Marc Herremans (40 ans) est célèbre pour ses performances en triathlon, avant et après l'accident qui l'a paralysé à partir de la poitrine, et pour sa fondation ToWalkAgain. Cedric Dumont (42 ans) fait du skydiving et du base jump, possède un master en sport et en psychologie et est coach mental d'hommes d'affaires et de sportifs. " J'ai travaillé trois ans avec l'équipe nationale de hockey mais je suis également des footballeurs et des surfeurs comme Dean Vandewalle. La psychologie, pour moi, est la prise de conscience de ce qu'on peut faire, la fixation d'un objectif et la définition de la façon dont on peut l'atteindre. " Via Red Bull, je suis entré en contact avec les concepts de support mental et de psychologie du sport. En raison de mon expérience et compte tenu des disciplines que je pratique, je dois être prêt aussi bien physiquement que mentalement. Un jour, on m'a demandé de faire un exposé en la matière à des athlètes soutenus par Red Bull. C'est ainsi que tout a commencé. "
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Marc Herremans (40 ans) est célèbre pour ses performances en triathlon, avant et après l'accident qui l'a paralysé à partir de la poitrine, et pour sa fondation ToWalkAgain. Cedric Dumont (42 ans) fait du skydiving et du base jump, possède un master en sport et en psychologie et est coach mental d'hommes d'affaires et de sportifs. " J'ai travaillé trois ans avec l'équipe nationale de hockey mais je suis également des footballeurs et des surfeurs comme Dean Vandewalle. La psychologie, pour moi, est la prise de conscience de ce qu'on peut faire, la fixation d'un objectif et la définition de la façon dont on peut l'atteindre. " Via Red Bull, je suis entré en contact avec les concepts de support mental et de psychologie du sport. En raison de mon expérience et compte tenu des disciplines que je pratique, je dois être prêt aussi bien physiquement que mentalement. Un jour, on m'a demandé de faire un exposé en la matière à des athlètes soutenus par Red Bull. C'est ainsi que tout a commencé. " Herremans, lui, entraîne des athlètes depuis 2008. L'équipe de quatre triathlètes de Wuustwezel qu'il a lancée alors fait fureur. " Tous les quatre ont atteint l'équipe nationale et ont eu de meilleurs résultats que les talents recrutés dans les écoles de sport de haut niveau de toute la Flandre. " Marc Herremans : En s'entraînant à fond, en faisant du sport une passion, on compense beaucoup de choses. Les sportifs un peu moins doués qui ont la volonté de réussir vont souvent plus loin. Les sportifs de classe mondiale allient talent et détermination. Marc : Les analyser mentalement et physiquement, tester leur résistance. Quels sont leurs objectifs, leurs éventuels points faibles, de quoi sont-ils capables ? Cedric Dumont : Nos jeunes n'utilisent pas leur talent. Cedric : On est discipliné, on travaille dur sans se relâcher, on canalise son énergie. Ces détails font la différence entre un sportif de haut niveau banal et un tout grand. Messi est parfaitement conscient de ce qu'il fait et il ne s'attarde pas sur le passé. Nous absorbons trop de peurs du passé. Un de mes exercices de base consiste à rester dans le présent. Cedric : Par la visualisation, entre autres. En visualisant ce qu'on veut et en s'y concentrant tous les jours, l'objectif final devient une évidence. Marc : La définition d'un objectif ! Après mon accident, j'ai voulu gagner Hawaï puis participer au Crocodile Trophy et devenir père. Je me voyais franchir la ligne en premier. Je m'enfermais dans le garage pour pédaler huit heures sur les rouleaux. Sans musique, sans TV. Je fixais la porte du garage. Je ne pensais qu'à la compétition. Quand on se répète qu'on va réussir, on est capable de réussir même l'impossible. Nous voulons transmettre ça aux jeunes. Cedric : Ce qui fait la différence, c'est la détermination, la discipline, la structure, la rage de vaincre. L'alpiniste Alex Honnold a dit : " Je n'ai pas de secret, seulement quinze ans d'entraînement et de préparation. " Cedric : Par l'implémentation d'habitudes positives. Tout sportif de haut niveau a des rituels positifs. Ils font partie de sa vie et ne requièrent aucun effort. Marc : Les jeunes athlètes doivent entraîner leur goût de l'effort. Pour moi, l'entraînement était une fête. Cinq heures de saut à la corde dans le grenier, avec une veste de pluie, ça me donnait un kick. Je travaillais dix heures par jour dans la construction, j'avalais une assiette de couscous, j'enfilais mes godasses et je courais jusqu'à Scherpenheuvel. 