Samuel Fafchamps passe la tête sous le linteau de la porte. Interloqué, il comprend rapidement son erreur. " Merde, c'est à Leburton, le jeudi ", lance-t-il en fixant la trentaine d'enfants s'entraîner sous ses yeux. Déjà en retard à cause des bouchons, le jeune (18 ans) et très grand (2m) centre doit à nouveau s'abaisser pour franchir la porte du "Pôle ballon" flambant neuf où crèche désormais le VBC Waremme.
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Samuel Fafchamps passe la tête sous le linteau de la porte. Interloqué, il comprend rapidement son erreur. " Merde, c'est à Leburton, le jeudi ", lance-t-il en fixant la trentaine d'enfants s'entraîner sous ses yeux. Déjà en retard à cause des bouchons, le jeune (18 ans) et très grand (2m) centre doit à nouveau s'abaisser pour franchir la porte du "Pôle ballon" flambant neuf où crèche désormais le VBC Waremme. Fafchamps rejoint à quelques centaines de mètres de là ses coéquipiers, en pleine séance d'entraînement avant le début de la saison de Ligue A, fixé le 16 octobre à Maaseik. C'est là, au centre sportif Edmond Leburton, que le VBC Waremme a débuté son aventure en 1999. " On se retrouvait entre amis pour suivre nos femmes jusqu'au jour où nous avons décidé de lancer un club ", rembobine Vincent Perrin, le président aux lunettes vertes et la chemise chamarrée. " Je dois bien avouer que je n'avais pas de prédispositions pour cette discipline, je me suis donc contenté d'accompagner l'ascension du club. " Grand bien lui en a pris. Le VBC Waremme a passé près de la moitié de ses vingt années d'existence en Ligue A. " On a connu une fusion, on a dû se battre pour ne pas descendre, on a même été sauvé sur tapis vert, mais on est toujours là ", se réjouit le président, qui tient à souligner l'apport de Thierry Courtois - le papa de Thibaut - lorsque le club évoluait dans les divisions inférieures. " Thierry est arrivé comme joueur-entraîneur et on a gravi quelques échelons à ses côtés : il a contribué à faire prendre au club une autre dimension. Il vient régulièrement nous dire bonjour, je pense même qu'il est encore affilié... " Pour soutenir financièrement sa progression et s'offrir un noyau de qualité, le VBC organise depuis deux décennies son désormais traditionnel tournoi de beach volley. Une image de marque au niveau national et une des raisons pour lesquelles l'équipe est aujourd'hui dirigée par Sacha Koulberg. Ancien international belge, entraîneur à succès des Dauphines de Charleroi, également passé chez les hommes à Puurs et l'Antwerp, le Bruxellois à la gouaille et la boucle d'oreille a longtemps organisé le championnat national de beach volley. " La manche "wawa" était la plus agréable, avec notamment un bar champagne de qualité ", se marre le coach, alors habitué à loger chez le président Perrin lors des fins tardives. Quand il reçoit l'offre du VBC au printemps dernier, Koulberg est à la retraite sportive depuis un mois. Le plan que Vincent Perrin lui propose lui fait pourtant changer d'avis. Pour des raisons financières - des promesses non honorées par des partenaires et quelques remous au niveau des subsides - et philosophiques, le club vient en effet de se défaire de cinq éléments centraux dont quatre contrats professionnels. L'objectif est simple : les remplacer par des jeunes, majoritairement du cru. " Venir ici pour entraîner cinq étrangers qui ont déjà évolué dans tous les championnats du monde ne me disait rien du tout alors qu'ici, je pense pouvoir apporter quelque chose à ces gamins ", place Sacha Koulberg. Qui n'usurpe pas les termes : seuls deux joueurs de son noyau ont plus de 25 ans. Le premier libero, Martin Perrin, n'a même pas encore soufflé ses 17 bougies. Un cas unique en Europe. " Notre ADN est vraiment devenu la formation ", relance le président. " Ce statut nous convient parfaitement : nous ne pouvons pas rivaliser avec des Roulers ou Maaseik, on préfère donc le statut de révélateurs de talents. " À Leburton, au milieu de cette foule d'adolescents, Roman Abinet prodigue conseils et consignes. L'opposite d'1m97 est le patriarche de la bande à seulement 28 ans. " C'est toujours bizarre de se savoir le plus vieux ", sourit le capitaine. " Mais je suis encore jeune dans ma tête, donc je m'entends parfaitement avec mes coéquipiers. " Passé par Guibertin pendant six saisons avant une expérience d'un an en tant que professionnel à Alost en 2016, il entame sa troisième saison à Waremme. " J'ai trouvé mon rythme au VBC dans un cadre familial. Je m'y sens bien au point de faire 1h30 de route chaque jour pour l'entraînement ", glisse celui qui vit à deux pas du hall... de Guibertin. Après une saison d'adaptation en Hesbaye, Abinet a vécu un exercice 2018-19 fort en émotions au bout duquel Waremme s'est classé septième. " C'est la meilleure saison de l'histoire du club ", estime l'opposite. " Nous avons aligné jusqu'à sept succès d'affilée, une performance qui n'a peut-être jamais été égalée en Ligue A. Sans un premier tour catastrophique - une victoire en neuf matchs - on aurait accroché notre ticket pour les play-offs. " En toute logique, le VBC sait qu'il ne fera pas mieux cette saison. " Avec tous ces jeunes, l'objectif est de prendre de l'expérience. Le challenge est beau, mais il le restera uniquement si on ne ramasse pas des casquettes toutes les semaines. " Sacha Koulberg sait ce qu'il veut. Et ce n'est pas la défaite. " Nous n'avons pas de pression sportive vu qu'il n'y aura pas de descendant au terme de la saison ( suite à une réforme de la Fédération, ndlr), mais je veux des points. C'est essentiel pour maintenir intact le moral de l'équipe. " Le VBC entend tirer ses conclusions au terme de la saison et continuer la route avec les joueurs jugés capables d'évoluer durablement en Ligue A tout en leur adjoignant des renforts. En attendant, suite à la rétrogradation de Guibertin, l'équipe liégeoise sera la seule représentante francophone de la Ligue A. " Nous ne nous considérons pas comme les meilleurs, mais si on en arrive à une telle situation, c'est qu'il y a un problème général ", argue Vincent Perrin, qui fustige l'esprit de clocher de certains clubs francophones. " Beaucoup nous considèrent comme le grand méchant loup qui vient piquer leurs meilleurs joueurs alors qu'un système d'échanges et de regroupement entre clubs serait idéal pour faire progresser tout le volley francophone. " Depuis les années 80 et la professionnalisation de la discipline au nord du pays, le volley est devenu une spécialité flamande. Le VBC veut prouver que le talent existe aussi au sud du pays.