Ton interview la plus nulle ?

Il y a quelques années, je tends mon micro à Tony Rominger au Tour de France. Il était en lutte pour une place d'honneur et il venait de coincer dans le contre-la-montre. Je lui demande ce qu'il va se passer. Il marque un long silence, il me regarde droit dans les yeux puis il lève son regard vers le ciel et me dit avec son accent germano-suisse : " Je regarde madame Soleil, je ne vois rien venir. "
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Il y a quelques années, je tends mon micro à Tony Rominger au Tour de France. Il était en lutte pour une place d'honneur et il venait de coincer dans le contre-la-montre. Je lui demande ce qu'il va se passer. Il marque un long silence, il me regarde droit dans les yeux puis il lève son regard vers le ciel et me dit avec son accent germano-suisse : " Je regarde madame Soleil, je ne vois rien venir. "Quand Tia Hellebaut a été médaillée d'or à Pékin, j'ai " pété " un câble. J'étais debout sur ma chaise pour commenter, dans un état d'exaltation, et j'ai même embrassé Noël Levêque, mon consultant ! Tu as des frissons, la gorge qui se noue, les larmes qui montent... Le jour de l'inauguration d'une partie du Centre Euro 2000 à Tubize, j'essaie d'obtenir une intervention de René Vandereycken pour le journal de 13 h. Le sélectionneur arrive et me dit : " Je n'ai rien à déclarer. On ne m'a pas demandé mon avis sur ce centre et je ne pourrai en parler que quand je serai avec mes joueurs. " J'ai essayé de passer par le président. Ils en ont discuté ensemble mais Vandereycken est resté inflexible. L'attaché de presse est revenu tout penaud en s'excusant... Bruno Taverne (Be TV) a fait le travail préparatoire. Albert est devenu un excellent consultant. Il est calme extérieurement mais il bouillonne à l'intérieur. Ce qu'il dit vient des tripes et du c£ur. J'aurais été plus stressé si on avait choisi un grand nom dénué d'expérience. C'est positif. Je suis à l'écran comme dans la vie. Je ne me vois pas jouer un rôle. Je ne fais pas ce boulot pour voir tout le temps ma tête à l'écran. Je ne suis pas du genre à trouver mes patrons pour me plaindre d'être sous-exposé. Et mon travail est divers : reportages, commentaires, édition de La tribune,... Cheikhou Kouyaté est un vrai gentil. Benjamin Nicaise et Philippe Vande Walle sont de bons clients : avec eux, on a toujours quelque chose de croustillant. En athlétisme, Kim Gevaert avait un charisme naturel et ne fuyait jamais ses responsabilités. Ton interview la plus marquante ? J'ai rencontré Jacques Rogge à Lausanne avant ses premiers JO comme président du CIO. Le but était de passer une journée avec lui. Je m'attendais à quelque chose de très strict mais, une fois à ses côtés, la journée a été géniale. C'est un type qui a un abord assez froid mais qui est chaleureux. Quelques années plus tard, à Pékin, il m'a tout de suite reconnu quand il a salué la presse. De retour d'une compétition de natation, alors qu'il traversait la foule pour rejoindre sa voiture, il a même fait demi-tour pour me serrer la main ! PAR SIMON BARZYCZAK