Depuis leur titre du week-end dernier, les Brugeois font de l'équilibre entre le concret et l'abstrait. Ils se sont fait bousculer par St-Trond sur le terrain mais ont tout de même bu le champagne du champion... alors que si l'on regarde froidement le classement, mathématiquement, rien n'est fait.
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Depuis leur titre du week-end dernier, les Brugeois font de l'équilibre entre le concret et l'abstrait. Ils se sont fait bousculer par St-Trond sur le terrain mais ont tout de même bu le champagne du champion... alors que si l'on regarde froidement le classement, mathématiquement, rien n'est fait. Evidemment, il y a cette fameuse lettre de Lommel qui a annoncé la semaine dernière sa volonté de ne jouer aucun des quatre derniers matches du championnat. Un forfait que l'Union Belge n'a pas entériné jusqu'à la fin de la compétition, étant donné qu'elle ne peut le faire que match par match. Mais Bruges a anticipé et a bien fait: on voit mal Lommel remonter sur le terrain. Le 10 mai, le Comité Exécutif de l'Union belge aura - comme c'est son rôle - tout le loisir de régulariser une situation de fait. Cette saison, la fédération n'a pas pu s'adapter aux problèmes de la D1 et devrait revoir ses statuts à ce niveau. En donnant tous pouvoirs à ce niveau à la Ligue Pro par exemple.La nomination de Marc Degryse (37 ans, palmarès infra) comme directeur technique du Club fait partie des perspectives solides du cercle brugeois, bien que sa venue -forcée par le nouveau président Michel D'hooghe- ne plaise pas du tout au directeur Antoine Vanhove et à l'entraîneur Trond Sollied (lire plus loin son interview, page 22). Bien sûr, le discours officiel a changé maintenant. Mais on peut tout de même s'étonner que l'entraîneur norvégien n'ait pas encore signé un nouveau contrat avec Bruges, l'actuel venant à échéance à la fin de cette saison. Pour le moment, les Brugeois (le coach y compris) assurent que ce n'est qu'une question de détails et que la signature va suivre. En attendant, ledit contrat n'est pas signé et le renom de Sollied grandit en Europe. Il affirme pouvoir gagner plus d'argent qu'à Bruges, mais estime également vital d'être en mesure de travailler en toute indépendance. Vis-à-vis de Degryse, il exige sans doute certaines garanties. De toute manière, ne trouveriez-vous pas bizarre qu'on limite ses pouvoirs alors qu'il vient de gagner le titre?Sur le terrain, Bruges mérite ce sacre, incontestablement. Et avec un peu de réussite, il serait allé plus loin en Ligue des Champions. Mais le noyau brugeois a été miné par les blessures tout au long de la saison ( Marek Spilar, Alin Stoica, Rune Lange, Bengt Saeternes, Sergyi Serebrennikov) et Sollied affirme n'avoir jamais pu aligner l'équipe dont il rêvait. Normalement -c'est-à-dire si Sollied reste-, Bruges sera encore plus fort la saison prochaine. Et il devra l'être pour résister aux assauts des autres prétendants au titre, Anderlecht en tête.Hugo Broos, embêté par les blessure et suspension de Nenad Jestrovic et Aruna Dindane, a énormément tardé à mettre en place l'équipe champagne que ses fans ont retrouvée depuis quelques semaines, reniant au passage et de façon incompréhensible son système fétiche. Mais le coach mauve semble enfin parti du bon pied et obtiendra normalement en fin de saison ce fameux deuxième ticket pour la Ligue des Champions. Mais il a également hérité pour la saison prochaine d'un joueur dont il ne voulait pas: Pär Zetterberg. Les deux hommes se sont parlés au téléphone (une conversation qui devait rester secrète selon Pär mais qui a été rendue publique, ce qui agace le Suédois), mais la distance qui devrait exister entre un joueur et son coach n'existe déjà plus. Zetterberg revient à Anderlecht comme l'enfant prodigue et Broos se demande légitimement s'il aura vraiment les mains libres à son égard. Pourtant, un Zetterberg en bonne santé constitue certainement un plus dans le noyau anderlechtois. Sans doute que Broos se demande où il va l'intégrer dans son 4-4-2 qu'il a juré de ne plus abandonner. Les flancs semblent désormais bien pourvus par Goran Lovre et Martin Kolar, le poste de demi-défensif est attribué à Yves Vanderhaghe ou à Junior et, juste derrière les deux attaquants, il y a Walter Baseggio. Dans ce concept, il n'y a qu'une place pour Zetterberg: celle de Baseggio...Qui devrait alors jouer devant la défense? Marc Degryse : Ardooie (76-80), Bruges (80-89), Anderlecht (89-95), Sheffield Wednesday (95-96), PSV Eindhoven (96-98), Gand (98-99 avec Sollied comme coach), GBA (99-2002). 63 x Diable Rouge et 23 buts, CM 1990 et 94. Soulier d'Or 1991, Footballeur Pro 1988, 90, 95 et 2000. 5 x champion de Belgique (Bruges et 4 x Anderlecht) et une fois des Pays-Bas avec le PSV. Une Coupe de Belgique avec Bruges (86) et une avec Anderlecht (94). Broos aura-t-il les mains libres à l'égard de Zetterberg?