Les matches des Diables ont provoqué plusieurs ascenseurs émotionnels. Comment les avez-vous vécus ?
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Les matches des Diables ont provoqué plusieurs ascenseurs émotionnels. Comment les avez-vous vécus ? J'avais la chance d'être derrière un des buts, à une quinzaine de mètres d'un des poteaux. Presque tous les goals des Belges ont été marqués dans ma direction ! J'ai vécu les matches de manière intense avec mon collègue de la VRT. Nous avons plusieurs fois sauté dans les bras l'un de l'autre. Contre le Japon, j'ai dû quitter le terrain à quelques minutes de la fin car j'étais le journaliste chargé par la FIFA des interviews à destination des autres télévisions. Je me suis retrouvé dans le couloir du vestiaire, entouré de collègues japonais, avec un écran. Nous étions tous dans le même état de stress ! Quand les Japonais ont obtenu le dernier coup de coin, je n'ai pas osé regarder les images par peur du scénario catastrophe. J'ai tendu l'oreille pour saisir la clameur du public mais il ne s'est rien passé. De là où j'étais, j'ai alors vu De Bruyne passer à 100 à l'heure et, quand le but est tombé, j'ai hurlé comme je n'avais jamais hurlé de ma vie. Je me suis d'ailleurs excusé auprès de mes collègues japonais. De retour sur le terrain, le moment était aux embrassades et aux félicitations. Puis, il a fallu courir à gauche et droite pour les interviews. Vient ensuite le match contre le Brésil... L'émotion a été tout aussi forte, avec une dose supplémentaire de stress. Je ne devais pas m'occuper des interviews pour la FIFA et j'ai eu plus de libertés. J'ai passé un temps infini à serrer la main des joueurs. J'ai eu droit à quelques moments privilégiés, comme l'enregistrement d'une petite vidéo avec Hazard pour saluer les amis de Braine-le-Comte. Les gens de la FIFA étaient surpris que les joueurs viennent si facilement auprès des journalistes. Ce n'est pas pareil dans toutes les sélections. Nous les suivons depuis plusieurs années et nous avons créé des liens. La France a mis fin au rêve... Je l'ai vécu comme un boxeur qui prend une pêche dans la tronche. Après le but, tu comprends que le scénario du match n'est pas bien écrit. Le coup de sifflet final a été le pire moment de ce Mondial. J'aurais bien donné ma place à quelqu'un d'autre. Le responsable de la FIFA a dû me tirer par la manche pour que j'aille réaliser mon boulot. Martinez était là et on aurait dit qu'il ne savait pas quoi faire. Je l'ai laissé réconforter ses joueurs avant de lui tendre mon micro. Chapeau aux Diables qui, par la suite, se sont pour la plupart arrêtés pour les interviews.