On le sent encore à la recherche de ses repères. Il ne sait pas encore où il peut se mettre pour répondre à nos questions et quand finalement il nous emmène dans le Spelershome, il n'oublie pas de demander au nouvel adjoint Franky Van Der Elst s'il a le droit de rester là. Preuve de sa retenue et de sa timidité encore grande face aux défis à relever. Et pourtant, il se sent déjà un peu chez lui. Certes, ce n'est pas Charleroi mais l'air du pays lui fait du bien. " Ici, c'est beaucoup plus familial qu'en France. Les nouveaux ont été très bien accueillis et il règne une bonne ambiance dans le vestiaire. Tout le monde rigole et c'est toujours mieux pour les joueurs ", explique Gregory Dufer.
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On le sent encore à la recherche de ses repères. Il ne sait pas encore où il peut se mettre pour répondre à nos questions et quand finalement il nous emmène dans le Spelershome, il n'oublie pas de demander au nouvel adjoint Franky Van Der Elst s'il a le droit de rester là. Preuve de sa retenue et de sa timidité encore grande face aux défis à relever. Et pourtant, il se sent déjà un peu chez lui. Certes, ce n'est pas Charleroi mais l'air du pays lui fait du bien. " Ici, c'est beaucoup plus familial qu'en France. Les nouveaux ont été très bien accueillis et il règne une bonne ambiance dans le vestiaire. Tout le monde rigole et c'est toujours mieux pour les joueurs ", explique Gregory Dufer. Car après son écolage carolo et son périple normand, à Caen, le jeune ailier droit (23 ans) a retrouvé la Belgique et de nouvelles ambitions. Il a abouti chez les champions et ce n'est pas pour rien qu'il a choisi un club où on a toujours souligné l'atmosphère bon enfant. " C'est cela qu'il me fallait. Je suis un type de joueur qui aime se sentir bien dans l'environnement dans lequel il se situe. En France, ce n'était pas le cas ". En tentant une expérience à l'étranger, Dufer a compris beaucoup de choses. " Si c'était à refaire, je resterais en Belgique. Je pense que l'étranger n'est peut-être pas pour moi. On dit que les Belges sont casaniers. Dans mon cas, c'est tout à fait vrai. On ne peut jamais dire jamais dans une carrière mais je ne me battrai en tout cas plus pour partir en dehors de la Belgique ", ajoute celui qui a pourtant élu domicile à... Lille. Il a vécu une année difficile. Caen n'a pas réussi à se maintenir en Ligue 1 et Dufer ne faisait office que de joker, miné par quelques petites blessures qui ne lui ont pas permis de s'inscrire dans la longueur au sein du onze de base : " Il ne faut pas faire une croix définitive sur cette expérience. J'ai quand même disputé 24 rencontres. J'ai appris beaucoup sur le plan tactique. Sur le plan humain, pour la première fois, j'ai été livré à moi-même et cela m'a permis de mûrir. C'est vrai aussi que sur le plan sportif, cela peut être considéré comme un échec. Je pensais que le championnat de France avec des matches face au PSG et Marseille allait m'apporter beaucoup, que cela allait être fantastique pour moi et puis, j'ai été confronté à la réalité et j'ai déchanté ". Sous la houlette de Patrick Remy, Dufer fut vite écarté après avoir pourtant livré quelques bonnes prestations lorsqu'une première blessure le plaça en marge d'un groupe malmené en championnat mais qui atteignit la finale de la Coupe de la Ligue. Cette aventure, Dufer la vécut de loin. " Je ne me sentais pas à 100 % pour disputer cette finale et je ressentais encore une petite gêne. Je savais que si je forçais, j'étais reparti pour trois mois de souffrance. Je l'ai dit à Remy qui a apprécié mon honnêteté et l'a louée à la presse en disant que pour une telle rencontre, il fallait avoir onze joueurs au sommet de leurs possibilités. Ce qui n'était pas mon cas ". Le limogeage de Remy quelques semaines plus tard n'allait pas libérer l'ancien carolo. Son successeur Frank Dumas débuta son mandat par trois victoires d'affilée. Dans ce système, Dufer faisait office de joker, rentrant à chaque fois à la mi-temps. " Dès le premier match, il m'a dit û Tiens-toi prêt à rentrer. Je savais que l'on comptait de nouveau sur moi. Mais toujours pas comme titulaire. Comme cela a bien fonctionné, Dumas a maintenu son onze de départ en me considérant comme joker et me lançant dans le bain à la mi-temps. Pourtant, c'était souvent l'équipe de la deuxième période qui arrachait les victoires. Contre Toulouse, nous étions menés 2-0 à la mi-temps et on a fini par l'emporter 2-3 ". Malgré cette passe de trois victoires, Caen ne sut éviter la relégation. Et dès le début, Dufer manifesta son envie de partir. C'est d'abord à Charleroi que la rumeur le plaçait. Comme leur ancienne idole était encore sous contrat, les Zèbres devaient trouver un arrangement avec les Normands : " Mogi Bayat m'a contacté. Ce n'était pas simplement pour prendre des