C'est fait : il l'a enfin endossé, ce maillot brugeois dont il rêvait depuis qu'il était petit. Du moins pour la photo, car pour l'endosser en match, il devra encore attendre. La rencontre contre Westerlo, qu'il s'apprêtait à débuter sur le banc, a été remise... Mais, depuis longtemps ces couleurs lui allaient bien. " Sur les terrains du Futurosport, il était facilement reconnaissable ", se souvient FabianLestienne, le papa de Max. " Il s'entraînait souvent avec le maillot bleu et noir, ce qui lui valait parfois certaines remarques d'ailleurs. "
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C'est fait : il l'a enfin endossé, ce maillot brugeois dont il rêvait depuis qu'il était petit. Du moins pour la photo, car pour l'endosser en match, il devra encore attendre. La rencontre contre Westerlo, qu'il s'apprêtait à débuter sur le banc, a été remise... Mais, depuis longtemps ces couleurs lui allaient bien. " Sur les terrains du Futurosport, il était facilement reconnaissable ", se souvient FabianLestienne, le papa de Max. " Il s'entraînait souvent avec le maillot bleu et noir, ce qui lui valait parfois certaines remarques d'ailleurs. " Comment l'ancien n°16 de l'Excelsior Mouscron, un numéro qu'il a conservé au stade Jan Breydel, est-il devenu supporter du Club ? " C'est difficile à expliquer ", poursuit Fabian. " Cette équipe lui plaisait, c'est tout. A Mouscron, on n'est pas bien loin de la Flandre. Max est d'ailleurs né à Courtrai, par un concours de circonstances, même s'il a grandi dans la Cité des Hurlus. " Supporter des BlauwenZwart, Max l'était encore davantage de l'Excel, un club auquel il doit tout. Déjà, lorsqu'il a soufflé ses 16 bougies, il a préféré signer son premier contrat chez les Hurlus plutôt qu'au LOSC. Il s'est aussi rendu à Manchester United, sans signer. Anderlecht l'a courtisé. Très récemment, LucNilis s'est déplacé jusqu'au Nouveau Monde pour essayer de l'attirer au PSV Eindhoven. En vain. Jusqu'au bout, Max a tenu à honorer ses engagements vis-à-vis de l'Excel. Pas uniquement par conscience professionnelle, aussi par passion. A Roulers, le fameux match au terme duquel les joueurs avaient distribué leurs maillots rouges aux supporters parce qu'ils croyaient que c'était le dernier, il était là. Contre Lokeren, lorsque Mouscron avait dû jouer en bleu parce qu'il n'y avait plus d'autres équipements disponibles, il était là aussi. Après coup, il s'est avéré que ce match restera comme le dernier de l'Excel en D1. Max vivra avec un grand regret : celui de ne pas être parvenu à marquer un but au Canonnier. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé : contre Lokeren, même lorsque le marquoir s'affolait dans l'autre sens, il n'a pas ménagé ses efforts pour inscrire ce petit but qui lui aurait tant fait plaisir. " Surtout pour les supporters ", confirme son papa. " C'est vrai qu'il aurait bien aimé leur offrir ce cadeau. Ses trois buts en D1, il les a tous inscrits en déplacement. Sans la faillite de Mouscron, Max serait sans doute encore resté deux ans. Jusqu'au bout, on a cru que l'Excel allait pouvoir survivre. Qu'un investisseur allait miraculeusement débarquer à la dernière minute. Malheureusement, cette fois, cela n'a pas été le cas. "Lorsque les curateurs ont finalement décidé de la mise en liquidation, Max s'est donc retrouvé libre, comme dans la chanson. Et il n'a pas sauté de joie, même si les recruteurs de clubs prestigieux se pressaient depuis plusieurs semaines dans les travées pour le voir à l'£uvre. Il n'a donc eu que l'embarras du choix. Sur 37 possibilités, Max a opté pour Bruges. Etait-ce le meilleur choix ? " Le meilleur, je ne sais pas, mais