Léon Semmeling (64 ans, 35 caps et 2 buts chez les Diables entre 1961 et 1973) et Régis Genaux (31 ans, 21 caps entre 1992 et 2000) n'imaginaient pas qu'ils retravailleraient un jour ensemble lorsque leurs chemins s'écartèrent, en 1996. Ils sortaient d'une chouette collaboration au Standard et Genaux mit alors le cap sur le championnat d'Italie. Aujourd'hui, ils se retrouvent à La Louvière. Semmeling est entraîneur des Espoirs et de l'équipe Réserve, Genaux a été nommé responsable des Juniors UEFA (-19 ans). Albert Cartier, qui souhaite impliquer un grand nombre de personnalités du foot dans son travail au Tivoli, considère qu'ils font partie du staff élargi de l'équipe Première. P'tit Léon s'installe même sur le banc lors de chaque match des A : une obligation vu qu'il possède le diplôme requis par l'Union Belge alors que le parchemin du Français n'est pas reconnu chez nous.
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Léon Semmeling (64 ans, 35 caps et 2 buts chez les Diables entre 1961 et 1973) et Régis Genaux (31 ans, 21 caps entre 1992 et 2000) n'imaginaient pas qu'ils retravailleraient un jour ensemble lorsque leurs chemins s'écartèrent, en 1996. Ils sortaient d'une chouette collaboration au Standard et Genaux mit alors le cap sur le championnat d'Italie. Aujourd'hui, ils se retrouvent à La Louvière. Semmeling est entraîneur des Espoirs et de l'équipe Réserve, Genaux a été nommé responsable des Juniors UEFA (-19 ans). Albert Cartier, qui souhaite impliquer un grand nombre de personnalités du foot dans son travail au Tivoli, considère qu'ils font partie du staff élargi de l'équipe Première. P'tit Léon s'installe même sur le banc lors de chaque match des A : une obligation vu qu'il possède le diplôme requis par l'Union Belge alors que le parchemin du Français n'est pas reconnu chez nous. Ils sortent, tous deux, d'une période sans football qu'ils ont assez mal vécue. Le genou en compote après trois opérations des ligaments croisés, Genaux a fait une courte expérience en tant que représentant en électroménager. " Ce n'était pas mon truc et j'ai stoppé ", lance-t-il. " J'avais trop besoin de retrouver les terrains et je me suis remis à chercher du boulot dans le monde du football ". Semmeling, lui, avait quitté le milieu lorsque la direction de Visé limogea le tandem qu'il formait avec Gilbert Bodart à la tête de son équipe de D2. Triste fin pour un homme qui avait bossé au Standard, en tant qu'adjoint, aux côtés de quelques-uns des monstres sacrés de l'histoire de notre foot : Raymond Goethals, Robert Waseige, George Kessler, Arie Haan, René Vandereycken, Michel Pavic. Il fut également entraîneur principal en D1, à La Louvière et Seraing. Lui aussi aspirait à reprendre du service. A La Louvière, on s'est souvenu qu'il avait écrit une des plus belles pages de l'histoire du club. Léon Semmeling : J'ai fait monter le club en D1, en 1977. J'ai été entraîneur principal ici pendant trois ans et je n'en ai gardé que de grands souvenirs. Semmeling : Il est passé du noir au blanc à plusieurs points de vue. Les infrastructures ont fort évolué, l'organisation interne aussi. Mais la mentalité des gens n'a pas du tout changé : j'ai retrouvé des supporters très proches des joueurs de l'équipe Première, par exemple. On a tendance à interdire cette proximité dans les grands clubs professionnels et c'est dommage. Ces contacts font partie du foot. Régis Genaux : Par le plus grand des hasards. Je suis venu pour proposer les services de mon frère, Terrence, qui avait envie de quitter Visé. Albert Cartier le voulait, mais Stéphane Pauwels a directement compris que ce serait difficile car Visé était très gourmand sur la somme de transfert. C'est finalement ce qui a fait capoter les négociations. En parlant avec le manager, il m'a dit qu'il cherchait un responsable pour les Juniors UEFA : je lui ai dit que je pourrais faire l'affaire. Ma première intention était de faire mes armes d'entraîneur au Standard, mais certaines personnes, là-bas, se sont souvenues de ce que j'avais déclaré dans Sport/Foot Magazine à la fin de mon deuxième séjour à Sclessin. Ça m'est retombé dessus. Mais je ne regrette rien parce que je n'avais dit que la vérité quand j'avais affirmé que Michel Preud'homme avait arrêté de m'aligner pour que je n'atteigne pas le quota de matches qui m'aurait donné droit à des primes supplémentaires. Genaux : Nous nous sommes revus à un match de l'équipe nationale et nous nous sommes dit ûBonjour. Laissons pisser le mouton... Genaux : Oui. On m'a alors demandé d'envoyer mon CV. Comme si, là-bas, on ne savait rien sur mon passé ! Je l'ai envoyé, puis on m'a répondu par courrier que ma candidature n'était pas retenue. Soit