Le débat continue à faire rage à propos du penalty accordé au Brésil face à l'Egypte, lors de la Coupe des Confédérations, et qui a permis aux Auriverdes de l'emporter 4-3. Rappel des faits : on joue les arrêts de jeu et les Pharaons tiennent un bon match nul 3-3. Un tir brésilien est détourné sur la ligne par un défenseur égyptien, AlMuhamadi. L'arbitre, le Britannique HowardWebb, indique le point de corner. Al Muhamadi, pour détourner les soupçons, se tient la tête. Aurait-il pris le tir en pleine figure ? Se serait-il heurté la tête au poteau de son but ? Tout est allé tellement vite que beaucoup de monde n'y a vu que du feu. 44 secondes -le temps chronométré par les télévisions- s'écoulent lorsque l'arbitre reçoit visiblement un message dans son oreillette. Au lieu de faire botter le corner, il indique le point de penalty et brandit la carte rouge au nez d'Al Muhamadi.
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Le débat continue à faire rage à propos du penalty accordé au Brésil face à l'Egypte, lors de la Coupe des Confédérations, et qui a permis aux Auriverdes de l'emporter 4-3. Rappel des faits : on joue les arrêts de jeu et les Pharaons tiennent un bon match nul 3-3. Un tir brésilien est détourné sur la ligne par un défenseur égyptien, AlMuhamadi. L'arbitre, le Britannique HowardWebb, indique le point de corner. Al Muhamadi, pour détourner les soupçons, se tient la tête. Aurait-il pris le tir en pleine figure ? Se serait-il heurté la tête au poteau de son but ? Tout est allé tellement vite que beaucoup de monde n'y a vu que du feu. 44 secondes -le temps chronométré par les télévisions- s'écoulent lorsque l'arbitre reçoit visiblement un message dans son oreillette. Au lieu de faire botter le corner, il indique le point de penalty et brandit la carte rouge au nez d'Al Muhamadi. " J'espère que ce n'est pas le quatrième arbitre qui, sur base de la petite télévision placée sur sa table, a signalé la faute de main à l'arbitre central ", s'exclame immédiatement le consultant d' EurosportFrance, Jean- LucArribart, qui commente le match en direct. Il semble effectivement que c'était le cas. Or, il n'en avait pas le droit. Même si son éventuelle intervention s'est faite à bon escient. Car la FIFA continue d'interdire le recours à la vidéo. Les Egyptiens déposent plainte. Celle-ci sera rejetée. On ne saura sans doute jamais qui a réellement informé Howard Webb ? L'un de ses assistants, qui eux en avaient le droit, ou le quatrième arbitre, l'Australien MatthewBreeze ? Et dans ce dernier cas, l'a-t-il fait sur base de sa propre vision de la phase ou après l'avoir visionnée sur son petit écran ? Mais l'absurdité est ailleurs. En fait, on reproche à Webb d'avoir corrigé sa première décision, qui était erronée, pour prendre la bonne en accordant le penalty au lieu d'un coup de coin. A l'heure où de nombreuses voix se font entendre pour que l'on " aide " les arbitres, la FIFA reste désespérément conservatrice. Si c'est bien le quatrième arbitre qu'il a entendu dans son oreillette, Webb aurait dû lui répondre : " Désolé, moi je n'ai pas vu la faute de main, alors je maintiens le corner ! Et tant pis si je commets une erreur... " Au XXIe siècle, alors que l'on dépense 96 millions pour acquérir un joueur de football et que des sommes faramineuses se jouent lors de chaque match de Ligue des Champions, on en est toujours là... " Le règlement interdit effectivement le recours à la vidéo ", confirme RobertJeurissen, le président de la CCA (Commission centrale d'arbitrage). " Pourtant, la phase incriminée lors de Brésil-Egypte constitue l'exemple type où elle n'aurait pas été gênante : le ballon était sorti, le jeu était arrêté et l'interruption fut de courte durée. En outre, c'est la bonne décision qui a finalement été prise. C'eut été plus ennuyeux si cela avait été l'inverse. Mais bon : il y a un règlement. " Les directives données par la CCA aux arbitres dans le cadre du championnat de Belgique sont claires. " De plus en plus, on attend des quatre arbitres qu'ils forment une équipe dont les membres sont appelés à s'entraider ", poursuit Jeurissen. " Le quatrième arbitre a aussi un rôle à jouer, mais on lui demande de n'intervenir que pour des