un bon choix en tout cas ", estime son cousin GiovanniSeynhaeve. " Cela aurait pu être pire. L'idée de partir à l'étranger, par exemple, ne m'enthousiasmait pas du tout. Mentalement, il n'était pas prêt pour cela. Trop jeune, pas encore assez responsable, surtout pour partir seul. " La maman de Giovanni est la s£ur du papa de Maxime. Ils sont donc cousins. " Lorsqu'on était petits, on se voyait régulièrement. Lorsque nos parents respectifs se rendaient visite, on les accompagnait. Max et moi, on parlait beaucoup de football. "Et lorsque Giovanni a commencé à jouer en équipe Première, le petit Max, assis sur les genoux de son papa, n'avait d'yeux que pour lui. Gio n'était pourtant qu'un simple défenseur, conscient de ses limites. Comment Max est-il devenu alors un attaquant très prometteur ? " Dès son plus jeune âge, il s'est illustré par sa rapidité, et surtout sa vitesse balle aux pieds ", se souvient Seynhaeve. " Ses différents entraîneurs ont donc très rapidement compris à quelle position ils devaient l'aligner : attaquant ou joueur de couloir. "Au niveau du caractère aussi, Gio et Max sont très différents. Gio a toujours été doux comme un agneau, dans la vie comme sur le terrain, ce qui lui a parfois joué des tours. Max est réputé pour avoir connu une jeunesse un peu turbulente, à tort ou à raison. " C'est-à-dire qu'il a grandi dans le quartier du Nouveau Monde, où j'ai moi aussi habité lorsque je vivais chez mes parents, et qui n'est pas le plus aisé de Mouscron ", confirme Seynhaeve. " Cette zone est fréquentée par une bande de jeunes au caractère bien trempé, et la tentation était grande pour Max de les rejoindre. Il s'est parfois laissé entraîner, et a fait quelques conneries, mais il faut que jeunesse se passe, comme on dit. Maintenant, j'ai été amené à fréquenter moi-même cette bande de jeunes, lorsque j'ai travaillé comme éducateur dans le Nouveau Monde. Ce sont de charmants garçons, mais sans doute un peu dés£uvrés, et qui recherchaient des occupations. Max a très vite trouvé son occupation à lui : c'était le football. Même s'il retrouve parfois encore ses anciens copains, il s'est détourné des conneries pour se concentrer sur le ballon rond. Peut-être va-t-il désormais entraîner ses anciens copains sur la bonne voie, car ils sont aujourd'hui très fiers de ce que Max a accompli. " Max affirme écouter les conseils qu'il reçoit de Giovanni. " J'ai toujours essayé de le guider ", poursuit ce dernier. " Lorsqu'il a intégré l'équipe Première à Mouscron, je lui ai conseillé de tenter quelque chose à chaque match, de se montrer décisif le plus souvent possible. Surtout, de ne pas connaître un creux durant cinq ou six semaines, car on est vite oublié. Je constate avec plaisir qu'il m'a écouté, puisqu'après avoir été titularisé lors de la troisième journée, il n'a plus quitté l'équipe. Ce que je lui conseillerais pour Bruges ? Peut-être, de ne pas s'impatienter s'il ne s'impose pas tout de suite. Il a six mois pour se préparer à la reprise de l'été prochain, pour trouver ses marques, se familiariser avec son nouvel entraîneur, ses nouveaux équipiers. D'un autre côté, il faudrait tout de même qu'il prenne régulièrement place sur le banc, et qu'il monte de temps en temps. Ce serait malvenu de passer d'un statut de titulaire à rien du tout. Mais il ne faut pas oublier qu'il n'a que 17 ans, et qu'il saute une étape puisqu'il est passé d'un petit club comme Mouscron à un grand du championnat de Belgique comme Bruges, sans passer par le subtop. Le plus difficile, a-t-on coutume de dire, n'est pas d'arriver au sommet mais de confirmer. Max doit travailler dans ce but. Tout a été très vite pour