ils ne veulent pas prendre de risques, soit ils ne veulent absolument plus entendre parler de moi. Mais bon, je ne désespère pas d'y retourner un jour. Semmeling : Moi, j'ai évidemment profité de mon diplôme reconnu par l'Union Belge pour signer un contrat à La Louvière. Il fallait un diplômé aux côtés de Cartier, Pauwels m'a contacté et nous sommes vite tombés d'accord. Semmeling : A mon âge, je ne rêve plus... Je m'estime déjà heureux d'avoir retrouvé de l'embauche dans un club de D1. Genaux : Je n'ai pas le choix. Mon but ultime est d'entraîner un club de D1, mais on m'oblige à passer par des équipes d'âge et j'en ai pour un bout de temps. A cause de l'Union Belge, qui ne m'a pas admis aux cours accélérés d'entraîneur. Il faut 35 sélections chez les Diables pour y avoir accès : j'en ai 27, donc je suis refusé. On m'a dit là-bas que c'était une exigence de la FIFA, que la fédération était impuissante. Je n'en crois rien : si les responsables de l'école des entraîneurs l'avaient vraiment voulu, j'aurais pu m'inscrire. Ça m'énerve vraiment de devoir suivre les mêmes cours que des gens qui n'ont jamais joué au plus haut niveau. Et j'estime que tout le bagage que j'ai emmagasiné lors de mes années en Italie et en équipe nationale vaut largement certains cours inscrits au programme de cette école. Mais le plus fort, c'est que je suis complètement bloqué depuis plus de six mois. Je m'étais inscrit aux cours qui devaient commencer en février de cette année. Au dernier moment, j'ai reçu une gentille lettre dans laquelle on m'expliquait qu'il n'y avait pas assez d'inscrits et que la session était donc annulée. Ce n'était pas assez rentable de commencer une formation pour huit participants. Il en fallait une vingtaine pour que ce soit financièrement intéressant pour la fédération. Pour moi, une chose est claire : l'Union Belge m'empêche de travailler. Aux dernières nouvelles, des cours sont prévus à partir du mois d'octobre prochain, mais j'attends toujours une confirmation officielle. J'ai hâte de faire ces trois années puis de passer la fameuse Licence Pro à 9.000 euros qui donne accès à la D1... Semmeling : Ces histoires de diplômes sont parfois difficiles à suivre. Albert Cartier est super diplômé en France mais ne peut officiellement pas travailler en Belgique. Bonjour la grande Europe ! Genaux : C'est difficile pour moi de juger ce qui se passe actuellement au Standard et comment vit le vestiaire, vu que je n'y mets plus les pieds. Je ne suis pas le seul ancien dans ce cas ! Mais il est clair que la politique de transferts joue un rôle dans les résultats de début de saison. C'est bien de réaliser de bonnes affaires le dernier jour du marché, mais à ce moment-là, on a déjà joué quatre matches. Et en quatre journées, le Standard a déjà pris un beau petit retard sur certaines équipes. La Louvière a formé son noyau dès le mois de juin et on voit ce que cela donne aujourd'hui : les automatismes sont là. Sclessin est une gigantesque gare de transit et ça explique les résultats insuffisants des dix dernières années. Semmeling : On jugera La Louvière après dix matches. Il est beaucoup trop tôt pour tirer les premières conclusions. En tout cas, plus que les premiers résultats, je retiens la manière. Elle est là, la grosse différence par rapport à la saison dernière. Ce club est la bonne surprise du début de championnat, alors que le Standard en est la grosse déception. Comme Régis, je pointe les méthodes de travail de la direction liégeoise. Et je me mets à la place de l'entraîneur : ça doit être particulièrement pénible de devoir attendre la fin du mois d'août pour enfin savoir avec qui on va pouvoir travailler pendant toute l'année. Tous ces mouvements de dernière minute ne peuvent que miner l'ambiance de travail. Sur un plan plus général, j'estime que le fait d'avoir repoussé au 31 août la clôture de la période des transferts est une bonne chose pour des championnats qui reprennent très tard, comme en Espagne ou en Italie, mais une très mauvaise chose pour la compétition belge. Genaux : L'ambiance délicate dans le vestiaire du Standard, ce n'est pas nouveau. Quand j'y suis retourné pour mon deuxième séjour, je n'ai plus du tout reconnu le club de mes débuts professionnels. Tout avait changé : le président, les décideurs, les entraîneurs, même les médecins. Je me retrouvais carrément en territoire inconnu. Les relations entre les joueurs étaient mauvaises, il y avait des clans. Dix minutes après la fin de l'entraînement, tout le monde était sur la route. Alors que, dans les années 90, on tapait la carte, on allait boire un verre ou on partait au resto avec les femmes. Semmeling : Il faudra attendre avant de pouvoir juger