65 kilomètres. On venait me rechercher la nuit. Marc : Ça m'est arrivé au Crocodile Trophy. Après la huitième étape, je suis devenu tout froid dans mon lit. J'ai voulu appeler le médecin mais je n'avais plus de voix. Je ne pouvais plus bouger et je me suis endormi en pleurant, pensant que ma vie touchait à sa fin. Je me suis quand même réveillé, j'ai bouclé les deux dernières étapes mais ensuite, j'ai perdu connaissance tous les jours, pendant six mois. Comme je voulais être un papa en bonne santé, je n'ai plus fait de compétition depuis. Cedric : Marc est extrême mais on peut apprendre beaucoup de lui, en étant plus modéré. Par exemple, diminuer la douleur en pensant à autre chose. Marc : Je me suis peut-être radicalisé à cause de mon accident, de la colère. Je me suis brisé le dos mais arrêter aurait entériné la victoire de l'accident. On peut atteindre ses objectifs en transformant la colère en énergie positive. Cedric : Combien de gens disent qu'ils n'ont pas de talent pour la musique. Moi, je leur demande combien d'heures ils ont essayé ! Chacun peut réussir, en s'entraînant et en s'acharnant. Cedric : Naturellement. Il faut de la passion. Cedric : Etre prêt à tout sacrifier pour atteindre son objectif, y compris sa vie sociale. Cedric : Quasi solitaire. Je le suis parfois car mon style de vie et ma manière de penser sont très différents de ceux de la plupart des gens. Cedric : La sécurité n'existe pas. Une seule chose est sûre : la mort. Marc : Beaucoup de gens vivent dans la peur de ce qui pourrait leur arriver. Ils contrôlent par peur. Cedric : Nous sommes dominés par toutes sortes de craintes primitives que nous projetons sur des choses qui ne menacent pas notre vie. Si nous les appréhendons rationnellement, nous pouvons nous en défaire. Marc : Beaucoup de gens font des trucs qu'ils n'aiment pas pendant trente ans, pour être en sécurité. Il faut essayer de conserver son estime de soi. C'est l'essence ! Cedric : Moi aussi, j'ai des craintes et c'est nécessaire : cela me rend conscient de ce qui peut foirer. Je n'aime pas la peur mais j'adore la surmonter et repousser mes limites. C'est lié aux endorphines : elles vous rendent accro. Je sais que je peux mourir, je l'accepte et j'y suis prêt. Cedric : Beaucoup. Il y a une relation entre pression et préparation. Une mauvaise préparation entraîne plus de pression. Mieux on se sent, plus on est dans le flow. Marc : Il faut pouvoir aller à une compétition et dire : je ne pouvais pas faire davantage. Cedric : Pour moi, c'est l'équilibre parfait entre une concentration optimale, savoir ce qu'on fait à chaque mouvement, connecter tous ses sens à son environnement. Savoir qu'on est bien préparé mais tout oublier. Avant de sauter, je suis parfois envahi de pensées négatives mais je remplis mon esprit de pensées positives. Le parfait équilibre entre body and mind, entre corps et esprit, c'est l'essentiel. Et ce n'est pas pour rien que c'est le slogan, aussi, de la philosophie prônée par Red Bull. Quand tout est en harmonie à ces niveaux, alors je sais que je suis prêt. Cedric : La méditation, des exercices de relaxation, l'analyse des émotions, le blocage des émotions. Je m'entraîne sans arrêt car sinon, je perds mon feeling dans les airs et une partie de ma force mentale. Mais je dois me méfier de la routine, qui peut être dangereuse. Bravoure et stupidité sont très proches. Marc : Un sportif vit avec des oeillères car il ne pense qu'à son objectif et à la manière de le réaliser. Ma fille m'a ouvert les yeux. A sa naissance, pour la première fois de ma vie, j'ai pleuré de joie. Mes meilleurs moments sont ceux où je vais dans les bois avec ma fille et mes chiens. Si, sur mon lit de mort, on me demande ce qui me manquera le plus, je dirai : ma famille et mes amis. Pas Hawaï. Je donne beaucoup de conférences pour les entreprises. Je ne raffole pas mais je le fais pour assurer l'avenir de ma fille. Certains me disent que je gagne bien ma vie pour parler une heure. Moi, je réponds : " Prends ton vélo, roule dans le ravin, casse-toi le dos, gagne Hawaï quatre ans plus tard, fais le Crocodile Trophy l'année suivante et tu pourras le faire aussi. " Cedric : Quel âge a ta fille ? Marc : Un an et sept mois. Cedric : J'ai un fils de deux ans. Marc : S'ils se rencontrent, quelle progéniture auront-ils ! Cedric : Quand mon amie était enceinte, on m'a souvent demandé si j'allais arrêter mais était-ce la garantie d'une vie plus longue ? Et puis je veux transmettre une valeur à mon fils : suivre sa passion. Marc : Tant qu'on a de la passion, il faut continuer. Cedric : Des pilotes de F1 ont des enfants. Et Michael Schumacher est tombé sur une pierre après sa carrière. Je peux citer 25 exemples de ce genre. Marc : Quel est ton prochain objectif ? Cedric : Progresser. Améliorer ma technique. J'y travaille au quotidien car ma sécurité en dépend. Je veux aussi conserver ma passion et m'amuser. Avais-tu d'autres passions que le triathlon ? Marc : J'ai fait beaucoup de boxe de 16 à 18 ans mais au terme de mon service militaire, j'ai compris que je détestais l'agression. En voyant les images de l'Ironman, j'ai su ce que je voulais. C'est un combat contre les éléments, soi-même et les autres mais sans violence physique. Cedric : Es-tu parvenu à appliquer au triathlon la discipline et les rudes entraînements de la boxe ? Marc : Oui. Elle m'a endurci et j'ai pris des coups chez les commandos. Je suis devenu ce que je suis au terme d'un long processus. Je ne supporte pas l'injustice. A l'école primaire, j'étais toujours dans les mauvais. Je voulais prouver que je valais quelque chose. Cedric : Prendre ta revanche. Marc : Voilà.PAR CHRISTIAN VANDENABEELE