lui. Personnellement, je compte aujourd'hui plus de matches de D1 que lui, mais en 15 ans de modeste carrière, je n'ai jamais vécu tout ce qui lui est arrivé en six mois. Toutes ces sollicitations, l'embarras du choix entre plusieurs grands clubs... Garder la tête sur les épaules n'est pas évident, mais s'il est bien entouré, il devrait y parvenir. En tout cas, quelqu'un m'a dit que son ancien entraîneur MiroslavDjukic a été très fier lorsqu'il a appris que Max avait signé à Bruges. " Le technicien serbe confirme : " Lorsque j'ai appris que Max avait signé à Bruges, je lui ai envoyé un message de félicitations via Facebook. J'ai été très heureux lorsque Max m'a appelé pour me remercier de ce que j'avais fait pour lui. J'ai cherché à envoyer un message à DaanVanGyseghem également, mais je ne suis pas parvenu à le joindre. D'une manière générale, j'éprouve toujours une grande satisfaction lorsqu'un de mes anciens élèves aboutit dans un grand club. C'était déjà le cas au Partizan Belgrade. Mon expérience belge n'aura malheureusement duré que quelques mois, mais je pense avoir lancé la carrière de Max. Il avait déjà joué dix minutes avec EnzoScifo la saison passée, contre Bruges précisément, mais lorsque j'ai débarqué à Mouscron durant l'été 2009, personne, à part les insiders du club, ne le connaissait. C'était encore un enfant. Quelques mois plus tard, il a fait son trou. Tout le monde en parle et il n'avait que l'embarras du choix pour se recaser. Je pense qu'il a fait le bon choix en optant pour Bruges, pour deux raisons : 1° Il ne doit pas déménager, il pourra continuer à vivre avec ses parents dans la maison familiale, et c'est important à son âge car il ne sera pas livré à lui-même. 2° S'il avait opté pour Anderlecht ou le Standard, il aurait eu une énorme pression sur ses épaules, car ce sont deux clubs qui ont d'abord une obligation de résultats. Peu importe le développement d'un individu, il faut d'abord que l'équipe gagne. On aligne les meilleurs, les plus mûrs, et tant pis si c'est au détriment d'un jeune joueur. Je ne dis pas que Bruges n'a pas envie d'être champion, mais la pression y est tout de même moins forte. C'est aussi un club qui a une certaine philosophie, une bonne équipe avec un bon entraîneur, qui prône un football construit, bien élaboré et où Max, j'en suis sûr, sera bien encadré. Max a un potentiel très intéressant, mais encore une très belle marge de progression. Daan aussi, mais il a déjà quatre ans de plus, et est un peu plus mature. Max est un bon garçon, mais il doit encore franchir davantage d'étapes, pas seulement pour réussir dans le football, mais aussi dans la vie. "Djukic aura sans doute l'occasion d'aller féliciter ses anciens élèves à Valence, lorsque Bruges s'y produira en Europa League : " Croyez bien que, si je suis toujours sans club à ce moment-là, je ne manquerai pas d'aller faire un tour à Mestalla. "Un qui est fier aussi, c'est JosephSlimani, le directeur de l'école des sports de Mouscron : " Le passage de Max à Bruges est une reconnaissance pour l'école... où il est, d'ailleurs, toujours inscrit ! Il suit un horaire aménagé, comme d'autres sportifs de haut niveau, mais il continue. Pour combien de temps ? Bonne question ! Il est dans la section sanitaire, où il lui reste deux ans pour obtenir son diplôme, mais je ne pense pas qu'il ira jusque-là. En juin, il aura 18 ans, et cessera d'être en âge d'obligation scolaire. C'est dommage, mais compréhensible. Max n'a jamais été un élève très assidu, et aujourd'hui, il sent qu'il peut percer dans le football et veut se concentrer là-dessus. On est habitué à gérer ce genre d'élève et on tient compte de