nouvelles. C'était très précis. Je me suis retrouvé deux, trois fois avec lui pour discuter contrat. On avait trouvé un accord satisfaisant mais Charleroi n'a finalement jamais pris langue avec Caen. La proposition brugeoise est tombée avant que les Carolos n'en aient eu le temps ". Mais était-ce bien raisonnable de revoir l'enfant du Pays Noir revenir chez les Zèbres ? " Je pense que c'était réalisable financièrement pour Charleroi. Caen n'avait pas payé l'entièreté de mon transfert et les deux clubs auraient peut-être pu trouver un arrangement. Mais, c'est finalement Bruges qui a concrétisé mon retour au pays. Et je ne fais que postposer mon transfert à Charleroi. Car je sais que j'y reviendrai un jour. Si ce n'est pas comme joueur, ce sera après ". Le passage de Dufer dans la Venise du Nord se régla très vite : " On ne réfléchit pas à deux fois avant de signer ici. J'ai un ami que je consulte toujours avant de prendre une décision et il m'a dit de foncer. Bruges s'est mis d'accord en un jour et tout était réglé. Le premier contact que j'ai eu, ce fut avec Marc Degryse et quand un tel personnage vous dit qu'il vous veut, c'est agréable. Je ne sais pas si mon but inscrit avec Charleroi face à Bruges, il y a deux ans, û NDLR : la dernière défaite de Bruges à domicile û a joué un rôle dans mon transfert mais ici, tout le monde s'en souvenait ". La fin de son aventure étrangère ne lui laissera pas de bons souvenirs : " Je n'ai eu aucun contact avec Caen depuis la fin du championnat. Rien. Pas un coup de téléphone. Même pour le transfert. Ce sont les deux clubs qui se sont arrangés. Seuls Steve Dugardein, Yohann Eudeline et l'entraîneur adjoint m'ont contacté pour me souhaiter bonne chance ". Après sa déconvenue française, Dufer retrouve une atmosphère davantage en adéquation avec son caractère. Il se plaît dans son nouvel environnement et cela se voit. Et même si le club a entamé une phase de reconstruction après les départs de Peter Van der Heyden, Hans Cornelis, David Rozehnal, Nasja Ceh et Timmy Simons, Dufer ne doute pas avoir fait le bon choix. " Si Bruges fait de si bons résultats, année après année, c'est grâce à cette ambiance. Il faut prendre l'entraînement en rigolant... tout en restant sérieux, bien sûr. Quelques pions importants sont partis mais les dirigeants ont su les remplacer très vite. Simons a été transféré mais le jour même, on annonçait l'arrivée de Sven Vermant. Et grâce à cette ambiance et à la mentalité du club, les nouveaux joueurs vont vite s'intégrer et cette formation va retrouver sa stabilité légendaire. Il y a de tout ici : des joueurs physiques et techniques. Les entraînements ne sont pas plus physiques que prévu. Cela sera certainement plus dur en stage ". Et puis, il a fait la connaissance avec les légendes du club : " Tous ces anciens Brugeois sur le banc, cela aussi, ça ne peut que nous conduire vers la stabilité. Jan Ceulemans est resté très simple malgré sa brillante carrière de joueur et d'entraîneur. Il a quand même toujours réalisé de bonnes saisons avec Westerlo. Cette simplicité ne m'étonne pas. J'avais déjà connu cela avec Enzo Scifo qui était, lui aussi, resté très disponible. C'est la marque des grands ". Il lui reste encore une inconnue : à quelle place il évoluera, le flanc droit étant occupé par Gaëtan Englebert et Gert Verheyen. " Que je joue à droite ou à gauche, il y aura de la concurrence. La garantie d'être titulaire, on l'a quand on a prouvé à l'entraîneur ce qu'on valait. Sinon, ce serait trop facile. Il y a quand même 60 rencontres sur l'année pour faire son trou. Je sais que je peux encore progresser et pour le moment, je ne sais pas encore me situer. Je saurai où j'en suis au fil des matches. Je veux me prouver quelque chose et surtout montrer à certaines personnes en France qu'elles se sont trompées sur mon compte ". Même l'exemple de Jonathan Blondel, toujours pas titulaire, un an et demi après son passage de Tottenham à Bruges, ne le fait pas reculer : " Il dispose de beaucoup de qualités et il est encore jeune. Si Bruges l'a pris, c'est pour lui faire confiance un jour ou l'autre ". Une fois sa place acquise, il pourra alors viser son objectif ultime : l'équipe nationale. C'est dans cette optique que Dufer est revenu au pays. " C'est plus important pour moi de retrouver les Diables Rouges que de me forger un palmarès. C'est le top dans le football. Connaître la Coupe du Monde ou le Championnat d'Europe, cela m'a toujours fait rêver. Mais c'est vrai que cela viendra naturellement. Si je m'impose à Bruges, je serai à nouveau dans le noyau de l'équipe nationale. Même si là aussi, la concurrence est forte. A droite, je dois composer avec Mbo Mpenza, Jonathan Walasiak et Gaëtan Englebert ". Stéphane Vande Velde" Ceulemans est très simple. J'avais déjà connu cela avec Scifo. C'EST LA MARQUE DES GRANDS "