Arrivé à Mouscron durant l'été 2001, Geoffrey Claeys (28 ans) entrait dans cette catégorie de joueurs qu'affectionnait Hugo Broos: les "revanchards". Le demi défensif brugeois, ex-international et ex-grand espoir du football belge, restait sur trois saisons plutôt décevantes au Lierse, à Alost et à Anderlecht, et l'ancien entraîneur hurlu se faisait fort de lui faire retrouver son niveau d'antan. Peine perdue: la première saison de Geoffrey Claeys au Canonnier fut aussi décevante que les précédentes.
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Arrivé à Mouscron durant l'été 2001, Geoffrey Claeys (28 ans) entrait dans cette catégorie de joueurs qu'affectionnait Hugo Broos: les "revanchards". Le demi défensif brugeois, ex-international et ex-grand espoir du football belge, restait sur trois saisons plutôt décevantes au Lierse, à Alost et à Anderlecht, et l'ancien entraîneur hurlu se faisait fort de lui faire retrouver son niveau d'antan. Peine perdue: la première saison de Geoffrey Claeys au Canonnier fut aussi décevante que les précédentes. Malgré le changement d'entraîneur, et la prise de pouvoir de Lorenzo Staelens, il fut à deux doigts d'être relégué sur une voie de garage, lorsqu'une bonne prestation en match amical contre Lens le sauva. Son premier tour fut très satisfaisant. Depuis la reprise, il semble parfois retomber dans ses anciens travers. "Victime du malaise général"GeoffreyClaeys: Lorsqu'on se rappelle d'où je viens, c'est-à-dire pratiquement d'un abysse, je ne peux pas être mécontent. Durant le premier tour, j'ai joué tous les matches, à un niveau fort acceptable. C'est plus qu'au cours des deux saisons précédentes réunies. Depuis la reprise, j'ai un peu sombré avec l'équipe. J'ai commencé à l'arrière gauche, qui n'est pas ma place de prédilection, puis j'ai souffert de deux petites blessures. Je n'ai plus reproduit mes prestations antérieures. J'ai été victime du malaise général. Et contre Bruges, j'étais malade. Vous étiez arrivé comme demi défensif, une place que vous n'avez pratiquement jamais occupée...Non, sauf lors du match à St-Trond, cette saison. D'une certaine manière, cela reflète ma polyvalence. C'est bien. Je demeure persuadé que mes deux places de prédilection sont celles de demi défensif et d'arrière central. Les circonstances ont voulu que je débute la saison comme arrière central, parce que Gordan Vidovic était indisponible pour le déplacement au Standard. J'ai continué à cette place-là. Je m'en accommode. J'apprécie moins le poste d'arrière gauche. C'est une solution de fortune, lorsqu'il n'y a pas d'autre alternative.Comme arrière central, vous aviez aussi un rôle de guide à jouer vis-à-vis des jeunes qui vous entouraient: Charlet, Fransman, Filston...Oui, c'était en début de saison. Entre-temps, la défense a été fréquemment modifiée. Les blessés d'autrefois sont revenus, d'autres ont pris leur place à l'infirmerie. Aujourd'hui, Gordan Vidovic frappe de nouveau à la porte de l'équipe Première et l'entraîneur doit effectuer un choix.Vido et vous ensemble, cela ne va pas?Nous sommes deux arrières centraux gauchers. Nous nous entendons bien et j'estime que nous pourrions parfaitement évoluer côte à côte, mais l'entraîneur ne partage pas cet avis: il affirme que deux gauchers ensemble font rarement bon ménage. Ces dernières semaines, j'avais reçu la préférence. Durant la semaine qui a précédé le déplacement au Lierse, j'ai eu l'impression que le vent tournait et que la balance penchait plutôt en faveur de Vido. Cela se sent à l'entraînement: dans les petits matches, l'entraîneur compose les équipes en fonction du dispositif qu'il adoptera le week-end suivant et je figurais rarement parmi les titulaires. Je paye sans doute l'erreur que j'ai commise contre Andres Mendoza, voici dix jours.Lorenzo Staelens vous a aussi reproché de ne pas lui avoir signalé votre maladie avant le match...Oui, je peux le comprendre. Je me sentais un peu faible, mais pas assez malade pour déclarer forfait. Les solutions de rechange ne sont pas légion actuellement, j'ai donc essayé de tenir ma place. Mais, plus le match avançait, plus je sentais que mes forces m'abandonnaient. A la mi-temps, j'ai moi-même sollicité mon remplacement.La facilité avec laquelle l'attaquant péruvien de Bruges s'est joué de vous était-elle imputable à votre état de santé?Lorsqu'on se sent mal, le mental en subit aussi le