Le foot n'en finira jamais de nous rappeler qu'il n'est qu'une excroissance de la vie. Qu'un stade de foot n'est pas un coin de paradis où l'humain devient divin de son vivant. L'Italie vient de connaître des semaines sombres. Des débris du passé remontent à la surface de la mare aux connards.
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Le foot n'en finira jamais de nous rappeler qu'il n'est qu'une excroissance de la vie. Qu'un stade de foot n'est pas un coin de paradis où l'humain devient divin de son vivant. L'Italie vient de connaître des semaines sombres. Des débris du passé remontent à la surface de la mare aux connards. Cette minorité de frustrés qui pensent que le ticket payé donne droit à vomir sa rancoeur de la vie, sa connerie sans coeur. Que même si les mots dépassent la pensée, leur écho sème la douleur. Koulibaly puis Matuidi et maintenant Kean en ont souffert. Du racisme. Le pire, c'est que ça devient " normal ". Le pire, c'est que la Fédération a donné le moyen de faire comprendre que cela n'avait pas de place dans notre monde, dans nos stades. L'arbitre peut arrêter ces matchs de la honte. Mais jamais, personne n'entend quoi que ce soit. " Vous comprenez, avec le bruit qu'il y a dans un stade, avec la tension que l'on doit gérer, on doit se concentrer sur le jeu. ". Oui, bien sûr. Le pire, c'est aussi le discours des entraîneurs. Mêmes excuses pour ne pas prendre de décisions courageuses mais néanmoins indispensables. Pour ne pas mettre le " collectif " au-dessus de tout. Au-dessus du joueur et au service de l'homme. Et donc faire sortir ses hommes du terrain. Tout le monde condamne, bien sûr. Mais personne n'applique le jugement. Normal, quasi tous les stades du monde sont concernés. Dans l'affaire Moise Kean, le pire c'est aussi la déclaration d'après match de son coéquipier Leonardo Bonucci. " Il est à 50% responsable de ce qui lui est arrivé. " Responsable ? Coupable tant qu'on y est. Mais de quoi ? D'avoir célébré ce but avec classe et dignité. Moïse a ouvert les bras sans rien dire. Une posture divine. Du haut de ses 19 ans, il a donné une leçon. Oui, il est responsable à 100% de notre... admiration. La classe au bout des pieds, la grâce au bout du coeur. Tout un symbole que ce soit le 1er joueur né dans ce siècle à jouer en Serie A et avec la Squadra. Il est né en Italie, il est Black, il peut devenir l'exemple à suivre pour que ce siècle soit moins pire que les autres. Cela dit, notre football n'a pas de leçons à donner. Les " Waalse ratten " et " Sales Flamins " tellement propres à notre pays continuent de polluer l'ambiance. Et qu'en est-il des sanctions contre les chants antisémites entendus dans un stade où le président est aussi vice-président de notre fédération ? Vigilance ! Aucun combat n'est perdu d'avance. Pendant ce temps là, un autre Black donne la leçon. D'école. De vie. Raheem Sterling, buteur devenu bienfaiteur. Le gars invite 550 jeunes à Wembley pour assister à la demi- finale de FA Cup entre Manchester City et Brighton. Des jeunes de son ancienne école à Londres, fréquentée lorsqu'il est arrivé de sa Jamaïque natale à l'âge de 5 ans. Il avait déjà fait une " belle " donation pour aider les victimes de l'incendie des tours Grenfell à Londres. La claaaasse Raheem. En dehors et sur les terrains. Et là, on fait une petite parenthèse pour rendre à Pep ce qui revient à Guardiola. On s'est souvent offusqué de ses indignations sélectives. Pour les droits de l'homme en Catalogne mais silencieux sur les agissements indignes au pays de ses patrons. On avait relevé que faire des résultats était bien plus facile quand, à chaque mercato les centaines de millions aidaient à composer une " Dream Team " de noms. On ajoute qu'encore faut-il les faire jouer et sublimer notre sport...ensemble. Pep le fait à merveille et dans le cas de Sterling on peut aussi dire que là on voit la " patte " du coach. Depuis qu'il a croisé la pelouse du Catalan, Raheem est devenu ce qu'il a failli ne jamais être. Un grand joueur. Constant. Capable match après match d'étaler l'intelligence en mouvement enseignée par Guardiola. Voilà qu'on recommence à s'émerveiller. On parle de foot. De ce jeu qui demande de la réflexion et qui se doit d'en inspirer dans les tribunes. Dans ce cas, l'enjeu doit dépasser le jeu. C'est l'avenir de notre humanité qui est en...jeu.