Tjörven De Brul: "Jusqu'à Lokeren, je n'ai eu que des expériences positives. Lorsque je me rappelle ma vie, c'est comme si je devais payer chaque bon moment d'un mauvais. Ce fut le cas sous Hugo Broos, Eric Gerets, René Verheyen et Trond Sollied comme en équipe nationale. Je suis bon puis tout s'écroule. Broos ne m'a jamais donné le sentiment d'être un titulaire. J'avais été acheté pour étoffer le noyau. J'ai eu la jaunisse et j'ai dû me reposer deux mois et demi. Broos me trouvait trop lourd, aussi. Ce que je n'acceptais pas, car il ne pouvait me donner d'explication claire. Comme j'étudiais, je me trouvais plus malin que mes entraîneurs (il rit). J'ai appris que quand on veut maigrir, c'est possible. Depuis, je surveille mon alimentation.
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Tjörven De Brul: "Jusqu'à Lokeren, je n'ai eu que des expériences positives. Lorsque je me rappelle ma vie, c'est comme si je devais payer chaque bon moment d'un mauvais. Ce fut le cas sous Hugo Broos, Eric Gerets, René Verheyen et Trond Sollied comme en équipe nationale. Je suis bon puis tout s'écroule. Broos ne m'a jamais donné le sentiment d'être un titulaire. J'avais été acheté pour étoffer le noyau. J'ai eu la jaunisse et j'ai dû me reposer deux mois et demi. Broos me trouvait trop lourd, aussi. Ce que je n'acceptais pas, car il ne pouvait me donner d'explication claire. Comme j'étudiais, je me trouvais plus malin que mes entraîneurs (il rit). J'ai appris que quand on veut maigrir, c'est possible. Depuis, je surveille mon alimentation. Je ne me suis illustré que sous Gerets. Son approche était plus directe. Sans doute me rappelait-il mon père par certains côtés. Puis, j'ai été confronté aux arbitres. Comme Birger Maertens récemment, j'ai été exclu à trois reprises en peu de temps: à Anderlecht, à Chypre avec l'équipe nationale et en Hongrie, je crois, en Coupe d'Europe. J'ai donc raté les matches contre Stuttgart et Lyon. éa m'a foutu en l'air. Jamais je n'avais été aussi démoralisé. Je ne savais comment réagir. En plus, je suis introverti. J'essaie de surmonter mes problèmes sans en parler aux autres. C'est peut-être dû à mon éducation. Je montre difficilement mes émotions. J'envie ceux qui sont capables d'oublier tous les événements négatifs. Prenez Birger Maertens. Je ne sais évidemment pas dans quelle mesure il est touché, en son for intérieur, mais il commet une faute en Ligue des Champions et déclare: - éa peut arriver aux meilleurs. Point, au match suivant. J'en suis incapable. Peut-être les années m'apprendront-elles à relativiser. Je pense qu'avoir des enfants change votre vision des choses. Le football passe au second plan. Je pense que la paternité me changerait, quand je lis que pour Wesley Sonck, quand sa fille est à l'hôpital, il se passerait bien de football. éa me ferait du bien". "Sollied aurait pu patienter jusqu'au repos""J'ai connu un formidable premier tour quand Sollied est arrivé, juste avant d'avoir une hernie. La deuxième saison, contre Genk, j'ai été une nouvelle fois touché par le destin. C'est chaque fois pareil: un exploit, comme ces deux buts contre Anderlecht, et c'est fini. Je dois mieux gérer ces contrecoups et faire en sorte que mes mauvaises passes soient moins terribles. Mais les plus grands peuvent rater! (il rit). Genk est un adversaire qui me convient. Etais-je trop sûr de moi? Le fait est que ma faute a été flagrante. Sonck m'a piqué le ballon et a marqué. Mon remplacement juste avant le repos a été pénible. éa m'a marqué. Le pire est d'avoir été immédiatement remplacé, ce qui soulignait mon erreur sans que j'aie la chance de me rattraper. J'ai subi deux humiliations coup sur coup. Comme je pars du principe que les gens me veulent du bien, je pense qu'il a voulu me protéger contre ce qui aurait pu arriver. Mais pourquoi n'a-t-il pas attendu cinq minutes de plus, jusqu'au repos? Tout le stade l'a vu, sans compter les gens devant