20 octobre 2007, la L1 ajoute une ligne à son Guinness book. Mamadou Sakho devient à 17 ans et huit mois le plus jeune capitaine de l'élite du foot français. Ce soir-là à Valenciennes, Paul Le Guen, alors coach du PSG, décide de chatouiller l'orgueil des starlettes de la capitale et confie le brassard à un petit nouveau, un défenseur. L'électrochoc n'a pas lieu - Paris luttera jusqu'au terme de la saison pour ne pas culbuter en L2 - mais la carrière du " petit " Parigot est lancée.
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20 octobre 2007, la L1 ajoute une ligne à son Guinness book. Mamadou Sakho devient à 17 ans et huit mois le plus jeune capitaine de l'élite du foot français. Ce soir-là à Valenciennes, Paul Le Guen, alors coach du PSG, décide de chatouiller l'orgueil des starlettes de la capitale et confie le brassard à un petit nouveau, un défenseur. L'électrochoc n'a pas lieu - Paris luttera jusqu'au terme de la saison pour ne pas culbuter en L2 - mais la carrière du " petit " Parigot est lancée. Huit mois plus tôt, au lendemain de ses 17 balais, Sakho avait connu son baptême du feu au Parc face à l'AEK Athènes en Europa League. Titularisé d'emblée, et pas impressionné pour un sou, Mam's ou Doudou (c'est comme vous voulez) avait tenu la baraque comme un grand avant d'être élu homme du match. Allait-on enfin assister à un jeune de la PSG Academy faisant son trou chez les pros ? Car si le centre de formation du PSG a sorti plusieurs grands talents, ceux-ci ont préféré faire fortune ailleurs (le plus célèbre d'entre eux étant Nicolas Anelka) ou ont tout simplement été dégagés car barrés par l'afflux de valeurs (pseudo)confirmées. Sakho arrive à 12 ans au centre de formation. Découverte des vertes pelouses, de la concurrence et des exigences du modèle français. Mais ses premières frappes, il les donne dans le 18e, à Barbès (quartier africain de la capitale) avant que la famille, originaire du Sénégal, n'émigre dans l'Est parisien du côté de la Porte de Vincennes. Quatrième garçon d'une clique de sept bambins, le petit Mamadou a le caractère explosif et connaît des problèmes à l'allumage. Menacé d'être foutu à la porte du centre de formation, c'est la mort tragique du paternel qui va indirectement le remettre dans le droit chemin. Sakho a alors 14 ans et se jette corps et âme dans le ballon rond. L'ado que l'on présentait comme nerveux prend en très peu de temps de la bouteille. Alors qu'il n'a pas encore 16 ans, il est sacré champion de France des -18, brassard au bras. Une étoffe qu'il conserve même chez les Bleuets, où il est le boss du vestiaire et du terrain. Rien d'étonnant donc que le bonhomme se détache de la meute. D'autant que sa précocité et ses arguments physiques sont impressionnants. Lors de la saison 2008-2009, il est déjà quasi titulaire incontestable alors que PSG flirte une nouvelle fois avec le ridicule. L'été 2009, Antoine Kombouaré, ex-rugueux défenseur du club, est choisi pour remettre un peu d'ordre dans le noyau alors que Gabi Heinze, ancienne gloire de la maison, est annoncé pour calmer les supporters. Mais l'Argentin file finalement chez l'ennemi, à Marseille. Le président Sébastien Bazin tente de calmer le jeu : " Heinze est un joueur emblématique, mais Sakho a tellement de talent qu'il faut le faire jouer. " Marseille terminera champion après 17 ans d'attente avec un Heinze déterminant. Le recrutement parisien avait encore frappé.... De son côté, Sakho, malgré quelques boulettes mémorables, poursuit son évolution. En Belgique, la Lukakumania est quelque peu freiné quand l'ado du Sporting se farcit le Parisien lors d'un Belgique-France chez les Espoirs à Mouscron. Big Rom est proprement mis en boîte par un adversaire bien plus avancé sur le plan sportif et tactique. En dehors des prés, le Parisien fait aussi sensation. Après avoir battu tous les records de vitesse le long de la Seine avec une " Matchbox " pour conducteurs sans permis, Mam's joue aux cailleras (ou au Conceiçao) l'hiver 2010 en giflant et insultant un journaliste du Parisien. Réminiscence d'une préadolescence un peu chaude. Côté look, difficile aussi de passer à côté. Un joli t-shirt avec comme effigie la punch-line " Paris tu peux pas test " est régulièrement arboré après les matches. Mais ce n'est rien à côté de la crête iroquoise made in Château Rouge (haut lieu de Barbès) qui lui vaut le surnom de Kirikou (figure d'un dessin animé éponyme) auprès de ses fans. Mais cette excentricité ne l'empêche pas de prester. Cette saison, le Francilien a encore passé un palier. Intransigeant et dur sur l'homme, il a naturellement été appelé par Laurent Blanc en équipe de France. Avec comme première apparition quelques minutes dans la mythique arène de Wembley le 17 novembre dernier. Trois jours plus tard, retour à la grisaille de la L1 et visite de Caen où Sakho se retourne le majeur. L'image passe sur les écrans télé et est impressionnante. Les médecins remettront le doigt indiscipliné en place et le joueur terminera une partie que le PSG remporte. Enfant de la maison, Sakho voit sa cote encore grandir auprès des supporters. Chez les coéquipiers, ce n'est qu'admiration et louanges. Le capitaine parisien et figure importante du foot français, ClaudeMakélélé déclara récemment : " Il peut être beaucoup plus fort qu'un Desailly, qu'un Thuram ( NDLR, l'idole de Sakho petit)... Quand il aura goûté à l'équipe de France en tant que titulaire, il prendra facilement la place de ceux qui étaient là avant lui à son poste. " Des propos qui font évidement échos à l'étranger et notamment outre-Manche où Arsenal le suit attentivement depuis un petit bout de temps. Arsène Wenger qui aimerait durcir sa défense voit en lui l'élément idéal. D'où une proposition récente d'environ 16 millions d'euros, rapidement refusée par la direction parisienne qui ne veut pas discuter en dessous de 20. Avec une reconduction de contrat jusqu'en 2014 en mars dernier qui lui assure 3 millions d'euros par an, le vrai Parigot peut voir venir. Avec en prime comme incentive, un brassard de capitaine promis pour la saison 2011-2012. Dans la logique des choses. PAR THOMAS BRICMONT - PHOTO: REUTERS" Il peut être beaucoup plus fort qu'un Desailly, qu'un Thuram. "(Claude Makélélé)