La D1 n'a pas l'apanage du hooliganisme. Celui-ci sévit également en D3. Le samedi 5 avril, les joueurs du RCS Verviers ont été pris à partie par des hooligans malinois alors qu'ils regagnaient leur car, situé à 100 mètres du stade. Parmi eux, deux Scolaires de 16 ans (et une mère venue filmer le premier match de son fils) ont été particulièrement traumatisés.
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La D1 n'a pas l'apanage du hooliganisme. Celui-ci sévit également en D3. Le samedi 5 avril, les joueurs du RCS Verviers ont été pris à partie par des hooligans malinois alors qu'ils regagnaient leur car, situé à 100 mètres du stade. Parmi eux, deux Scolaires de 16 ans (et une mère venue filmer le premier match de son fils) ont été particulièrement traumatisés. Une trentaine de supporters a jailli d'un café pour s'en prendre aux Verviétois. Trois d'entre eux ont déposé plainte auprès de leur commissariat de policepour coups et blessures: Gianni Angelucci souffre d'une contusion à l'arrière de l'oreille et d'hématomes au thorax, Kevin Ackerman a été jeté à terre par cinq ou six hommes et a reçu des coups à la figure, Cédric Uzdowszy a des hématomes aux jambes et au dos. Deux sacs ont été volés. L'un d'eux, celui du kiné, Thibaut Gerain, n'a pas été retrouvé. Une policière a également été légèrement blessée. Le RCS Verviers a déposé plainte au civil mais surtout à l'Union Belge. L'affaire est grave. Des joueurs ont été pris pour cible par des enragés qui ont cherché le premier prétexte venu pour faire le coup de poing au terme d'un match banal. Un peu comme à Lommel, des hooligans qui n'assistaient même pas à Lommel-Anderlecht s'étaient rassemblés à la sortie du stade pour s'en prendre à des supporters des Bruxellois et Philippe Thirion avait succombé des suites de ces coups. A Malines, la rencontre s'est déroulée dans la plus parfaite correction, même si le Racing ne s'attendait sans doute pas à une résistance aussi acharnée des Verviétois (2-2), qui avaient aussi gagné le match aller. Certes, elle a été émaillé de slogans style - Walen buiten (Wallons dehors), ou encore - Sales Wallons, sales chômeurs". L'incident qui a opposé Pascal Croughs, l'entraîneur du RCSV,à son collègue Marc Gheys s'inscrit dans le même registre: "A 1-2, le climat s'est pourri dans les gradins. Des supporters ont craché sur mon adjoint, sans que personne n'intervienne. Lorsque j'ai signalé à l'entraîneur adverse que la situation n'était pas normale, il m'a craché dessus". Gheys: "Il ment. Je n'ai pas craché et d'ailleurs, je ne le connais même pas!"Gheys et Victor Vandesande, le secrétaire général de Malines, relèvent un incident qui a ulcéré le public: Ackerman, le gardien verviétois, et Karami, l'attaquant malinois, se sont heurtés: "Le portier a exagéré. éa fait partie du jeu mais ensuite, le soigneur, en s'approchant de lui, a fait un doigt d'honneur au public". De fait, le geste est malheureux mais n'explique toujours pas la rage d'une trentaine de Malinois à la fin du match ni, avant cela, le jet d'un couteau, heureusement fermé, sur un joueur. Croughs: "Les disputes entre supporters sont déjà inadmissibles mais ce qui s'est déroulé dépasse tout entendement. Les acteurs ont été pris pour cibles. Nous sommes restés une heure dans le vestiaire. Nous n'en sommes sortis que lorsqu'on nous a assuré que tout danger était écarté. En passant devant le café pour rejoindre notre car, nous avons été attaqués. Pour toute protection, nous n'avions que deux policières armées de sprays. Ce n'est pas normal. Le club aussi aurait pu se soucier de nous. J'ai malheureusement l'impression qu'il ne maîtrise pas ses supporters".Verviers avait déployé 25 policiersLe secrétaire malinois a appelé la police à la fin du match: "Malheureusement, le bourgmestre actuel, qui se dit le champion de la sécurité, ne nous affecte plus de forces de l'ordre, malgré les nombreux avertissements que j'ai envoyés à son cabinet, au ministère de l'Intérieur et à l'UB. Il envoie des policiers à cheval là où rien ne se passe. Nous avons des hooligans dangereux. Nous payons des gardes privés mais ils n'ont pas les compétences de policiers. Nous avons interdit l'accès au stade aux hooligans mais comment les empêcher de venir sans l'appui de la police? J'ai adressé sept plaintes au Procureur du Roi, sans suite. Ce soir-là, donc, j'ai prévenu la police que les supporters se sentaient provoqués et que je craignais des incidents. J'ai expliqué qu'il fallait veiller à l'évacuation des joueurs de Verviers. On nous a envoyé un combi avec deux policières. Je l'admets: j'ai quitté le stade à ce moment car je souffre d'une hernie discale". Victor Vandesande ne banalise pas le comportement des tribunes: "C'est triste mais il nous arrive aussi d'être traités de sales Flamands. Malheureusement, toutes les occasions sont bonnes, pour certains". Philippe Collette, le secrétaire général de Verviers, a assisté au match comme à la bagarre. Il a déposé plainte à l'UB. "Ce n'est évidemment pas pour regagner des points. Nous nous en fichons, puisque nous allons de toute façon être relégués en Promotion. Nous voulons qu'il y ait une prise de conscience du football belge en dénonçant le danger encouru. On nous a envoyés au casse-pipe. Après le match, je n'ai plus vu de dirigeants. J'ai demandé à des délégués de faire avancer le car à l'intérieur du stade. Ils ont refusé, malgré la tension ambiante. A 22h34, j'ai appelé le 101: un combi avec deux policières, c'était bien trop peu! Nous avons donc déposé plainte au Comité Exécutif pour dommages physiques et moraux, indépendamment des plaintes individuelles des trois joueurs touchés.. Nous critiquons le manque d'encadrement de Malines et son imprévoyance totale. On m'a dit: - Il n'y a plus personne, il n'y a pas de danger. La direction malinoise a démissionné. Elle aurait pu organiser une réunion de crise". Claude Desama, le maïeur de Verviers, a interpellé le ministre de l'Intérieur quant à l'absence de la police à Malines. Philippe Collette poursuit: "Le premier décembre, nous avons reçu Malines. Sachant que ce club avait un noyau dur et qu'il y avait eu des tensions à Spa, la zone de police Vesdre a pris des mesures: en collaboration avec la police fédérale, la Ville a affecté 25 policiers, dont quatre maîtres-chiens, à ce match. Pour l'occasion, elle a fait dresser des séparations entre les blocs de supporters au Bielmont. A Malines, il n'y avait ni policier, ni steward, ni séparation". Voilà Walhain et Tubize prévenus: ils doivent recevoir le RC Malines et ses encombrants supporters.Pascale Piérard"Nous avons des hooligans dangereux" (le secrétaire malinois)