leur tv. En plus, nous avons perdu. J'étais la cause de cette défaite. Je suis parti, j'ai débranché mon gsm et j'ai réfléchi à ce qui s'était produit. Je suis rentré tard chez moi. Je n'avais pas donné de nouvelles à ma femme. Ma famille se tracassait, craignait un accident mais voilà, je suis introverti et quand quelque chose me blesse, j'ai besoin d'être seul. Je me suis promené dans un endroit paisible. C'est une fuite devant la réalité, en effet. C'est également un moyen de retrouver des forces. Je ne peux imaginer quelqu'un ayant vécu la même chose rentrer chez lui comme si de rien n'était. J'étais tellement abattu qu'aucune parole n'aurait pu m'aider. J'étais incapable de parler.Quand on essaie de gérer ça soi-même, les émotions prennent le dessus. Je me demandais: -Que vont penser mon entourage, mes parents, leurs amis?... J'en ai pleuré. J'avais failli,envers moi et envers mes proches. J'avais peur, j'étais honteux, comme si j'avais commis un délit. éa a l'air dingue mais c'est comme ça. Je me mets moi-même sous pression. Je ne me sens pas obligé de réussir, je le veux. Normalement, je suis bien armé contre le stress. A l'université, pendant les examens, ont est jugé en un quart d'heure. Il m'est arrivéde rater un examen. J'ai appris que si on est bien préparé et qu'on est sûr de soi, on doit réussir, même si on n'est jamais à l'abri d'un incident. René Verheyen m'a donné le numéro de téléphone d'un psychologue mais je ne l'ai pas contacté. C'est différent quand cette personne est en contact avec le club et vous connaît. La démarche est moins importante. Le principal danger, c'est que ces coups durs sapent votre assurance. Si l'épisode de Genk se reproduit, je finirai par douter de moi-même:- Rejouerai-je au plus haut niveau? En fait, il faut repartir à zéro, travailler, faire de son mieux, en se disant qu'ainsi, on reviendra. J'ai fini par retrouver ma confiance, j'ai repris conscience de mes qualités et j'étais prêt à revenir dans l'équipe et à rejouer au meilleur niveau. C'est surtout en jouant qu'on retrouve confiance. Ce n'est pas évident après une faute comme contre Genk. Je savais que tout le monde m'observait, sachant ce que j'avais fait. Je me disais que je ne pouvais me permettre une seconde erreur. Je sais que ma famille me soutient. Qu'est-ce que ça m'apporte? Peu de choses. Je dois trouver une solution sur le terrain. Je suis moins superstitieux qu'avant. C'est peut-être grâce à l'âge! J'ai été élevé dans la religion catholique mais je ne pratique pas. Je me suis posé des questions quant à la religion. Je pense que je ne serai confronté à ma foi réelle que le jour où un de mes proches décèdera".Le deuxième trou"Dans ma hiérarchie des mauvaises passes, je placerais celle de l'année dernière en deuxième position, après Genk. Je me suis vraiment demandé si je reviendrais. Après le stage hivernal, mon pied est resté bloqué dans l'herbe. On a diagnostiqué une fracture de stress d'un os du pied mais la douleur revenait après chaque pause. J'ai dû observer trois périodes de repos puis je me suis adressé au Dr. Declerck, à Anvers. Il a posé le bon diagnostic. Fracture du plus petit métacarpe et opération. Il m'a dit qu'il n'avait jamais vu ça chez un footballeur, seulement chez des ballerines. La poisse à l'état pur! Je ne reproche rien à personne. Je sais très bien que les médecins brugeois n'avaient pas envie de me voir inactif aussi longtemps. Mais j'ai perdu beaucoup de temps. En plus, après ça, ce qui semblait n'être qu'une contracture du quadriceps s'est avéré être une petite déchirure. Je n'ai été délivré de mes maux que début décembre, alors que la campagne de la Ligue des Champions était achevée pour le Club. J'espère que j'ai mangé mon pain noir et que je vais revivre un de mes bons moments. Tous ces combats m'ont rendu plus fort. Ils ont sans doute un sens".Christian Vandenabeele"J'envie ceux qui savent oublier leurs mauvaises expériences"