l'utilité du retour de Léonard. Comme Régis et comme Goossens, il revient à Liège après avoir connu quelques saisons creuses où il a peu joué. Genaux : On a souvent envie de retourner à ses premières amours. Ne nous voilons pas la face : si nous avions quitté le Standard, c'était uniquement pour gagner énormément d'argent à l'étranger. Puis, il arrive un âge où on éprouve le mal de la Belgique, le mal des amis, le mal... du Standard. Mais on se rend compte que ces retours se passent rarement bien sur le long terme. Ça n'a pas mal marché pour Goossens lors des premiers mois de son retour, puis il a eu des problèmes avec la direction. Moi aussi, j'ai eu des soucis avec les patrons du club. Bisconti, lui, a fait un très beau come-back avec le Standard, puis on n'a rien entrepris pour le conserver, il en a tiré ses conclusions et a signé à Nice. Aujourd'hui, c'est Léonard qui relève le défi : il doit savoir qu'il retrouve un club complètement différent de celui dans lequel il a joué autrefois. Semmeling : Le caractère de Régis est la première chose qui m'a frappé chez lui quand il est arrivé dans le noyau A du Standard. Avoir une forte tête l'a certainement servi durant sa carrière. Il n'a peut-être pas toujours été très bien vu par le public, à cause de cette personnalité fort affirmée, mais quand vous avez un gars pareil dans votre équipe, vous savez que vous pouvez compter sur lui d'un bout à l'autre de la saison. D'ailleurs, la première qualité des grands défenseurs est d'avoir un caractère très fort. Genaux : Je constate que le Standard se portait mieux quand il y avait beaucoup de fortes têtes dans le noyau : Genaux, Goossens, Léonard, Bisconti, mais aussi Guy Hellers, Gilbert Bodart, Marc Wilmots, etc. Que manque-t-il aujourd'hui ? D'abord des vieux renards pareils, des gars capables de se comporter comme des vrais leaders. Dans le groupe d'aujourd'hui, il y en a qui se prennent pour des leaders mais qui n'en sont pas. Genaux : C'est un peu cela, oui. Le but est d'expédier un ou deux jeunes par saison dans le noyau professionnel. Le groupe des Juniors UEFA, c'est un des derniers échelons de la pyramide. Après quelques semaines de travail, je peux déjà tirer les premières conclusions. Je sais déjà que certains de mes joueurs sont insuffisants techniquement, tactiquement ou psychologiquement pour avoir une chance de faire carrière. Il est trop tard pour corriger certaines grosses lacunes. Et mes meilleurs joueurs doivent être conscients que c'est maintenant ou jamais qu'ils doivent donner le coup de rein décisif. Semmeling : On nous a demandé d'entamer un vrai travail de formation, mais cela ne se fait pas en deux ou trois mois. Il y a du pain sur la planche et de gros manques. C'est normal car La Louvière est un club très jeune en D1. Il n'y a pas une véritable stratégie de recrutement, par exemple. Il faut repérer les meilleurs gamins de la région et les amener au Tivoli. Si l'équipe Première pouvait continuer sur sa lancée, ce serait la meilleure publicité pour leur donner envie de venir. Genaux : Nous avons aussi reçu pour mission de renseigner au plus vite nos meilleurs joueurs à la direction. Pour éviter qu'ils partent gratuitement dans un ou deux ans. Pour un club comme La Louvière, c'est capital de pouvoir les retenir au moyen d'un premier contrat. Genaux : Désolé, mais le seul salaire qu'on m'offrait à Charleroi, à 17 ans, c'étaient deux paires de chaussures pour la saison. Au Standard, on me proposait un fixe de 25.000 francs nets, des primes, deux entraînements par jour avec le noyau d'Helmut Graf, un appartement au Sart-Tilman et tout le reste. Quand je suis parti, Jean Pol Spaute m'a dit : -Tu ne joueras jamais en D1. Huit mois plus tard, j'étais dans le noyau pro avec Kessler, et j'ai vite fait mes débuts en première division, puis en équipe nationale. Genaux : Charleroi est, pour moi, l'exemple à suivre en Belgique, en matière de formation. Il suffit de voir le nombre de joueurs de D1 qu'a formés le Sporting. Je suis allé jouer là-bas en tout début de saison avec mon équipe : les installations sont exceptionnelles et il y a déjà un suivi médical très performant. Genaux : Comme le dit Léon, il y a encore énormément de boulot. Quand j'ai repris les Juniors, ils n'avaient pas d'équipements spécifiques, par exemple. Et pas de kiné. Nous devons nous entraîner certains jours sur un demi-terrain, parce qu'il y a une autre équipe dans l'autre camp. J'avais proposé de donner quatre entraînements par semaine, mais c'est impossible, faute de place. C'est révélateur. Pierre Danvoye" JE ME SUIS PROPOSÉ AU STANDARD : on m'a demandé d'envoyer mon CV ! " (Genaux) " ON JUGERA LA LOUVIÈRE après dix matches " (Semmeling)