Il n'y a pas de juste milieu. Ni dans la vie, ni dans le foot. Il y a, certes, l'empire du milieu, celui où tous les coups sont permis. Depuis le derby de Manchester, il s'habille en bleu. Strict, classieux, flamboyant ? le milieu de City a régné sur la pelouse et dans la ville. Ce match, les deux coaches l'avaient commencé, il y a des semaines. Roberto Mancini pleurait sur l'arbitrage, soi-disant pro-United. Sir Alex se régalait de tant de naïveté. Le quotidien anglais The Independent avait titré : " Italian paranoïa 0 - Scottish sang-froid 1 " : superbe résumé.
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Il n'y a pas de juste milieu. Ni dans la vie, ni dans le foot. Il y a, certes, l'empire du milieu, celui où tous les coups sont permis. Depuis le derby de Manchester, il s'habille en bleu. Strict, classieux, flamboyant ? le milieu de City a régné sur la pelouse et dans la ville. Ce match, les deux coaches l'avaient commencé, il y a des semaines. Roberto Mancini pleurait sur l'arbitrage, soi-disant pro-United. Sir Alex se régalait de tant de naïveté. Le quotidien anglais The Independent avait titré : " Italian paranoïa 0 - Scottish sang-froid 1 " : superbe résumé. Depuis le derby du siècle, on inverse les chiffres et les qualificatifs. L'Italien a été parfait, l'Ecossais défait. Son Manchester a déjoué. Mous dans le jeu, puissants dans les coups de pied. Puissants mais fragiles. Pas vers l'avant, vers le haut. Des chandelles vers le n'importe quoi. Sans la flamme. Sir Alex, on l'aime, on l'écoute, on prend note mais on a l'audace de dire que, ce 30 avril, il s'est trompé. C'est tellement rare qu'on va le dire, du bout des lèvres. D'un timide soupir susurré. Timide comme le jeu que les Red Devils ont dessiné sur la pointe des pieds. United est sorti de ce match sans l'avoir joué. Sale impression. Une frustration exprimée par celle de Ferguson qui s'abaisse à devenir humain. A redevenir un bambin sans vécu qui agresse son homologue. Dans ce 1 contre 1 bord terrain comme dans le 11 contre 11 sur la pelouse, City était plus fort. Partout. Sir Alex a juré : " Jamais je ne commence un match pour ne pas le perdre, toujours pour le gagner. " Lundi, quand on voit la compo une heure avant le coup d'envoi, on doute. Sur le coup de 23 heures, sûr que c'est lui qui doute de ses choix. Alex plein de frustrations, ses joueurs vides de tout. Un p'tit Belge a peut-être changé le cours de l'histoire. Quand Vince the Prince arrive dans la salle de presse, un roi est assis à sa place : LiamGallagher, le guitariste d'Oasis et fan devant l'éternité des Citizens, fait le show. Celui dont les riffs sont éternels lance le plus beau, le plus sincère de sa vie. Non pas de ses doigts mais de sa voix : " Vive la Belgium ". Notre beau pays au centre du monde. Grâce au gracieux Kompany. Un Diable Rouge pour mater les Red Devils. Un coup de boule venu d'ailleurs, venu de son meilleur, venu de son c£ur. Il y a un an, il avait glissé devant Wayne Rooney. Résultat : but du siècle pour le Boxeur. Cette fois, Vince a giclé dans les duels et dans l'élévation qui mène au paradis. Et maintenant la guerre va continuer entre les deux clubs. Pour un autre Belge. Un autre humain dont on se demande s'il l'est vraiment. Eden Hazard les rend fous. La veille du derby, Patrick Vieira pour City et Martin Ferguson (le frère de l'autre) pour United étaient à Lille. Ils n'ont pas fait le déplacement pour rien. L'insouciance de ses 21 ans Eden la met au service de la certitude de son talent. Nos plus beaux joyaux dans la même ville ? Le même club ? On reste persuadé que pour le p'tit, le meilleur choix serait United. Ferguson n'a jamais foiré un jeune talent. Il ne l'a jamais cramé. Il l'a toujours bien éduqué. Il y a baratin et baratin. Celui de GeorgesLeekens anesthésie la presse, et donc le peuple ; celui de Ferguson galvanise les soldats qui portent l'uniforme dont il est le général. Après l'une des rares autres défaites face à City, il a rajouté une ligne à sa légende. Après le match, ses joueurs rentrent au vestiaire avec le maillot de City sale et trempé de la sueur de l'ennemi. Sir Alex hurle : " N'osez plus jamais échanger votre maillot. Il ne vous appartient pas. Il appartient au club. Pas à vous. Le prochain qui ose rentrer au vestiaire sans le maillot rouge sur le dos, je le vire. " C'est aussi pour cela qu'on se dit que cette défaite, ce titre (peut-être) perdu ne sera qu'un moment d'égarement. Que le garnement de 70 ans veille au grain. Ce grain de folie et de génie qu'il partage avec le gamin de 21 ans. Le Hazard doit avoir une certitude, il est fait pour Manchester United.Hazard est fait pour Manchester United