questions de discipline sur le terrain. Lorsque des mauvais coups se perdent, par exemple. Mais jamais pour ce que l'on appelle des questions techniques : y avait-il faute ou pas ? Cela, c'est laissé à l'appréciation de l'arbitre principal. Cela dit, qui fera grief au quatrième arbitre s'il amène l'arbitre principal à prendre la bonne décision ?"L'utilisation de la vidéo en football a ses partisans et ses adversaires : " En ce qui me concerne, j'attendrai de voir ce que donnera l'expérience qui sera tentée la saison prochaine en Europa League, avec des arbitres supplémentaires placés derrière la ligne de but. En principe, ils devraient être bien placés pour juger ce genre de phases dans le rectangle. "MarcelJavaux, qui décortique chaque semaine les décisions arbitrales litigieuses du championnat dans Studio 1 La Tribune, confirme le règlement de la FIFA. " Le quatrième arbitre n'a, effectivement, pas le droit d'intervenir sur base de ce qu'il aurait vu sur son écran. Mais il faut savoir qu'au contraire des deux assistants, il n'est pas relié en permanence avec l'oreillette de l'arbitre principal. Pour entrer en contact avec lui, il doit presser un bouton-poussoir disposé à sa ceinture. En principe, pour une épreuve comme la Coupe des Confédérations, la FIFA désigne les meilleurs arbitres de chaque continent. Le quatrième arbitre devait savoir qu'il n'avait pas le droit d'intervenir sur base des images aperçues sur son petit écran, et je doute qu'il ait pris le risque de le faire dans ce cas-là, en sachant que cela pouvait avoir une influence sur ses désignations futures. Les superviseurs de la FIFA, qui prennent place en tribune, ne sont pas reliés du tout avec l'oreillette de l'arbitre principal. Les chances que l'un d'eux soit intervenu sont donc minces. L'hypothèse la plus probable reste donc celle de l'intervention de l'un des deux assistants. Aiguillé ou pas par une personne extérieure ? Lui seul connaît la vérité... " JérômeNzolo, notre Arbitre de l'année, a officié à plusieurs reprises comme quatrième arbitre. " Une chose est sûre : une telle polémique n'aurait jamais eu lieu en Belgique, pour la bonne et simple raison que le quatrième arbitre ne... dispose pas d'une télévision sur sa petite table ! " précise-t-il. " Et lorsque j'ai arbitré mon premier match international officiel le 6 juin en Slovaquie (contre Saint-Marin), il n'y en avait pas non plus. Mais il est clair que le quatrième arbitre doit essayer d'aider l'arbitre principal lorsque c'est possible, et pas seulement se contenter de brandir le panneau indiquant le temps additionnel. Lorsque je suis arbitre principal, j'instruis d'ailleurs mes acolytes en ce sens lors du briefing d'avant-match : - N'hésitezpas àm'avertirlorsquevousconstatezquelquechose ! Mais cela concerne surtout des mauvais gestes qui se passent dans le dos de l'arbitre principal. Autre point important : le quatrième arbitre ne doit intervenir que lorsqu'il est sûr à 100 % de son fait. Il ne doit pas parler à l'arbitre principal pendant 90 minutes, sinon cela devient un capharnaüm et on n'en sort plus. " MarcWilmots, aujourd'hui consultant de la RTBF, est convaincu depuis longtemps qu'il faut aider l'arbitre par tous les moyens possibles et imaginables qu'offre la technique moderne, y compris la vidéo. " Au-delà de la phase incriminée lors de Brésil-Egypte, je me souviens d'une autre faute de main qui avait décidé de l'issue d'un match. Lors de Chelsea-Barcelone en Ligue des Champions, GérardPiqué avait détourné le ballon de la main dans le rectangle. Cela ne m'aurait pas du tout dérangé si le quatrième arbitre était intervenu, quand bien même il aurait revu la phase sur un écran de télévision. Le règlement l'interdit ? C'est que le football n'évolue pas ! J'admets qu'il faut conserver un aspect humain et que l'interprétation d'un arbitre peut être importante, mais sur certaines phases de jeu -vérifier si le ballon a franchi la ligne ou pas, par exemple- le recours aux techniques modernes me semblerait approprié. Il faut vivre avec son temps, que diable ! Il y a 20 ans, le téléphone portable n'existait pas non plus. Est-ce une raison pour ne pas l'utiliser aujourd'hui ?" par daniel devos - photos: reporters/reuters