leurs aspirations. Ceux qui s'inscrivent dans l'enseignement technique n'ont généralement pas trouvé leur bonheur dans l'enseignement traditionnel. Mais, si Max a parfois été turbulent, je n'ai jamais rencontré le moindre problème avec lui, au contraire. C'est un charmant garçon, au grand c£ur. A Noël, il est encore venu à la maison avec sa maman, pour m'apporter un ballotin en remerciement de tout ce que j'avais fait pour lui. Cela m'a profondément touché. Chaque fois qu'il a été sélectionné en équipe nationale, que ce soit en U17 ou en U19, il m'en a directement averti. J'ai connu un autre jeune joueur qui se montrait aussi attentionné : FilstonMonguN'Koy, mais lui n'a malheureusement pas percé dans le football. Ils deviennent rares, les footballeurs qui n'oublient pas leurs éducateurs. " L'école des sports, elle, va continuer. " Je suis précisément en train de plancher sur les projets pour la saison prochaine ", poursuit Slimani. " On recherche d'autres partenaires, sportifs et financiers. L'Excelsior renaîtra sans doute de ses cendres, sous une autre forme que j'ignore encore, mais en ce qui nous concerne, on prendra une autre orientation. L'école va d'ailleurs changer de nom, elle s'appellera EcoledesSports, desArtsetdesMétiers. Elle a toujours eu une vocation transfrontalière, cela ne date pas d'aujourd'hui : IdirOuali est Français. Cette vocation pourrait s'intensifier. Lorsqu'on parle de l'étranger, on regarde presque automatiquement du côté du LOSC, le club le plus proche. J'ai, en effet, toujours entretenu de bonnes relations avec Jean- MichelVandamme, le directeur du centre de formation. Mais on n'acceptera pas tout et n'importe quoi. Le LOSC voit surtout l'aspect économique. Nous, on prend d'autres aspects en considération, comme la scolarité. " Et Bruges, dans tout cela ? " Je considère, moi aussi, que Max a effectué le bon choix, pour la proximité et le contexte familial déjà évoqué. A l'image d'autres clubs, comme Zulte Waregem et Renaix, Bruges a offert l'entrée gratuite aux anciens abonnés de l'Excelsior. Les dirigeants flandriens y voient évidemment tout le profit qu'ils pourraient en tirer pour l'avenir, mais je pense que ce n'est pas un coup dans l'eau. Quelques Mouscronnois risquent d'être tentés d'aller au stade Jan Breydel pour y encourager trois de leurs anciens joueurs. Je m'apprêtais d'ailleurs à m'y rendre, samedi, lorsque j'ai appris la remise du match. "A Bruges, Max retrouvera aussi JonathanBlondel. " Au départ, Max ne connaissait pas Blondel, si ce n'est de nom ", précise Seynhaeve. " Leur formation n'a évidemment pas coïncidé. La perspective de pouvoir faire la route ensemble a sans doute joué également. " L'autre option, comme taxi, était Van Gyseghem. " On se doutait depuis un certain temps que Daan allait également prendre la direction du stade Jan Breydel ", confie Fabian Lestienne. " Max a été le premier à signer, mais il a d'emblée reçu un message de Daan lui signifiant : - Netetracassespas, j'arrive ! Et le jour où Daan a signé son contrat à son tour, il a téléphoné à Max pour lui dire : - C'estbon, onpeutallerensemble àl'entraînementdemain ! Aujourd'hui, Max fait la route tantôt avec Blondel, tantôt avec Van Gyseghem. Maintenant, il ne lui reste qu'une chose à faire : travailler. Il n'est encore nulle part et ce n'est qu'avec le travail qu'il arrivera. Je sais de quoi je parle : j'ai moi-même été un ouvrier toute ma vie et j'ai dû travailler dur pour obtenir le peu que j'ai. Mais Max a une chance énorme : il a du talent. A lui de faire en sorte de le faire fructifier. " par daniel devos"Je suis très fier de ce que Max a déjà accompli. (Miroslav Djukic)"