On peut gagner plus de 10 millions € par an et ne pas en dépenser un seul pour la bonne cause, comme on peut avoir un bas salaire et avoir le coeur sur la main. Vincent Kompany, le footballeur belge le plus médiatisé et le plus riche, est à cheval sur les deux notions. Il a touché le pactole en prolongeant son contrat pour six ans à Manchester City (sans compter ses contrats publicitaires dont celui important avec l'équipementier Nike), côtoie désormais les Cristiano Ronaldo et Messi dans ce domaine, mais multiplie aussi les actions caritatives, notamment en assumant son rôle d'ambassadeur pour SOS Villages d'Enfants (voir cadre, Des projets sportifs au Congo). Plus surprenant par contre, son ambition de reprendre un club bruxellois pour en faire un vrai club bruxellois composé de vrais Bruxellois. Plongée au coeur des projets de l'ambitieux mister Kompany.
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On peut gagner plus de 10 millions € par an et ne pas en dépenser un seul pour la bonne cause, comme on peut avoir un bas salaire et avoir le coeur sur la main. Vincent Kompany, le footballeur belge le plus médiatisé et le plus riche, est à cheval sur les deux notions. Il a touché le pactole en prolongeant son contrat pour six ans à Manchester City (sans compter ses contrats publicitaires dont celui important avec l'équipementier Nike), côtoie désormais les Cristiano Ronaldo et Messi dans ce domaine, mais multiplie aussi les actions caritatives, notamment en assumant son rôle d'ambassadeur pour SOS Villages d'Enfants (voir cadre, Des projets sportifs au Congo). Plus surprenant par contre, son ambition de reprendre un club bruxellois pour en faire un vrai club bruxellois composé de vrais Bruxellois. Plongée au coeur des projets de l'ambitieux mister Kompany. Suffisamment riche, le capitaine des Diables Rouges a, depuis longtemps, la volonté de s'investir et d'investir. Au niveau social notamment. Par le passé, il a déjà collaboré à diverses actions, comme l'inauguration d'un village pour les enfants démunis à Kinshasa, où plongent ses racines. Plus récemment, c'est toutefois un autre projet de grande envergure qui l'animait. Vincent fut en effet à deux doigts de conclure la reprise du White Star, même si sa volonté première était de développer une structure permettant aux jeunes, notamment ceux issus de l'immigration, de progresser et de s'épanouir. " Vincent a toujours estimé que les jeunes Bruxellois n'étaient pas suffisamment exploités, dans le sens où beaucoup de gosses sont livrés à eux-mêmes. Il est convaincu qu'avec un encadrement de qualité, il est possible que certains réussissent. Leur offrir une chance, c'est son souhait ", explique un homme ayant rencontré Kompany à diverses reprises, notamment lors des négociations. " Il est conscient que rien que dans la colonie congolaise de Bruxelles, il est possible de sortir des jeunes joueurs. Trop à son goût tournent mal. " Après avoir tenté plusieurs rapprochements avec diverses entités, Vincent Kompany a eu récemment un contact poussé avec le White Star qui, dans sa volonté de s'agrandir, a trouvé l'opportunité intéressante. Le capitaine de City a besoin de structures existantes pour éviter de devoir partir de zéro. Très vite, les discussions entre la direction woluwéenne et Kompany ont toutefois évolué. Initialement orientées vers un projet strictement réservé aux jeunes, c'est la reprise globale du club qui fut ensuite évoquée avec un partage 50/50 des responsabilités et des obligations. Dans l'ébauche du business plan, le White Star, sécurisé par un apport annuel d'argent frais, notamment par le biais d'une mécanique commerciale bien huilée, devait déménager et tout tenter pour rejoindre la Division 1. Le changement de nom a aussi été évoqué : Brussels United. Une structure dans laquelle sa soeur, Christel, et l'un de ses amis de toujours, JuniorNgalula (ex- joueur d'Anderlecht et du Standard) auraient hérité d'une fonction. Mais il n'y a pas qu'avec le White Star que Kompany est en contact. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il est très lié à Michel De Wolf, lui aussi ex-Diable Rouge et désormais à la tête du club de Division 3 de Bleid Molenbeek. Selon d'autres sources, que nous n'avons toutefois pas su vérifier, il se chuchote d'ailleurs que Vincent Kompanyaurait apporté son soutien financier à la " reprise " du matricule gaumais. " Je sais en tout cas qu'ils sont très proches ", confirme Claude Raulin, l'ancien correspondant qualifié de Bleid et qui dut encore assumer ce rôle quelques mois après que le club ait " déménagé " dans la capitale. " Je me souviens qu'un jour, les nouveaux dirigeants bruxellois avaient des difficultés pour obtenir un document qui devait arriver en provenance de l'Union Belge et que cela coïncidait avec un match des Diables Rouges à l'étranger. L'épouse de Michel De Wolf, Patricia, a alors contacté Kompany pour qu'il accélère la manoeuvre. Je pense que ça n'a pas été vain. " Avec le White Star, aucun accord clair et parfaitement défini n'a encore été trouvé. " Vincent Kompany a certaines exigences, la direction du White Star en a d'autres ", ajoute encore notre premier interlocuteur. Le capitaine des Diables rouges a rapidement été séduit par le fait que le White Star soit aux portes de l'élite et donc le premier club bruxellois à pouvoir, d'une certaine façon, concurrencer Anderlecht. Les objectifs (à moyen terme) de Kompany et cie sont clairs et très ambitieux : créer le meilleur centre de formation de Belgique tout en y gardant une base communautaire et sociétale forte. Autre souhait : parvenir à rallier 10.000 supporters à la cause de son club dans une nouvelle enceinte. Un projet que beaucoup estimeront utopique quand on connaît les assistances dans les stades bruxellois à l'heure actuelle. Mais la principale pierre d'achoppement est la différence colossale de budget entre ce que Vincent avait imaginé et la réalité d'un vestiaire professionnel, même en D. 2. Aujourd'hui, un club ambitieux de l'antichambre doit avoir les reins solides et un portefeuille d'au moins deux millions € pour tenir le coup toute une saison. Vincent Kompany, lui, ne souhaitait apporter " que " 500.000 €. Une somme qui, selon nos sources, lui serait accordée par son équipementier, Nike, afin de soutenir diverses actions sociales de son choix. Le dossier woluwéen semble actuellement au point mort même s'il a été très loin dans les négociations. Notamment la construction, dans les deux ans, d'un nouveau stade de 10.000 places. Pour preuve, pendant que certaines discussions s'éternisèrent entre les différentes parties, FreddyThielemans, le maïeur de Bruxelles, attendait Vincent Kompany dans son bureau de l'hôtel de ville. Reste à savoir vers quel projet il va désormais se tourner. Une école de football est une possibilité. Des stages récurrents en sont une autre. Même si ces formules n'ont évidemment pas l'impact du grand club bruxellois. " Je crois que Vincent Kompany se rend compte qu'à son âge, il ne peut pas encore assumer la charge d'une aussi grosse responsabilité ", poursuit notre homme. " Mais ses idées sont excellentes. Comme celle de créer un centre de formation extrêmement performant au niveau belge. Il n'est pas utopique de penser que ce projet verra dans le futur le jour.... "PAR THOMAS BRICMONT ET BRUNO GOVERSKompany ne souhaitait apporter dans un premier temps " que " 500.000 euros . " Ses idées sont excellentes. Comme celle de créer un centre de formation extrêmement performant. "