contrecoup. J'étais trop court sur tous les ballons, ce soir-là. En principe, lorsque je suis à 100%, je ne me laisse pas embarquer aussi facilement."Un peu de stabilité svp"Si je le savais. La défense n'est pas seule en cause. Dans le football moderne, on attaque à onze et on défend à onze. Beaucoup de buts encaissés sont le fruit d'erreurs individuelles. Les multiples remaniements que l'entraîneur a dû effectuer, contraint et forcé, n'y sont sans doute pas étrangers. Un peu de stabilité serait la bienvenue. J'espère qu'au cours des prochaines semaines, l'Excel pourra aligner la même défense lors du plusieurs matches d'affilée. Que j'en fasse partie ou pas. A l'avenir, il faudra prendre des points. Le beau football, c'est terminé.Les Vieux Démons réapparaissent. Et les critiques avec eux: "Les défenseurs mouscronnois sont trop lents", etc.J'ai appris à vivre avec les critiques. Elles ne me touchent plus guère. Vous connaissez beaucoup d'équipes belges qui possèdent une défense centrale très rapide? Lokeren, peut-être, avec Zere et Doba. Mais pour le reste? Quand on encaisse beaucoup de buts, on cherche toujours des boucs émissaires.Les problèmes trouvent parfois leur origine dans l'entrejeu?Steve Dugardein est parfois abandonné à son sort et se noie. L'adversaire s'infiltre de partout et il ne peut colmater toutes les brèches.On a aussi parlé d'une crise de confiance...Je pense qu'elle est logique. Lorsque les défaites s'accumulent, le moral en prend forcément un coup. Il faut surmonter cela. Si nous empochons les trois points contre St-Trond, la semaine prochaine, la machine sera peut-être relancée.Cela ne fera jamais que trois points. Après la trêve imposée par Croatie-Belgique, un déplacement à Lokeren se profilera à l'horizon. Avant, enfin, un programme un peu plus facile... Dans les circonstances actuelles, rien n'est facile pour Mouscron."Des jeunes, mais pas trop"Je ne le pense pas. Le premier tour fut le meilleur jamais réalisé par l'Excelsior. Le ressort s'est surtout cassé lors de ce maudit match de Coupe de Belgique à Overpelt où nous avons perdu Mbo Mpenza, et lors du tour suivant à Lommel, où nous avons perdu Marcin Zewlakow et Claude Bakadal. Pour la reprise, contre le Standard, nous n'avions plus d'attaquants. Mbo Mpenza est irremplaçable pour Mouscron. Paul Claudel Alo'o Efoulou a fait de son mieux, mais forcément, ce n'est pas le même niveau. Les problèmes rencontrés avec toutes ces blessures se répercutent sur le mental de l'équipe entière.Avec tous les jeunes introduits cette saison, vous devez avoir l'impression d'être un vétéran perdu dans la cour de récréation?N'exagérons rien. C'est vrai que l'excès nuit en tout. Introduire des jeunes, c'est bien. Qu'ils goûtent de temps en temps à la D1, c'est encourageant. Mais jouer toute la saison avec les jeunes, c'est trop. Je n'avais encore jamais vécu une situation pareille durant toute ma carrière. Il faut trouver un juste milieu entre la jeunesse et l'expérience. Je constate aussi que tous ces jeunes restent souvent entre eux. Ils demandent rarement conseil aux anciens.Etes-vous inquiet pour l'avenir, lorsque vous entendez que l'Excelsior vendra soit Mbo Mpenza, soit Marcin Zewlakow?Si une bonne proposition est faite, effectivement. Mais je crois que l'argent obtenu sera réinvesti. On ne peut pas vendre Mbo Mpenza et se contenter de le remplacer par un Junior du Futurosport. L'Excelsior n'achètera plus de vedette confirmée, mais devra alors jouer au plus malin: en recrutant des joueurs en fin de contrat ou en ayant le nez fin pour dénicher des talents aux étages inférieurs.Vous êtes arrivé juste à temps pour encore profiter d'une conjoncture favorable...C'est vrai, je le reconnais. J'ai pu signer un beau contrat. Si j'avais 21 ans aujourd'hui, je devrais sans doute me contenter de beaucoup moins.Quels objectifs vous êtes-vous fixés ?Il me reste deux ans de contrat. Cette saison, mes prestations se sont améliorées par rapport aux championnats antérieurs. Je placerai la barre encore un peu plus haut l'année prochaine. Je devrai me montrer tout à fait régulier, éviter ces baisses de régime qui furent encore mon lot cette fois-ci. Je devrai aussi éviter les cartons jaunes. J'en suis déjà à huit. Deux pour réclamations, les autres pour des fautes de jeu. Même si j'estime qu'ils n'étaient pas tous mérités, c'est trop.Daniel Devos"Rien n'est facile pour Mouscron"