N'a-t-on pas entendu après les deux défaites face aux rivaux ancestraux liégeois et brugeois que le club traversait une crise profonde. Face à Genk, les supporters allaient même jusqu'à rappeler avec nostalgie sur une banderole la victoire face à Manchester United (2-1) dix ans plus tôt. S'il est vrai qu'on est à mille lieues de la campagne Ligue des Champions 2000-2001, le catastrophisme a encore de beaux jours devant lui. Quelques heures avant le match face aux Limbourgeois, partisans et même journalistes parlaient de la plus grave crise de l'histoire du club. Plutôt singulier quand on sait que le Sporting reprenait la tête du championnat après sa victoire face à Genk. Dire que tout baigne à Anderlecht serait tout aussi ridicule tant le jeu proposé depuis trop longtemps est insipide. Mais afin de relativiser un peu la chose, rappelons quelques moments bien plus difficiles pour la direction mauve sans remonter aux calendes grecques. Août 1995, Anderlecht tire Ferencvaros en tour préliminaire de la Ligue des Champions. Si les Mauves sont déjà sur le déclin au niveau européen, ils pensent ne faire qu'une bouchée du club hongrois. Après trois titres d'affilée sous JohanBoskamp, c'est un coach allemand venu de Vitesse Arnhem, Herbert Neumann, présenté comme novateur, qui doit élever les Bruxellois en Coupe d'Europe. Seulement son passage ne dure que 51 jours, Neumann est viré après la défaite à domicile (0-1) du match aller. Raymond Goethals est rappelé à la rescousse mais n'obtient qu'un partage (1-1) à Budapest. C'est la première fois de l'histoire que le parcours européen d'Anderlecht s'arrête si tôt. La performance sera rééditée face à Bate Borisov l'été 2008... Et championnat, Anderlecht a aussi touché le fond. Et cette fois au sens propre comme au sens figuré : septembre 1998, les hommes d' Arie Haan se déplacent à Westerlo et en repartent avec un retentissant 6-0 dans les dents. Au soir de cette défaite, Anderlecht occupe la lanterne rouge de la compétition ! Une semaine plus tard, les Bruxellois affichent 2 points sur 15 après une nouvelle défaite, cette fois à domicile face à Bruges (2-3). Le redressement s'effectuera grâce à l'intronisation du duo Dockx- Vercauteren qui ramènera le club en fin de saison sur la troisième marche du podium. La saison suivante (1999-2000), sous AiméAnthenunis, le club décrochera enfin le titre après cinq années d'attente marquées par des qualifications européennes hasardeuses (rappelez-vous la tête tournoyante de GastonTaument face à Beveren lors de la dernière journée de la saison 1997-1998) et une politique de transferts catastrophique ( James Debbah, DanPedersen, GeoffreyClaeys, etc). Si aujourd'hui les Mauves recherchent désespérément leur style " maison ", le passé (pas si lointain) leur rappelle à relativiser les coups de barre. THOMAS BRICMONT