" En cette fin de saison, au moment des rétrospectives on s'est dit qu'on rencontrerait volontiers un grand entraîneur à la José Mourinho ou Rafa Benítez pour parler de leur travail et du foot européen. On a aussi songé à Aimé Jacquet mais finalement c'est le nom de Paul Le Guen qui s'est imposé. C'était super intéressant comme sujet car on y voit un coach quasi néophyte et sans emploi débarquer dans le club champion de Fran...

" En cette fin de saison, au moment des rétrospectives on s'est dit qu'on rencontrerait volontiers un grand entraîneur à la José Mourinho ou Rafa Benítez pour parler de leur travail et du foot européen. On a aussi songé à Aimé Jacquet mais finalement c'est le nom de Paul Le Guen qui s'est imposé. C'était super intéressant comme sujet car on y voit un coach quasi néophyte et sans emploi débarquer dans le club champion de France et reconduire ce titre à trois reprises ! Il a eu du cran d'accepter le défi et il étonne maintenant quand il arrête les frais. Je voulais savoir quelles étaient ses recettes, sa philosophie et où il voulait partir. L'explication de son départ est qu'il se trouve en fin de cycle et que répéter le succès est très difficile. Cela dit, il affirme laisser un groupe de joueurs formidable. Il faut l'écouter parler aussi de son président et de son staff. Il dit qu'à un certain moment tout le monde a ses propres ambitions, surtout peut-être après tant de succès,... et il s'inclut dans le nombre. Le Guen est une personne fort bien éduquée : quand on lui pose des questions sur la façon de travailler de ses collègues, il zappe la demande. Il dit qu'il n'est pas là pour ça, qu'il a pu travailler dans des conditions favorables et qu'il estime parfaitement la précarité du métier. Il est fier de son parcours lyonnais et de ce que ses joueurs lui ont donné. On parle aussi de ce qu'il leur demande, à commencer par une forte densité physique. La seconde partie du reportage le voit parler des grands championnats européens avec û on le sait û un peu de vibrations dans la voix quand il parle de la Bundesliga... C'était sympa de le revoir parce que j'avais pu faire sa connaissance en mai 2002 lors de la finale de la Cup en Angleterre. La veille, on s'était retrouvé au restaurant avec Jean-Paul Colonval et on avait dîné avec lui. Il venait de terminer son bail avec Rennes et était au chômage : il n'avait pas encore signé à Lyon et ne savait pas ce dont son avenir serait fait. Il avait même dit qu'Anderlecht l'intéresserait et que ce serait sympa d'y retrouver Franky Vercauteren. Il se souvenait de notre rencontre... Au total, le portrait de Le Guen fait une petite heure. Ce fut une rencontre très intense et très forte. Il fait incontestablement partie des gens qui m'ont déjà marqué. Sa connaissance du jeu est forcément énorme, mais il est synthétique, il sait où il va, il possède une grande maturité et du charisme. En plus, quand il baisse la tête il me fait penser à Zizou...". Jean-François Remy