La Louvière a disparu de la D1 (et même de la D2...) mais le Lierse et St-Trond ont repris le championnat le week-end dernier. Pour certains, ce fut un peu dur à accepter car ces clubs se trouvent au c£ur du scandale des matches truqués qui n'a toujours pas trouvé d'épilogue, ni au niveau de la justice ni à celui de la fédération.
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La Louvière a disparu de la D1 (et même de la D2...) mais le Lierse et St-Trond ont repris le championnat le week-end dernier. Pour certains, ce fut un peu dur à accepter car ces clubs se trouvent au c£ur du scandale des matches truqués qui n'a toujours pas trouvé d'épilogue, ni au niveau de la justice ni à celui de la fédération. Une situation inconfortable. Ce n'est qu'après les sentences finales qu'on y verra clair en matière de suspensions à l'encontre des clubs et des joueurs. Mais court-on tellement après les faits ? Si on prend les événements italiens en surface : oui, on est lent. En Italie, ce fut : 1. éclatement du scandale sur l'arbitrage au printemps, 2. ouverture de l'instruction par la CAF ( Commissionne d'Appello Federale) dans la foulée, 3. suspension de l'activité durant la Coupe du Monde et 4. verdict en deux temps après la quatrième étoile des Azzurri, d'abord par la CAF puis par la Corte Federale en appel. Mais si on gratte, cette vélocité étonne moins : la police italienne avait entamé ses écoutes téléphoniques il y a deux ans et les preuves se sont accumulées à l'égard des accusés. Or, en Belgique, les éléments du scandale ont été révélés progressivement il y a un an par les médias et la justice ne s'en est préoccupée que suite aux faits rapportés par les journalistes. La loi italienne prévoit l'existence de ces organes de sanctions fédéraux, composés de juges professionnels qui prennent des décisions radicales et sont aidés par la police dans leurs devoirs d'enquête. L'Union Belge est bien plus démunie et doit attendre les résultats de l'instruction judiciaire pour prendre ses mesures finales. Le parquet de l'UB a bien prononcé des suspensions et des amendes, mais sa commission de contrôle doit encore évaluer la portée juridique des contestations des avocats des tricheurs. Car la loi ordinaire garantit des protections aux gens qui tirent des revenus professionnels d'un secteur, si on les empêche de poursuivre leur travail. Alerté par la personne suspendue, un tribunal a toujours le droit de vérifier si la punition est proportionnelle et raisonnable. Bref, en sport, on ne peut pas rayer les tricheurs de la carte parce que c'est leur métier et qu'il existe une protection légale pour les travailleurs. Et ce, bien que tous les fans détestent ceux qui ne respectent pas les règles du jeu... C'est sans doute pour cela que les sanctions italiennes nous paraissent soft. Car pourquoi ne pas punir de la même peine les quatre clubs qui ont triché ? Dans la justice ordinaire, il est sans doute normal de tout soupeser et évaluer mais la beauté du sport n'est-elle pas de pouvoir dire : -Les clubs qui ont triché en Série B ! Pourquoi estimer si on a plus ou moins triché ? C'est comme les Moggi and Co, qui encourent des suspensions allant de un à cinq ans. En sport, on aimerait pouvoir dire : -Dehors pour toujours...Heureusement, les dirigeants qui ont triché sont poursuivis, en plus, sur le plan pénal pour escroquerie et ça c'est une bonne nouvelle pour la morale sportive. Mais, pour en terminer, tous ces problèmes d'adéquation entre les exigences des justices sportive et ordinaire sont encore plus aigus sur le plan international. Exemple : les cas de dopage où les fédérations internationales, comité olympique international et agence mondiale antidopage ont du mal à £uvrer ensemble. Si les dopés et les dopeurs ont toujours une longueur d'avance sur la détection car ils essayent des produits de la pharmacopée inconnus en dopage, qui ne suscitent donc pas d'alerte, ils profitent également des contradictions des règlements et lois pour s'y faufiler et s'en tirer mieux qu'on ne voudrait.john baete